Autobiographie, p. 80, 187, i
ROBERT OWEN LE BON PATROiN DE NEW-LANARK 13i
duite. Les livres, changés tous les six mois, sont conservés à la fabrique et Owen possède le résumé de la conduite journalière de tous ses ouvriers. Lorsqu'il est à New-Lanark, il passe chaque jour à travers les ateliers ; d'un coup d'œil, en regardant simplement la personne et ensuite seulement la couleur du moniteur, et sans jamais prononcer un mot de blâme, il se rend compte des progrès accomplis par ses ouvriers. C'est le surveillant qui, dans chaque service, est chargé de placer les moniteurs silencieux. Si quelqu'un pense qu'il n'a pas agi avec justice, il a le droit de se plaindre à Owen ou, en son absence, au directeur de la fabrique ; mais cela arrive rarement. Le moniteur silencieux paraît avoir eu d'excellents effets : graduellement, les noirs se changeaient en bleus, les bleus en jaunes et les jaunes en blancs : « Bientôt après l'adoption de ce télégraphe, dit Owen 1 , je pouvais voir immédiatement par l'expression de la physionomie quelle était la couleur du moniteur de chacun : comme il y avait quatre couleurs, il y avait aussi quatre expressions différentes qui me dispensaient presque de regarder aux moniteurs lorsque je passais à travers les ateliers. » Durant ses absences, Owen recevait chaque jour un rapport chiffré sur
i. Autobiographie, p. i38.
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son personnel et consultait « le livre des caractères » à son retour.
Le rapport de la députation de Leeds * nous apprend qu'Owen ne s'intéressait pas seulement au sort de ses propres ouvriers, mais à celui de tous les misérables : « Dans deux occasions M. Owen a tenté de rendre les idiots capables de gagner leur vie et il a réussi les deux fois : Ces malheureux sont maintenant employés à la fabrique... Un magistrat du voisinage a envoyé à l'établissement cinq criminels pour voir s'ils ne pouvaient être ramenés au bien : deux d'entre eux s'enfuirent immédiatement, les trois autres sont maintenant aussi rangés dans leur conduite que n'importe quel autre ouvrier de la fabrique et ont acquis des habitudes de travail régulier. »
Owen comprend que le prolongement excessif de la journée de travail est aussi néfaste pour la santé et la productivité de l'ouvrier que les salaires de famine et les conditions de vie anti-hygiéniques. La journée de travail de ses ouvriers est lie 10 heures 1/2 : ils commencent le matin à 6 heures, ont à 9 heures une heure pour déjeuner et à 2 heures une heure pour dîner ; ils quittent le travail à 6 heures 1 /2 2 . On ne voit plus comme