Rapport cité, p
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duction des heures de travail? — Oui, régulièrement chaque mois depuis le i er janvier dernier.» Voulant l'amener à expliquer par d'autres causes cette productivité accrue, on lui demande à quoi tient la rapidité des machines : <( — La rapidité des machines, répond-il, dépend d'une infinité de circonstances, de la qualité du coton, des machines elles-mêmes, de la rapidité des mains, de la bonne volonté et capacité des ouvriers à remplir leur devoir. — L'accroissement de la quantité produite n'est donc pas attribuable exclusivement à la seule diminution des heures de travail ? — Je pense qu'à l'heure actuelle elle doit être attribuée à la différence des heures de travail, car il n'y a pas eu à ma connaissance le moindre changement dans aucune des autres circonstances : on emploie le même machinisme, la même qualité de matière première. — Mais la qualité du coton américain n'est-elle pas particulièrement bonne cette saison ? — Je ne le pense p^s * . — Comment avez-vous pu déterminer qu'une plus large quantité avait été produite? — Une plus large quantité a été produite, grâce à une plus grande attention, à une plus grande agilité des mains pendant que la machine est en mouvement ; l'ouvrier prévient la rupture du fil et ne
l. Rapport cité, p. 93.
perd pas de temps en se mettant au travail ni à la fin de la journée. Cette productivité accrue s'explique par le grand désir qu'ont les ouvriers de remplir leur devoir avec conscience et de parer à toute perte supposée dont les propriétaires pourraient souffrir par suite des améliorations apportées à la situation de leur personnel : une telle conduite vis-à-vis des ouvriers a pour effet de les rendre plus consciencieux et d'en obtenir plus qu'auparavant. » Cependant on insiste encore pour le mettre en contradiction avec luimême : « Si la rapidité de la machine n'a pas été augmentée, comment pouvez-vous estimer que le produit par broche diffère de la proportion qui devrait résulter de la différence des heures de travail? — J'ai déjà essayé d'en expliquer les raisons. En outre je puis vous donner un état comparatif de la quantité produite et du prix de revient, état que j'ai fait dresser par un commis depuis longtemps accoutumé à ces sortes de calculs. D'après le compte rendu de l'état journalier des quantités produites, il résulte que la moyenne hebdomadaire a toujours été à peu près la même sauf un accroissement graduel depuis le premier jusqu'au dernier 1 . — Vos ouvriers,
i. Rapport cité, p. 94 et g5 : « Vous filez à l'heure actuelle la même quantité de fil qu'auparavant ? — Oui. — Vous voulez dire
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qui travaillent aux pièces, ont subi une diminution de salaire? — Ceux qui travaillent aux pièces supportent une légère diminution, mais inférieure à la diminution du temps de travail ; car leur production actuelle dépasse leur productivité antérieure... Ils sont si satisfaits de la réforme, malgré la diminution de salaire, qu'ils ont adressé à la Chambre des conimunes une pétition demandant que leurs camarades puissent profiter des mêmes avantages. »
Malgré les efforts d'Owen, le bill qui passe en 1 819 est très différent du projet primitif, tleluici interdisait l'emploi des enfants au-dessous de dix ans et assurait le respect de cette prescription en imposant la preuve de l'âge par le registre de baptême ou autrement 1 . L'act de 181 9 fixe simplement la limite d'âge à neuf ans. Entre dix et dix-huit ans, Owen limitait à 10 heures 1/2 par jour la journée de travail maximum tandis que le bill l'élève à 1 2 heures 2 et abaisse à seize ans la limite d'âge. D'après le projet d'Owen des inspecteurs spéciaux devaient être nommés et
que vous avez fabriqué à peu près la même quantité en un nombre d'heures de travail moindre qu'auparavant? — J'ai dit: non que la quantité est égale, mais qu'elle est bien supérieure à celle qui devrait résulter de la différence de temps. »