‹ Individualisme et socialisme: Robert Owen, 1771-1858Chapitre 46 sur 104 · là., ibid · texte numérisé non relu

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3. New-Harmony Gazette, vol. II, p. 46, 8 novembre 1826, et le 29 novembre, p. 70 : « Quelques personnes soupçonnent certains membres de la Communauté de n'être ni aussi soigneux, ni

Au début de 1827, la communauté d'Egalité- Parfaite n'a pas un an d'existence et déjà la plupart des communistes n'aspirent plus qu'au retour à la propriété individuelle : « Les souffrances, résultant des privations et embarras causés par les changements continuels d'organisation et par la limitation des moyens de subsistance, affaiblissaient la sympathie des âmes généreuses. L'argent était plus estimé que dans n'importe quelle autre ville ; il devint presque l'objet d'un culte. Les sexes se battaient comme chiens et chats à propos du mariage individuel ; il n'y avait aucune politesse entre les célibataires des deux sexes, mais des rapports maussades, glacés, soupçonneux, et des allusions constantes, intolérables, à la propriété individuelle comme mesure de la valeur personnelle. Les hommes célibataires étaient obligés de faire eux-mêmes leur lit, de porter leur linge à laver et de tâcher de le reprendre quand ils le pouvaient 1 . » Ainsi la règle du chacun pour

aussi laborieux qu'ils pourraient l'être, et il est probable qu'il y a quelque vérité dans ces soupçons. Rien néanmoins ne saurait foire plus de mal que l'esprit de méfiance. » 1. Brown, op. cit.

soi régnait plus fortement dans la petite colonie communiste que dans aucune société individualiste, et la mise en application du système social n'avait eu pour effet que d'exaspérer le sentiment propriétaire et l'amour de l'argent. Au lieu de crééer un état d'âme communiste, le fonctionnement de la Constitution d'Égalité-Parfaite avait fait sentir davantage le désir d'appropriation individuelle et réveillé les instincts d'un égoïsme sauvage.

Le système social n'inspirait plus à la plupart des habitants de New-Harmony que de la colère ou de l'ironie, et un certain nombre d'entre eux avaient même projeté d'en célébrer les funérailles. Ils s'étaient procuré un cerceuil avec lequel ils comptaient conduire l'enterrement du Nouveau Monde moral; leur projet fut déjoué, mais, bien qu'on n'en eût pas célébré les funérailles, le système social n'en était pas moins mort. On avait été obligé d'interrompre les réunions, faute de moyens de chauffer le hall 1 ; le grenier, le réfectoire public, la salle des réunions, les salons sont abandonnés. Des enseignes paraissent aux maisons, etle village de New-Harmony perd chaquejour plus complètement l'aspect d'une cité communiste. Un spectacle de marionnettes et de figures de cire est

i. New-Harmony Gazette, 3i janvier 1827, p. i4a.

installé aune extrémité de la maison d'éducation. Un aventurier, William Taylor, qui, par ses protestations socialistes, avait capté la confiance d'Owen, se fait céder i 5oo acres de terre : contrairement aux volontés du réformateur qui avait tout fait pour combattre l'alcoolisme, il établit une distillerie sur ce domaine usurpé, primitivement destiné à des fins altruistes.

Deux nouvelle^ communautés se forment et, le 21 mars 1827, quatre-vingts personnes quittent New-Harmony. Le 28, la Gazette publie un article des deux fils d'Owen, qui avouent la faillite de l'entreprise i : « C'était, disent-ils, un essai hardi, mais prématuré », et ils se demandent si le caractère d'un individu élevé au milieu de tout l'appareil du Monde Ancien peut être radicalement transformé. Ce n'est pas seulement au point de vue moral, mais aussi au point de vue matériel que l'entreprise a fait faillite. L'expérience a montré que le système social était aussi impuissant à métamorphoser les caractères qu'à assurer par le travail la satisfaction des besoins. La production de la petite colonie est largement en déficit ; la Gazette constate le fait et cherche à en expliquer les causes : « 11 est certain que l'établissement ne paie pas ses dépenses ; l'insuffi-

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