‹ Inductions morales et physiologiquesChapitre 15 sur 79 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Ce que l'on peut entendre par ce mot.

Il y a peut-être plus que de la hardiesse à écrire sur le néant. Ici le titre et le chapitre devroient se confondre , ou plutôt il semble que le premier devroit être le chapitre lui-même.

Nous allons pourtant nous enfoncer clans ces routes ténébreuses où les traces sont nulles, mais avec l'espoir d'y faire pénétrer quelques lueurs.

Ce n'est pas sans motifs que notre esprit s'est arrogé le droit de confondre le néant et le vide , et emploie indistinctement, et dans le même sens , ces deux expressions. La première s'applique plus particulièrement aux êtres intellectuels, la seconde aux objets qui tiennent d'une nature physique. Ainsi on dit, seulement par métaphore , le vide d'un cœur que Fégoîsme a ravagé, sans y laisser un seul souvenir consolant ou amical , et on parle du néant auquel le matérialiste condamne sans pitié l'intelligence humaine. Ces définitions basées sur un sentiment intime qui accorde quelque chose de terrestre à nos affections , et d'immatériel à notre âme, sont jusqu'à un certain point indicatives d'une double nature. Le contesteroit-on : il est toujours

3a INDUCTIONS

vrai qu'il existe une analogie frappante entre ees deux mots, qu'ils présentent les mêmes idées, et que le néant suppose le vide , Loin de 1 exclure.

Or le vulc n'est- il pas lui-même 1 espace . Assurément, l'un ne sauroit exister sans l'autre surtout si nous appliquons l'idée de 1 espace a celle

de la matière. •

Maintenant voyons ce que c est que la matière elle-même, considérée par rapport a 1 inimité de

l'espace.

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