‹ Inductions morales et physiologiquesChapitre 24 sur 79 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Impossibilité d'une apparition d'ÉïKES nouveaux dans le

système organique.

U n E belle conséquence sort du précédent chapitre : La matière en circulation est saisie et ressaisie , par les germes qui tendent au développement de leurs parties organiques, et qui ont besoin de s'assimiler les sels , les arums , les huiles et les sucs appropriés à leur nature. Ainsi développés , les germes ont l'étonnante faculté d'en produire de semblables, auxquels ils cèdent la place. Ceux-ci croissent aux mêmes conditions , car l'organisation n'est qu'un prêt à terme pi us ou moins rapproché. De îàil résulte que, dans les deux principaux règnes, les formes restent constamment les mêmes.

Que la terre ait cessé de nourrir certaines espèces animées qui , dans les grandes révolutions dont on ne sauroit méconnoître la trace, auroient péri avec les végétaux destinés à leur servir de pâture, nous le croyons possible ; mais nous ne verrons jamais de nouvelles espèces végétales ou animales , germer ou éclore , tapisser les collines ou s'élancer dans les airs , et nous étonner de leur naissance fortuite.

Dans le règne minéral , tout en obéissant à certaines lois , la nature produira mille accidens variés , inouis , inattendus. Les combinaisons peuvent s'y diversifier à l'infini. \ ous verrez s'unir sur la même pierre, la topaze et l'améthyste, le diamant et l'émeraude. Les cristaux affecteront des formes insolites. Le hasard semblera présider au mélange des gaz , des sels , des soufres et des bitumes : mais

le mouvement imprimé aux deux autres règnes, est à jamais exempt de ces écarts ; il n'a que des cadres à remplir. Sa seule mission est de favoriser des développemens et de rajeunir les modes d'existence, en les faisant passer dans des formes similaires , au trait desquelles il ne lui est pas même permis de toucher.

L'existence des germes primitifs pose , entre les règnes , une barrière insurmontable que , dans toute son énergie élémentaire, ne franchira jamais la nature.

Les générations fortuites ou spontanées des animaux vermiculaires ou des infusoires , laisseront donc l'observateur philosophe , au moins dans un état de doute , si ce n'est dans une disposition d'esprit négative.

Les moyens de reproduction appartiennent aux espèces : la nature n'a été chargée à leur égard que d'il n emploi de conservateur , et encore faut-il qu'en cette dernière qualité , elle obéisse au principe de mouvement qui soutient ['être contre la tendance des mixtes à leur propre destruction.

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