‹ Inductions morales et physiologiquesChapitre 36 sur 79 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L'Etre spirituel sora-t-il un effet?

i\ ous avons déjà répondu à cetle question dans le premier chapitre du présent livre.

Nous répelons ici avec toute la bonne foi qui doit accompagner une étude importante au bonheur des hommes , que , dans le mécanisme de l'être le mieux traité de la nature , non-seulement nous ne pouvons admettre aucun résultat direct qui tienne du sentiment moral , mêlé à nos actions , mais même que nous n'y découvrons absolument rien dont puisse résulter le plus foible sentiment d'existence personnelle. Notre franchise est ici toutà-fait désintéressée; car l'organisation qui, par le jeu de ses ressorts, parviendront à constituer en nous une moralité , à notre avis , ne metlroit nullement en péril les opinions religieuses. Celles-ci sont inébranlables comme leur base. Elles se rattachent à l'existence du Créateur , et s'il avoit plu à cet arbitre suprême de réaliser la supposition deEocke, naguère combattue par nous, il lui seroit toujours reste des moyens puissans de régler des comptes avec ses créatures.

C'est ce que nous avons établi dans le traité de XExistence de Dieu et de V immortalité de Vâme. Nous aurons occasion de remanier ce sujet, lorsque l'ordre de nos idées nous conduira vers la seconde vie dont nous portons en nous le principe.

3\ous le déclarons à la face du ciel : non , ces élans d'un cœur auquel le riche spectacle de la nature révèle une bonté souveraine, cetle haine qui

poursuit en nous l'oppresseur dont nous n'avons rien à craindre , cet amour qui s'attache au bienfaiteur d'un siècle et d'une contrée où nous n'avons pas vécu , ces larmes données , avec ou sans, autre secours, à l'infortune, cette force irrésistible qui nous fait épouser les intérêts de l'innocence , et cette douceur de commerce qui unit les amis , les époux et les familles , ne seront jamais les simples résultats de lapins savante des combinaisons matérielles. A travers les passions et les crimes même nous voyons briller une étincelle de feu céleste.

Le bœuf qui se promène pesamment dans la prairie n'en est pasabsolumentdépourvu. Descartes , en fondant la doctrine du matérialisme animal , sans y songer, a beaucoup affoibli celle du spiritualisme humain. Une similitude évidente se faisant remarquer dans plusieurs parties de ces deux organisations et dans les actes qu'elles exécutent , la question tranchée à l'égard des animaux , dans certains esprits , a eu naturellement son application à l'égard de l'homme.

Il lalloit au moins trouver un principe commun d'action pour ce que les deux existences ont de commun. Cette marche plus philosophique et indiquée par la nature elle-même , eût mieux servi la cause de notre avenir.

L'être spirituel, dans les substances animées, ne sera donc point un simple effet du mouvement dans les corps organiques.

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