‹ Inductions morales et physiologiquesChapitre 40 sur 79 · JO · texte numérisé non relu

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Les affections tiennent pins encore au sentiment intérieur que les pensées. Ces dernières en formant [l'intelligence de l'homme , lui servent bien à régulariser sa vie morale ; mais elles n'en conslituent ni le fonds , ni l'étoffe. C'est du cœur que part le tissu. En général les pensées ne deviennent une véritable partie de notre être, que lorsque , quant à nous, nous les avons transformées en sentimens.

De toutes les observations précédentes , il résulte que , quand les opérations mentales sont troublées, le sentiment intérieur s'égare, ainsi qu'il arrive dans les démences ; et que, lorsqu'il est totalement suspendu , comme clans les asphyxies , faute de spectateur , il n'y a plus d'images ; ou du moins , si le jeu de la scène continue (ce qui est très-douteux) , personne n'est là pour en recevoir l'impression.

Il nous semble donc qu'il est temps enfin de discerner l'âme de l'intelligence. La dernière appartient à une nature mixte dont les fibres médullaires sont les grands leviers ; la première n'est autre chose que le sentiment intérieur , gage de notre propre existence et asile impénétrable de notre personnalité. C'est là que Yhomme réside dans toute l'énergie de l'expression , et comme , entre toutes les créatures qui foulent cetle terre d'attente , il est peut-être le seul à posséder un véritable sentiment intérieur , ou une conscience de sa vie morale et intellectuelle , il est permis , dans ce sens unique, de dire que seul il possède une âme.

Nous persisterons donc à nommer l'intelligence une simple faculté , et nous présumons que les écrivains qui ont été le plus blessés de cette expression, lorsque nous publiâmes nos inductions morales et

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physiologiques , après avoir reconnu sa convenance , finiront par l'adopter franchement avec

nous. (l).

Quelques lecteurs se plaindront peut-être- de co que nous ne leur apprenons rien davantage sur la nature de cette faculté : nous confessons à cet égard notre impuissance. Toujours est-il constant que nous nous sommes efforcés d'indiquer son mode d'action le moins compliqué , le plus susceptible d'une application générale , et celui qui se prête le mieux à l'examen de ses divers phénomènes. Newton , en indiquant la gravitation pour cause du mouvement des corps , a-t-il dit ce qu'étoit la gravitation, ce qu'étoit l'attraction? non. Mais depuis sa découverte , la marche de la nature est mieux suivie dans ses grands effets ; un échelon a été franchi, et l'esprit humain se trouve d'autant rapproché de la vérité. Qui sait maintenant si un pas de plus ne seroit point suivi d'un coup de lumière? Que l'on apprenne , ou non , en quoi consiste la gravité , ce sera toujours beaucoup que d'avoir régularisé le mouvement.

(i) Nous ne laisserons pas échapper celte occasion de .témoigner notre reconnoissance à M. Aubert de Yilry , auteur des articles insérés dans le Moniteur, et dont la cntupie raisonnée uiériloit une réponse. Nous souhaitons que son excellent jugement s'accommode de celle-ci.

,5a INDUCTIONS

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