CHAPITRE IV
De ce que nous croyons présuniable dans l'acte Je la
fécond a lion.
Il nous semble que la reproduction ne procède d'une préformation positive dans aucun des deux sujets qui y "concourent. Nous avons vu que remboîteraient indéfini des germes n'est point admissible : les ovaires reconnus chez les femelles de divers animaux contiendroient-ils des principes organiques sans succession ? ou ne seroient-ils que des vésicules et des glandes dont l'écoulement viendroit concourir à l'acte reproductif? C'est ce que nous allons examiner.
Nous croyons devoir rejeter la dernière opinion que de nombreuses expériences ont démentie. Les femmes ( car ici l'espèce à laquelle nous appartenons sera le principal 'objet de nos recherches ) , ne répandent aucune liqueur séminale à moins que l'on ne considère comme telle cette lymphe sans qualité et sans consistance, dont l'unique emploi paroît cire de lubrénèr le canal par lequel s'effectue la copulation des sexes. En admettant que les vésicules connues sous le nom d'ovaires , possédassent une liqueur active , l'épanchement ne pourroit s'en faire dans la matrice que par l'intermédiaire des trompes de fallope , dont la frange embrasse ces grappes globuleuses ;' mais les grains de ces dernières sont d'un si petit volume, que le fluide qui proviendroit de chacun seroit absorbé avant d'être parvenu à sa destination. Un sentiment plus vif appreridroit au moins à la femme l'instant de
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cette résolution qui coïocideroit avec ccllede l'homme , et il n'en esl rien. On sait au contraire- que les
unions les pins fécondes ne sont point caractérisées , clans le sexe , par ces spasmes qui ébranlent la machine humaine, et dont la nature impatiente semble précipiter la fin. On n'ignore même pas que l'être destine à devenir mère possède une autre source de sensibilité qui le dédommage de son rôle presque passif dans les mystères les plus secrets de Ja reproduction. Cet;e sensibilité a été placée dans les organes extérieurs.
Cependant ces vésicules , qu'on s'accorde à nommer des ovaires , sont des parties si essentielles à la génération , que toute femme qui en seroit privée , ou chez laquelle elles seroient endommagées , n'aura jamais la douceur de se voir revivre dans des êtres sortis de son sein. C'est la cause la plus commune de stérilité. La nature a donc destiué les ovaires à un emploi de la plus haute importance.
Dès que nous avons été forcés de convenir que la suïîe des générations ne provient pas d'un développement graduel des premiers germes dépositaires des subséquens, les ovaires ne pourroient renfermer un principe organique , que parce que , chez chaque femme , cette organisation se seroit dessinée depuis sa naissance jusqu'au moment de son union avec un être de son espèce. Mais la texture de ces grains est si délicate , les liens qui les retiennent sont si subtils, que, si le mécanisme humain n'y demandoit , comme on Fa prétendu , pour être mis en action , que le mouvement analogue à celui d'un pendule , il seroit surprenant que le phénomène des générations équivoques ne se présentât pas quelquefois. Nous voulons dire que certaines femmes , auxquelles la nature auroit lait
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le funeste présent d'une imagination très-vive et d'un tempérament sulfureux , pourroient provoquer la chute d'un de ces grains dans le corps frangé, d'où il giisseroit dans l'utérus, en- vertu d'un mouvement péristaltique. L'emploi du mâle, dans la fécondation humaine , selon le système de l'emboîtement, ou même selon celui d'une simple préorganisalion , seroit si peu important, que certaines émotions vives devroienl suppléer à sa présence. Ft pour produire cet effet , il ne faudroit pas même avoir recours aux goûts dépravés dont la poésie ancienne a fait planer le soupçon sur les filles de Lesbos. C'est ainsi qu'en cessant d'être chaste , sans cesser d'être vierge , une fille pourrcit arriver à la maternité.
]\on , la nature n'a pas réservé l'homme à si peu de eho'-e dans l'acte le plus important de son existence. Ces! par Ses mâles que se maintiennent les caractères distinctifs des espèces, et que se perpétuent vraiment les races ; c'est par eux que la même maison romaine conserva long-temps des sexdigitaires. Henri 1Y a donné aux Bourbons un tvpe que , malgré le changement de climat , n'a pas encore perdu la branche espagnole. JNousconnoissons une famille du Finistère dans laquelle une surdité très-précoce est héréditaire de mâle en mâle. Ce principe de transmission , confirmé par l'expérience, préside à la formation des haras , où l'on veille avec, soin au seul choix des étalons , et où l'on ne demande qu'un coffre dans les jumens destinées à la monte.
Donnons un coup d'œil aux moyens avec lesquels le sexe fort se présente aux fonctions génitales , moyens qui lui assurent dès ici-bas une sorte d'immortalité , puisqu'à beaucoup d'égards le père revit dans ses enians.
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Ces organes très-compliqués qui , clans leurs vaisseatrx nombreux, tiennent à la l'ois aux reins , à la moelle épinière et au système artériel , filtrent une liqueur dont le défaut ( comme clans la castration ) , Lisse l'individu privé, non-seulement de ses qualités viriles, mais même de celles qui constituent un êlre moral de la première classe. L'appauvrissement de cetU: liqueur le jette clans un élat de marasme, tandis que sa surabondance porte le désordre dans ses fonctions intellectuelles et animales. Versée sans cesse dans des glandes assez volumineuses, elle s'y élabore, s'y spiritualise , pour ainsi dire, et en est sans cesse repompée pour rentrer dans le système circulatoire dont elle est Pâme. Si la nature permettoit de la dérober à un enfant , comme il s'en présente quelques tristes exemples, la vie periroit chez lui dans son germe. Certes, la poussière des étamines ne sauroitlui être assimilée. Celle ci, simple développement d'un principe qui ne résulte pas d'une sécrétion et d'une résorption continuelle de la plante, descend jusqu'au réceptacle avec lequel elle est tellement homogène , surtout dans les sujets hermaphrodites , que , s'il falloit admettre les expériences de l'abbé Spallanzâni sur les générations équivoques des végétaux, l'on pourroit, sans trop d'effort de raison , ne pas regarder la présence de cette poussière comme généralement indispensable (1).
(i) Dans plusieurs lettres à M. Bonnet, l'abbé Spallanzâni affirme , qu'après avoir pris les précautions convenables pour isoler des plantes femelles , il n'en a pas moins obtenu des graines fécondes. Sans la confia née que l'on doit accorder a rct habile observateur , nous serions tentés de douter de ia validité de ses expériences, qui furent' d'autant mieux accueillies du célèbre Bonnet , qu'elles favovi&oK-nt le Système di l'emboîtement.
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Chez les animaux , où le système sexuel est en rapport avec celui de l'homme , la liqueur sperraatique est d'une toute autre importance. Là , nul vestige de génération équivoque; là, les moyens de reproduction sont invariables , et rien ne s'offrira de pareil à cette renaissance extraordinaire que nous avons remarquée dans le Solarium tuberosum. Le fluide séminal , précédé et accompagné de l'humeur des prostates , au milieu de laquelle il reste distinct , à l'instar de ce léger nuage aperçu dans l'œuf avant l'incubation, est l'extrait le plus pur de l'être animé. Il ne tourne au profit de l'espèce que quand il y a excédant chez l'individu qui, même dans ce cas, n'en souffre jamais la perte sans un sentiment de foiblesse momentanée. Il pourroit dire , comme dans l'Evangile : « Je connois qu'une « vertu est sortie de moi » , ou plutôt qu'il s'est opéré une réduction dans sa force vitale. Devancé en cela par le patriarche de la médecine , le célèbre Bordeu appeloit le sang tantôt une chair coulante, tantôt un liquide organisé : quel nom donnerons - nous au fluide qui en est la quintessence , et dont l'altération , toujours douloureuse , est souvent mortelle? N'aurons -nous pas le droit , puisqu'il renferme un principe constituant de l'existence, de le nommer la vie même