CHAPITRE VI
De l'irritabilité.
JLa composition de la fibre musculaire et sa vertu réactive sont des mystères sur lesquels les plus célèbres naturalistes ont arrêté leurs regards.
Il est remarquable qu'un froid vif, qu'une chaleur âpre , et un instrument tranchant , l'affectent de la même manière. Il y auroit donc une certaine simplicité dans ses modifications , que les sens ne sauroient apprécier sans le secours de l'intelligence. Un corps extrêmement chaud , froid , ou aigu , placé sous les pieds d'un voyageur qui ne s'en doute pas , le laissera indécis sur la nature de la sensation dont le membre offensé lui transmettra l'impression. Si le voyageur marche dans une nuit d'hiver , il la rapportera au froid; si c'est sur l'emplacement d'un incendie , au feu ; en pleine campagne, sous un ciel tempéré , il croira être atteint par un ferrement aigu , et dans les trois cas il est possible qu'il se trompe. Le mercure, condensé par un froid factice de trente-deux degrés , produit sur la main qui le paipe l'effet d'un charbon enflammé ou d'un coup de rasoir.
Dans ces affections on dira , non sans motifs , que les nerfs jouent un rôle. Il est certain que l'irritabilité est mélangée d'une grande sensibilité. L'examen anatomique du cœur démontre que celui-ci , qui est peut-être le premier mobile de la vie , et qui en est au moins le régulateur, est traversé par une multitude de nerfs. L'apparition simultanée de cet organe et de la pulpe cérébrale dans le fœtus ,
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prouve Lien leur intime correspondance. Comment les aulnes muscles se prèleroient-iis , comme ils Je font , à l'exécution rapide de la volonté émanée; du sensorium , si on ne supposait une communication tle ce dernier avec les fibres les plus déliées dont ils se composent ? Les actes <hi mou\ement libre , qu'effectue à chaque instant la machine humaine , nécessitent une ramification prodigieusement étendue du système nerveux dans le système musculaire.
Les parties fibreuses et tendineuses exposées à une vive chaleur , quoique détachées de l'animal auquel elles ont appartenu , présentent une image des tourmens auxquels la fibre violentée livre un être animé. Son extrême contraction et son extension trop soutenues sont également douloureuses. Ces effets indiquent qu'il y a dans la matière animalisée une cause d'action que la présence des nerfs manifeste à l'âme. Comme chaque rameau dans l'arbre, chaque fibre dans le muscle a sa vie propre. La force de vitalité qui y est entretenue par la circulation du sang est telle , qu'une partie musculeuse quelconque supporteroit , sans douleur notable, l'action du feu, pendant le temps nécessaire à la coction de cette même partie , si on retranchoit celle-ci du corps auquel elle appartient. C'est ce qui explique le danger d'exposer à une chaleur trop subite des membres frappés de froidure. La circulation du sang n'y étant pas encore rétablie, le feu crispe les fibres avec les nerfs qui entrent dans leur tissu , avant que l'énergie vitale ait eu le temps de briser les traits de son âprelé. Les canaux rétrécis n'admettent plus les fluides . et la cessation du mouvement amène la mort partielle ordinaire dans ces sortes de cas.
Voilà aussi comment l'épreuve du feu a pu autre-
fois être soutenue avec avantage par des sujets dans lesquels la force de vitalité étoit très-prononcée. Il est vrai que le genre nerveux n'a pas dû jouir chez eux d'une grande délicatesse.
Les expériences galvaniques auxquelles ont été soumis diiïerens corps , prouvent que l'irritabilité se conserve dans ceux-ci , en raison inverse du temps qui s'est écoulé depuis le trépas, et du refroidissement qui en est la suite; de sorte qu'au bout de vingt-quatre heures elle ne donne plus de signes d'existence. Un examen attentif a même appris que les cadavres des sujets qui succombent après une maladie de langueur, répondentsensiblementmoins à l'action circulaire des métaux ou de la pile de volta , que ceux qui dans la force de la santé ont été frappés par un accident prompt et funeste. La même différence a été observée entre les personnes parvenues à la caducité , et celles enlevées dans la vigueur de la jeunesse. Que conclure de ces remarques? Que le principe de l'irritabilité est une des parties constituantes de la vie; qu'il se dissipe avec la chaleur animale , et que par son action permanente il la soutient. Son centre a été placé au cœur d'où il met en mouvement les liquides nutritifs , parmi lesquels le sang occupe la première place. Le système vasculaire lui doit toute son harmonie. Il est aux corps animés , mais dans un degré bien supérieur , ce qu'est aux végétaux la force inconnue qui fait monter la sève par leurs fibres ligneuses, et qui la fait redescendre élaborée par leurs libres corticales.
Bien examinée au moins dans ses effets , si ce n'est dans sa nature, l'irritabilité semble procéder d'une disposition sympathique propre à soumettre puissamment la fibre musculaire à l'action instantanée du fluide nerveux. C'est ainsi que ce dernier ,
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sans autres moyens peut-être qu'une vapeur péné'tranle, obtient des résultais qui , au premier aspect, ne dévoient être accordés qu'à une dépense supérieure de forces, eu égard aux lois du mouvement communiqué. Pendant des heures , pendant des journées entières , le fantassin exerce ses jambes , qu'il transforme en coursiers infatigables ; le manœuvre agite ses bras , pareils à des leviers avec lesquels , en dépit de la position ingrate des cordes motrices , il surmonte les résistances les plus opiniâtres; et, pour opérer ces miracles de dynamique, il ne faut qu'une légère émanation cérébrale sollicitée par le sentiment intérieur. Certes , un excitant , d'une telle ténuité, qu'échappant à l'œil il. va se perdre dans la classe des êtres qui n'ont pas encore de nom, laisseroit la machine humaine dans une inertie complète, malgré les besoins multipliés de celle-ci, s'il ne frappoit sur un sujet que le plus foible stimulus pût mettre en exercice. Obtenir de grands effets avec des moyens bornés étoit un des plus beaux problèmes que la nature put se proposer dans le mécanisme anima! ; et elle en a trouvé la solution à l'aide de l'irritabilité, c'est-à-dire delà disposition de la fibre musculaire. Ainsi un simple coup d'éperon, que dis-je, une simple articulation de la voix donne la rapidité de la foudre au coursier plein d'une ardeur noble et belliqueuse.
Cette qualité explique seule , d'une manière saîisfaisante, les principaux actes de la vie de relations dans laquelle le mouvement se manifeste avec quelque énergie; vrai moyen approprié de communication entre le fluide nerveux et la solidité fibreuse, comme le fluide nerveux lui-même semble l'être entre la matière irritable et le sentiment qui le fait mouvoir , elle prouve que , dans le grand système des êtres , les intermèdes s'exaltent et se volati-
lisent avant de se mettre en rapport avec la faculté intelligente ou sensible ; par la même raison , ils se dégradent et se matérialisent en s'abaissant vers les formes corporelles. L'échelle ascendante a pour terme l'esprit incréé ; celle de déclinaison pose sur la matière brute; un souffle pur et subtil semble voler d'une extrémité à l'autre pour animer l'universalité des êtres. Il est en effet remarquable que Dieu opère principalement par des vapeurs et des fluides. C'est avec des vapeurs qu'il soulève les montagnes, et qu'il féconde les trois règnes de la nature ; c'est avec des fluides qu'il nous conduit à penser, qu'il nous dispose au mouvement, que son esprit plane sur l'espace, et qu'il régit les sphères; partout les masses obéissent à la moindre action apparente ; partout est proclamé l'empire de l'esprit sur la matière. De cause en cause il faut finir par remonter à un moteur plus délié que le précédent et qui par cela même nous échappe.
Soit que l'irritabilité résulte de l'élasticité et du mécanisme de la fibre , soit qu'elle doive son origine , comme quelques-uns l'ont prétendu , à la substance particulière (1) dont celle-ci est saturée, il nous semble que, dans certains cas au moins , elle est apte à produire la vie pure et simple , telle que cette dernière se présente dans les fœtus acéphales ; mais l'existence animée a d'autres caractères. Elle est toujours liée à un système nerveux , au centre duquel on ne peut se dispenser de supposer un être simple, qui s'y rattache par des nœuds invisibles.
(1) Nous ne la nommons pas ; car ce que l'on appelle^^/v/ze , n'étant encore qu'une décomposition ( et une décomposition chimique ) , ne nous présentera jamais les loi-ces vives de la nature.
L'irritabilité n'accompagne la fibre musculaire ou'avec certaines conditions; ainsi l'âme n'est présente à l'organe cérébral qu'avec certaines conditions qui sont l'ordre et le libre mouvement de cet organe. S'il n'étoit évident que l'on passe ici d'un monde dans un autre , on pourroit dire que l'irritabilité étant une suite de l'arrangement fibreux, la faculté i/itelligente seroit un effet de la disposition médullaire. Mais où il n'y a point de parité entre les objets comparés , on ne sauroit admettre une application de conséquences. L'irritabilité y dont la source est encore un mystère , en agissant sur la fibre lui demande une contraction : si l'irritabilité est matérielle , la contraction l'est également. Ici la nature ne sort pas de son domaine. Il en est autrement des impressions nerveuses connues sous le nom de sensations : elles ne se bornent pas à un simple mouvement cérébral ; sorties de la matière , elles en franchissent les limites -, et arrivent subitement en qualité d'idées dans l'empire intellectuel. Des degrés immenses ont été déjà parcourus , avant que le sentiment intérieur se les soit appropriées ; peut-être ce dernier moment est-il celui de leur véritable transformation. Certes , si la cause est matérielle , l'effet qui en provient , dans la rapide action qui le fait naître , se sublime et change de nature.
En 1785, MM. Le Marchand et Germé, professeurs de philosophie et de rhétorique au collège de Rennes , donnèrent des soins dictés par l'humanité , et dirigés par de vraies lumières , à une femme submergée depuis deux heures. Elle n'offroit aucun signe d'existence. Ni le cœur, ni le pouls ne battaient; le corps étoit froid, la face livide et violette; dans unsens que nous expliquerons tout à l'heure , cette femme étoit morte. Un trai-
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tement de près de trois heures parut sans résultat. Le zèle des Esculapes philantropes n'en fut point ralenti, et ils en recurent une bien douce- réeompense, quand ils virent une écume visqueuse se présenter à la bouche du sujet. C'étoit l'annonce du prochain dégagement de l'orgagne pulmonaire , dont les fonctions commencèrent, en effet, à se rétablir. La main sentit enfin le mouvement du cœur qui avoit surmonté, non sans peine, la résistance du sang noir amassé dans l'oreillette droite. Il est présumable que les carotides et les veines cérébrales contenoienl de ce dernier en petite quantité , car la malade ne tarda pas à donner des signes non équivoques de connoissance.
Nul doute qu'au moment où elle fut extraite de l'eau , si aucuns soins ne lui avoient été administrés , son triste état l'eût conduite au cercueil. La cessation du jeu de l'organe pulmonaire avoit arrêté le mouvement du cœur , et l'asphyxie du cerveau précéda sans doute la nullité d'action de tous les deux. Toutes les étincelles d'existence animée avoient disparu dans le sujet ; on seroit tenté de croire qu'il n'y étoit resté que la quantité d'irritabilité nécessaire pour les faire revivre et vaincre les obstacles opposés à l'efficacité de la contraction musculaire.
Dans le cas où Fon s'enquerroit de l'état de l'âme de cette femme (1) au sein de la mort apparente , et à quelques égards très-réelle, dont, pendant
(1) Nous pourions rejeter clans des notes ce passage et quelques autres de ce genre ; mais comme ils entrent clans nos vues , nous les avons jugés assez imporlans pour être mis immédiatement sous les yeux du lecteur. Le soin que nous avons pris de donner à nos idées un enchaînement réel , nous l'ait espérer , que l'on n'aura pas de peine à en ressaisir le fil.
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cinq heures elle fut la proie, il seroit raisonnable de répondre, que la sagesse divine prévoyant qu'ici le flambeau de la vie se rallumeroit exactement une seconde fois , la translation de l'être moral avoit été difFérée. Les secrets de la seconde existence ne peuvent être connus, comme nous nous proposons de l'établir , que des seuls êtres qui y ont été irrévocablement appelés. Destinée à fouler encore cette terre de pèlerinage , la femme conservée à sa famille par MM. Germé et Le Marchand, ne dut pas acquérir des connoissances supérieures à celles de ses compagnons de route. Nos organes terrestres ne sauroient que nous révéler les choses de la terre , et encore faut-il qu'ils soient dirigés par un esprit droit, et interrogés par une saine logique.
Mais rentrons dans notre sujet. Nous espérons que le lecteur ne se méprendra pas sur nos intentions , en donnant trop d'étendue au pouvoir de l'irritabilité. Celle-ci peut bien jouer un grand rôle , le premier rôle même dans les espèces inférieures, sans constituer la vie dans les espèces éminemment nerveuses. Ici le système se complique, ou plutôt la vie n'est plus que l'application d'un principe moteur à un ordre de choses sensitif et intellectuel. La conservation de l'individu exige de l'accord entre ces deux parties importantes. L'organe cérébral ciui est l'arbre des sensations, la moelle épinière qui est la tige de l'existence locomotrice, sontquelauefois tellement frappés , bouleversés, ou entravés dans leurs opérations , que l'irritabilité la plus énergique (fut-elle persistante après ces accidens) , ne pourroit rendre le corps aux fonctions d'un être
animé.
Souvent le trépas a lieu sans lésion d aucun oroane essentiel. Quand la chaleur survit dans les
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membres, quand les poumons ont conservé leur élasticité , et que le cœur ne demande qu'un peu de sang- artériel pour se livrer à toute son irritabilité , pourquoi l'air oxigéné qui , par son absence dans un instant de suffocation , a fait cesser la vie, ne la rendroit-il pas, si on l'introduisoit dans le canal de la respiration avec les soins convenables? Quoi, la pile de vol ta fait tressaillir des muscles même séparés du sujet auquel ils ont appartenu ! L'électricité donne des commotions fortes à tout un cadavre ! et cette étincelle céleste, dont le retour Farracheroit au trépas, (\es qu'elle est une fois éteinte, ne pourra donc jamais renaître? L'expérience ne prouve que trop cette triste vérité. Un pépin arrêté dans la glotte fera périr, en un clin d'ceil, la compagne de vos jours, sans que tous les soins de l'art, de la tendresse et de la douleur lui rendent une minute d'existence.
Le cerveau ayant quelques fonctions qui tiennent simplement à la vie organique, et qui sont distinctes de celles par lesquelles l'âme procède à la formation de la pensée, il peut arriver , ainsi que la chose a lieu à la suite des paralysies et des apoplexies, que l'irritabilité, trouvant sous ce rapport l'organe cérébral clans d'heureuses dispositions , rétablisse l'équilibre matériel de la machine ; mais Fàme ne trouvant pas le même ordre dans la substance intime et médullaire, ne peut plus vaquer à ses opérations accoutumées , ou s'en acquitte imparfaitement. Telle est l'origine de la folie et de l'imbécillité , tristes catastrophes qui renversent quelquefois le génie au milieu de ses plus sublimes travaux , comme si le ciel vouloit rappeler à la terre que c'est de lui seul que l'intelligence émane , et qu'il a le droit de la retirer à lui, quand il le juge convenable.
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Dans l'état de clémence , la chaîne naturelle des rapports entre l'âme elses organes est rompue , ou plutôt intervertie ; l'être moral et l'être physique ont cessé de s'entendre ou se comprennent mal; la faculté spirituelle a été attaquée au centre de sa résidence ; enfin l'homme primitif n'est plus. Dans celte déplorable calamité , qui vient trop souvent humilier notre orgueil , on a cherché quelques objections contre l'exercice de la justice suprême : ce ne sera pas nous écarter de notre plan , que de montrer leur foiblesse.
Quels jugemens subira la créature ainsi soustraite à son économie native? Celle question n'est pas difficile à résoudre : si c'est de naissance , comme notre nature se compose de l'action bien réglée de nos sens sur le cerveau qui en est le foyer , de celui-ci sur l'âme qui y est présente et réciproquement, on peut répondre que I'homme n'a pas été constitué, qu'il n'a été créé en lui qu'un bipède enlevé dès sa formation à ta sphère de son espèce, et que le Tout- puissant ne doit rien à un tel être, qui, de son colé , n'a aucun compte à lui rendre.
Une religion , qui nous apprend à respecter le caractère humain jusque dans ses plus foibles empreintes , nous fait espérer que ces êtres reprendront leur rang avec avantage dans l'espèce à laquelle ils appartiennent. L'Eternel est maître de ses faveurs, et quelque grandes qu'elles soient au profit d'aulrui , nous devons nous en féliciter , nous foibles créatures qui aurons plus souvent besoin de recourir à sa bonté qu'à sa justice !
Si la chose a eu lieu par accident, il est évident que la moralité se trouvera fixée à l'instant précis de la catastrophe. Le coup asséné sur l'occiput
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d'un homme, en le privant de la conscience de sa vie première , et en provoquant l'aberration de ses pensées, le tue moralement. C'est une mort anticipée, véritable sommeil de son âme qui, au jour du réveil, ne se rattachera qu'à l'époque positive où l'engourdissement a commencé.
Nous terminerons ce chapitre, en proposant au lecteur cette conclusion; savoir, que la vie pure et simple puisse être délinie : l'irritabilité mise en jeu dans un mécanisme vasculaire , pourvu d'organes assimilans .
Nos connoissances végétales plus étendues permettront peut-être d'appliquer un jour aux plantes cette définition , ainsi que déjà les classes des animaux inférieurs peuvent s'en accommoder. Elle seroit imparfaite à l'égard de la vie humaine, la plus noble de toutes dans ses attributs, comme elle en est la plus compliquée dans ses parties constituantes.
La vie sensitive , indépendamment de ses étonnans résultats , est un chef-d'œuvre de relations combinées. Partout où nous la voyons, quelque foible qu'elle se montre , depuis son premier souffle jusqu'à son dernier soupir , nous y reconnoissons le triomphe du mouvement éclairé sur la matière. Elle peut croître et décliner sans cesser d'être un grand événement clans la nature, qui ne la récéloit pas , et qui , à bien dire , Fa reçue dans son sein sans avoir le droit d'y prétendre. Disposées pour ce dépôt précieux , les organisations diverses le conservent aussi long-temps que leurs parties intégrantes se maintiennent dans les rapports primitifs nécessaires à son apparition. Sa cause et son essence sont cachées : il est possible qu'elles touchent au
système général de notre globe. Le corps qu'elle est chargée de régir est sa conquête, peut-être sa création ; car , à beaucoup d'égards , l'exercice de nos facultés sensibles paroit essentiel au développement des parties qui le composent.