partie de'cet organe et de sa circulation , et
que souvent cé qui m'a été qu'irritation chez
lui devient phlegmasie dans ses enveloppes:
Eh! bien, ces enveloppes, pas plus que le cerveau, n’offrent d’altérationsspéciales et constantes dans’ la manie aiguë qui n’a point passé à l’état d’encéphalite. Loin de là, on les trouve toujours aussi saines que cela doit avoir lieu dans les limites variables ét élastiqnes de l’état
dit normal. Elles ne présentent n1 épaississe-
ment ;: ni opacité , ni épanchement, ni infiltration excessive de sérosité dans leur cavité ou ou dans leurs mailles ; et si, dans quelques cas, la membrane, quelle qu'elle soit, qui tapisse l'intérieur des ventricules, offre des granulations blanches:, ces altérations ne peuvent en aucune manière se rapporter à l'état de: manie aiguë. On les trouve, en effet, dans des cas.où il n’a existé aucune affection cérébrale appréciable, aussi bien que dans des.cas d’affections cérébrales chroniques ; de démence et de paralysie générale, de paralysie partielle: occasionée par une altération locale primitivement ou consécutivement chronique, par une déchirure et une cicatrice apoplectique du tissu cérébral, par un ramollissement et par d’autres altérations lentement développées de cet organe.
Quant à l’état du cerveau lui-même, cause prochaine, immédiate, de la manie aiguë, rien dans les cas de cette espèce de manie que j'ai observés, ne peut le faire connaître ou même le faire présumer. Ce n’est assurément ni la rougeur, nile défaut de cohésion de la sub-
| MANIE AIGUE. 65 stance grise, ni les marbrures. plus ou moins violacées de la blanche, ni à plus forte raison
un leger accroissement de vascularité où de fermeté de l’une ét de l’autre substance; car ces derniers prétendus caractères d’une irritation cérébrale ne se retrouvent même pas dans les cas de manie aiguë les plus continuement et les plus irrémissiblement mortels, dans ceux même d’aliénés morts d’une manière brusque ou violente, qui a pour ainsi dire surpris et laissé le cerveau dans son état maniaque. Il y a plus;on peut affirmer que dans l’état actuel des choses, nous n'avons pas et nous nesaurions avoir idée de l’état cérébral qui constitue la cause prochaine ou immédiate de Ja manie soit aiguë , soit chronique, et qu’en la recherchant, nous ne savons trop ce que nous recherchons. Toutes les opinions qui ont été émises à cet égard , Voffuscation des esprits animaux par la bile et l’atrabile (1), leur sulfuration,
(1) Galien, De Symptomat. causis, lib. 1. — De Locis affectis, lib. an ;cap.vir.-— Celse, de Re medicä, lib.m, cap. n, sect, vi. — Alex. de Tralles , De Arte medicä, lib. 1, cap. xui, xvir , etc. — Bernard Gordon, Lilium medicinæ, particula 11, cap. xix.— Sennert, /Znstitutiones medicinæ, lib. 11, part. 11, sect. 11,
cap. IV, etc. , | 5
leur arsénication (r), leur inflammation (2), leur détournement deleurs voies:ordinaires (3), l’épaississement , l’altération du sang (4), celle du suc, du fluide nerveux (5), ou du principe vital (6), la lésion des capillaires nerveux du cerveau (7), étc., ne sont pas même des hypothèses ; et, tout en témoignant de la croyancé générale que le tissu de cet organe est le siége immédiat de la folie, elles témoignent aussi de notre ignorance sur son mode d’altération dans cet état pathologique: Il est tout probable que la cause prochaine de la folie git dans: Paltération des rapports existant entre le cerveau et les fluides impondérables, le fluide-électrique ou électro-magnétique, le fluide lumineux, le calorique, dont l’action sur cet organe :con-
( 1) T. Bonnet, Sepulchretum , lib. 1, sect. vrrr.
(2) T. Bonnet , Op. et loc. citat., sect. VII. — Sennert,, Op. cit, sect. 11, Cap. 1, pag. 523.
(3) T. Bonnet, Op. et Loc. citat., sect. vit.
(4) Fréd. Hoffman, Opera omnia physica-med., 1761, tom. Il; Med. rational. syst. , cap. vit , pag. 253 et seq. eo) fi
(5) Th. Willis, Cerebri anatome, cap. XX. — pis Médecine