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pratique, liv. iv, chap. 1.
(6) Fodéré, Traité du délire, tom. 11, 5° sect, pag. 136 et
suiv. Suis (7) Crichton, Ml |: cité, tom. I, chap. v, pag’ 168:
. MANIÉ AIGUE. 67 stitue en tout, où au moins én partie, la cause premiére dé la vie et de là' pensée. Mais
quelle est cette altération, ou, si l’on veut, quel
est l’état cérébral qui la représente ou en est le résultat? et sait-on bien maintenant ce qu'on se demande en se faisant une pareille question?
Quoi qu'il en soit, cet état maniique qui ; à présent, ne se traduit par rién d’essentiellement matériel après la mort, est, par sa nature phÿsiologique et psychologique , où , en d’aütres termes, par ses symptômes, un état d'irritation spéciale, qui peut persister maniaque,c est-à-dire avecla conservation de la connaissance, presque jusqu'aux derniers instans. Mais dans d’autres cas il peut passer insensiblement à un véri-
table état de délire aigu, avec pérte plus où moins complète de connaissance et altération profonde des mouvemens, et présenter alors, à l'examen du cadavre, les, caractères anato-
miques de la phlegmasie du cerveau. Dans les cas de cé genre, les caractères de l’encéphalite sont, comme on le sent bien, ceux de toutes les encéphalites imaginables, tantôt existant presque exclusivement dans les membranes; tantôt
existant à la fois dans les membranes et dans’
l’encéphale , mais surtout dans ce dernier organe; quelquefois enfin existant presque exclusivement dans le cerveau, et, sinon dans toute son épaisseur, au moins à toutesses surfaces. Le délire maniaque, dans ces cas divers, a pris, peu à peu, plus d’irritation, plus:de violence, il est devenu moins spécifique : il s’est changé en délire aigu, enfin en une véritable phlogose du cerveau. Cette dernière alors a été
consécutive , tandis qu'envisagée suivant la
manière de voir ordinaire , elle est ou on la croit primitive, mais, au fond et en dernier résultat, c'est la même maladie, ou plutôt la même altération.
Cette manière d’envisager la cause prochaine de la folie ou plutôt l’état et les altérations du cerveau dans la manie aiguë et suraiguë, cette manière est, Je ne crains pas de le dire, la seule bonne, la seule logique, la seule qui soit l’expression réelle des faits vus en eux-mêmes et dans leurs rapports avec tous Îles autres faits des diverses phases de la folie, et ceux des autresaffections cérébrales de toute sorte. Mais cette maniere n'est point, en général, celle des auteurs, et non pas seulement celle des auteurs anciens,
mais même celle de la plupart des modernes.
Ces arthropologistes ne regardent point, sans doute, comme la cause prochaine de l’aliénation mentale, ou sa condition anatomique, les alté-
“rations des organes ou des tissus étrangers au
cerveau: pour eux ce ne sont là assurément que des causes organiques éloignées ou détérminantes. Mais qu'une altération quelconque se rencontre dans le cerveau d’un maniaque, ou dans ses enveloppes, ou même dans ‘sa boite osseuse, et presque tous les auteurs, surtout les auteurs anciens 21. regardent comme la cause de la folie, sans plus de réflexion et de logique, sans se demander si cette altération, au lieu d'être la cause de la folie, n'est pas le résultat de l’état physiologique du cerveau qui la constitue; si, dans beaucoup de:cas, elle ne se rattache pas à une maladie cérébrale fort antérieure à la manie ; si, dans les occasions même en apparence les plus favorables à leur opinion , elle n’est pas uniquement le point de départ de cet état, qui a d’ailleurs presque toujours lieu sans elle; sans réfléchir enfin que toutes les lésions encéphaliques que l'on a cru pouvoir donner comie la cause de la folie se rencon-
trent chez des individus morts sans avoir jamais été fous, etc., etc.
pl SAR LOS cRes: dun US bors. RrO
Ainsi Morgagni (1) est porté à regarder comme la cause de la folie l’altération de. la glande pinéale, et plus encore la dureté de l’encéphale; F. Hoffman (2), Vogel (3), Mason- Cox (4), son accroissement de vascularité; Bor-
sieri (5), diverses altérations de sa substance, telles que sa dureté ou sa mollesse , sa sécheresse ou son humidité; Cullen (6) et Chiaruggi (7)
son inégalité de consistance ; Greding (8), une tropgrande épaisseurdes os du crâne, et d’au-
tres altérations, soit du cerveau, soit de sesten-
veloppes ;: M, Bayle 4 RER la
(1) at VIIL, Obs. ir, UT, iv, v, Vi, VII, VIII. — Épist. 4 àù
‘obs. ‘x! Le
(2) Medicin. ration. ‘system. , pars quarta, cap. vin.
(3) Academicæ. Prælectiones de pogriose. et curand. morb., classisix, Ç 743.
(4) ‘Practical observations on | Insanity, London, 1806, p. 30.
(5): Znstitut: med. pract.} de Maniâ et ROUE > Cap. VIN, $ cexvu. dd:
(6) Médecine pratique, Liv. 1v, r, chap. 1etu.
(7) Della Pazzia, Firenze, 1793, lib. 11, Cap. 11.
(8) Aphorismes médicaux sur la Mélancolie et sur différentes autres affections qui s’y rattachent.
:(9): Traité des maladies mentales:1826.
pie-mère et de l’arachnoïde ,.et l'épanchement de sérosité dans. leurs mailles ou dans leur cavité, pour la forme au moins de la folie caractérisée par le délire ambitieux et l’altération des mouvemens ; forme que M. Calmeil (1), au contraire, rattache plus exactement à la phlegmasie simultanée de l'extérieur du cerveau et de ses membranes; enfin, M. Foville (2), MM: Bouchet et Cazauvielh (3), M. Scip. Pinel(4), regardent comme la cause organique de là folie la phlegmasie , soit aiguë, soit chronique, de la substance grise du cerveau.
Toutes ces diverses manières pire voir sur les conditions anatomiques de la folie, si elles étaient prises dans toute leur rigueur , seraient superficielles et, fausses. Les altérations, soit du Cerveau, soit de ses enveloppes, sur lesquelles elles portent, bien qu’elles appartien-
(x) De la Paralysie considérée chez:les aliénés, 1826.
. (2) Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratique, art. que nation mentale, pag. 355 et suiv..
(3). Recherches sur la nature et le siège de l'épilepsie et de l'aliénation mentale. Archiv. génér. de médecine, 1826.
(4) Recherches sur les causes physiques de l'aliénation mentale ,
lues à j’Académ. des Sciehées le 20 février 1826.
nent au tissu même de l'organe qui déraisonne dans la manie aiguë, n’en sont pas moins des causés éloignées de cétte déraison , et des causes presque aussi éloignées que pourrait l’être la lé: sion de l'organe le plus distant du cerveau ; et c'est avec vérité qu'à l'exemple de plusieurs autres pathologistes anglais (1), Arnold ; dans son tableau des causes corporelles éloignées (remote) de la folie (2), a assigné la première place aux causes de cette maladie qui siégent dans le cerveau lui-même, dans ses vaisseaux ou dans ses enveloppes, soit membraneuses, soit osseuses. Toutes ces causes organiques cérébrales né saurdient être ! en'effet, que le point de départ de / ’espècé d’irritation générale: et spécifique qui dontie lieu à là manie aipué puisque, comme je l'ai déjà dit ; datis une ‘foulée de’cas ellés né la produisent pas, etque, dansun bien plus grand nombre dé cas encore, elle$ ne coëxistent point avec elles. L'état général et intime du cerveau qui répond à cetteirritation maniaque , Si tant il y a qu’on doive le chercher,
Vo he à "ii L'# s AT. M. 1 k | ‘ ‘
(1) Battie, À ,Treatise or Madness, in-4, 1758. — Crichton, Inquiry into the nature and origin of mental der angement, 1798.
(2) Observations on. the nalure, kinds, causes ; and prevention
of insanity, 1806, tom. 4, pag. 6
fait partie, Je le répète, d'un ordre de faits ou de causes qui échappent maintenant à notre investigation , et, il faut le dire, à notre pensée.
En somme, on ne sait pas actuellement, et on ne peut pas savoir quelle est la condition cérébrale réelle et spéciale de la manie aigué. C'est ce que prouverait leplussimple coup d'œil jeté sun les faits que Je possède de ce “An | de délire, etsur les faits analogues consignés dans les recueils originaux et cliniques sur la folie, dans ceux, par exemple, de Th. Bonnet, de Morgagni, de Perfect, de Greding,. de Chiaruggi, de Marshall , et dans les traités pratiques les plus modernes; c’est ce que prouvent encore les opinions contradictoires de tous ces auteurs les uns avec les autres, et souvent avec eux-mêmes, sur cette question de la condition cérébrale de la folie en général et de la manie aiguë en particulier.