‹ Inductions sur la valeur des altérations de l'encéphale dans le délire aigu et dans la folieChapitre 14 sur 20 · TL. —— CARACTERES ESSENTIELS DU GENRE · texte numérisé non relu

TL. —— CARACTERES ESSENTIELS DU GENRE

Apyrexie bien réelle ; intégrité en apparence parfaite de toutes les fonctions. — Mouvemens libres. — Incohérence , souvent partielle, des idées; illusions , hal- Jucinations ; le tout, froid, habituel, et presque raisonnable. — En outre, dans la démence simple,

incohérenee plus générale des idées, et surtout insensibilité plus grande à l’action des objets extérieurs. — Duréé longue et indéterminée. — Mort par une affection étrangère au système nerveux; ou bien termi-

naison par la paralysie générale et mort par l'effet de cette dernière.

IT, —— SyNnoniMrE,

MehayyoNa, praviæ, Nabsporüvn , duvnaia, pagorie, dvarrünaia, avotæ..— Melancolia, mania, insania, stultitia, stupiditas, stoliditas : fatuitas, dementia, amentia.

Low or asthenic form or state of insanity, notional insanity,

demency.

Amenza.

Manie chronique, démence, abolition de la pensée.

Si, dans l’état actuel de l'anatomie, de la physiologie, et, si j'ose le dire, de la météréologie de l’encéphale, les faits et le raisonnement forcent presque à considérer comme une ch1mère la recherche de l'état cérébral essentiel qui constitue anatomiquement la manie aiguë, on sent bien qu’à plus forte raison doit-il en être de même de celui qui constitue la manie

chronique, état psychologique beaucoup moins tranché, beaucoup moins haut placé, pour sa violence, dans l'échelle des délires que celui de la manie aiguë. C'est là, en effet, ce que démontrerait invinciblement un examen même rapide des faits de manie chronique et de démence simple que je possède. Dans près de la moitié, en effet, de ces faits, il n'existait aucune altération appréciable du cerveau, ni de ses membranes , rien qu’on ne puisse trouver dans le premier cerveau venu , supposé sain, et surtout non maniaque. Quant aux lésions rencontrées dans l’autre moitié de ces faits, je dirai tout à l'heure ce qu’il faut penser de leur valeur.

Pour ce qui est de l’état des membranes cérébrales dans la manie chronique, comme cette forme ou cette phase de la folie, indépendamment de la perversion des facultés intellectuelles, s'accompagne, dans beaucoup de cas, d’un sarcroit d'action, c'est-à-dire’ d'un état d'irritation de ces mêmes facultés, il ne serait pis ‘étonnant que cet état maladif, cet état d'irritation du cerveau dans l'exercice de:ces facultés , se ‘répercutât ,: se réfléchit dans:ses membranes, et y laissât pour traces de légères

: MANIE CHRONIQUE ET DEMENCE SIMPLE. Fr

altérations chroniques, telles que leur épaississement , leur opacité, leur blancheur, leurs granulations. Cela a lieu sans doute quelquefois ainsi; mais dans presque la moitié des cas que j'ai observés, les membranes, comme le cerveau, étaient à l’état normal et n'étaient ni épaissies, ni opaques, ni même infiltrées, ou leur cavité remplie, par une quantité trop considérable de sérosité ; et à plus forte raison n’étaient-elles en aucune façon adhérentes à la surface du cerveau.

Quant à la substance même de cet organe dans ces mêmes cas, elle n’offrait pas même cette injection, cette rougeur sablée, ces marbrures de la substance blanche , et cette rougeur plus égale, mais légère, de la substance grise qui, dans le cas de manie aigué, et surtout de délire aigu, peuvent se rattacher à une vive irritation du cerveau, laquelle appelle ou conserve dans cet organe une quantité plus considérable de sang. Elle ne les offrait, ces caractères, que dans le cas où l'individu, atteint d'une manie chronique, était mort d’une maladie aiguë qui avait pu donner lieu, dans les derniers instans de la vie, à un état de délire

78 LMTMRPICOLE AUSINORET, AT aigu, ou par l'effet d’une maladie qui, telle

qu'une affection aiguë du cœur ou des poumons, avait pu gêner la circulation cérébrale.

Du reste, plus de la moitié des cas de manie chronique et de démence simple offrant des lésions de lencéphale , la proportion des cas à altérations, dans cétte forme de la folie, est, comme on le voit, beaucoup plus grande que dans la manie aiguë. Elle est à peu prés la même que pour le délire aigu ; seulement, dans cette dernière forme, il s'agissait d’altérations aiguës inflammatoires, tandis que dans la manie chronique, il est question surtout d’altérations chroniques, et, dans quelques cas seulement, de phlegmasie du cerveau. Il s’agit d'examiner, pour la manie chronique, la valeur étiologique de ces deux espèces d’altérations:

A priori, on pourrait soutenir l'opinion que ce degré de la folie est le résultat d’une phlegmasie chronique de l’encéphale; on le pourrait, et on l’a fait, et, lorsque ce n’a pas été une opinion théorique et préconiçue ; on l’a fait sûrement d’après des observations analogues à quelques-uns des faits que j'ai observés , et dans’

lesquels ‘en effet le cerveau se trouvait à un état d’inflammation évidente. Mais cette phlogose n’est manifestement qu’une coïncidence, un fait exceptionnel, puisque, dans tous les autres cas, le cerveau était à l’état normal, ou, au moins, n'était pas enflammé. Je laisse de côté quelques cas où l'injection et la rougeur des substances cérébrales, et surtout de la blanche, étaient dues bien moins à l’état d'irritation chronique du cerveau qu’à ja gêne de la circulation dans cet organe, par l'effet de l'affection thoracique dont sont morts les sujets de ces observations; injection et rougeur qui ne constituent point, du reste , un état inflammatoire de lencéphale. Je me borne à quelques faits fort remarquables dans lesquels le cerveau offrait réellement tous les caractères anatomiques de l’état inflammatoire:

Or, dans ces cas, où, à part l’état d'injection et de rougeur des méninges, il n’y avait véritablement de phlegmasie que dans le tissu du cerveau , et où cette phlegmasie offrait tous les caractères anatomiques de celle qui se rattache au délire aigu passé à l’état d’encéphalite;

LD

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