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IV. Injection et rougeur des membranes cérébrales

L’injection , la suffusion, la rougeur des tis-

sus, leur accroissement, en un mot, de vascularité, la combinaison du sang avec eux; tels sont les caractères anatomiques, sinon les plus irréfragables, au moins les plus immédiats, de l’inflammation en général, et ceux qu'on veut désigner lorsqu'on se borne à dire qu'un tissu, un tissu membraneux surtout, est enflammeé.

Mais des recherches plus exactes et plus générales ont montré tout ce qu’il y a de vague dans cette énonciation, d’incertain et de trompeur dans ces caractères; et, pour ne parler ici que de Pinjection et de la rougeur des imembranes cérébrales, données comme caractères de leur état de phlegmasie, si ces caractères étaient énoncés aussi brièvement, seuls, sans qu'il füt question d’autres lésions inflammatoires concommittantes, l’observation qui les renfermerait ne mériterait que bien peu de créance, ou au moins, ne pourrait, à elle seule, faire autorité. Or, il est une foule d'observations qui sont dans ce cas-là. Prévenus par les symptômes ou par la nature présumée irritative ou inflammatoire de la maladie , leurs auteurs ont regardé une simple injection, même des membranes cérébrales, comme la preuve deleur phlegmasie. Mais une appréciation aussi superficielle, et,

j'ose le dire, aussi complaisante, ne saurait suffire. On peut trouver une injection assez considérable, de la rougeur même, de la pie-mère et du feuillet cérébral de l’arachnoïde, dans des cas pathologiques qui, par leurs symptômes, ne tiennent en rien au délire aigu , ou à la méningite, à l’arachnitis des auteurs. Dans des cas même de délire aigu, ces caractères anatomiques peuvent ne pas se rapporter à cet état morbide. Ils peuvent être le résultat d’une congestion sanguine produite, dans Îles derniers momens de la vie, par des accidens convulsifs épileptiformes, ou apoplectiformes ; ils peuvent tenir à une. stase sanguine due à une agonie long-temps prolongée, à l'embarras de la respiration et de la circulation, etc... : et même, dans ces divers cas, cette injection, cette rougeur des deux membranes cérébrales internes peut s'accompagner de suffusion sanguine dans le tissu du feuillet cérébral de larachnoïde, ou plutôt dans la partie de la piemére qui se confond le plus intimement avec lui,.et, à plus forte raison, peut-elle s'accompa- .gner d’un accroissement d’exhalation du liquide encéphalo-rachidien. Or, qu’à ces divers caractères anatomiques se joignent des épaississe-

mens partiels et anciens du feuillet cérébral de l'arachnoïde, tels qu’on en rencontre chez une foule de sujets morts de toute autre maladie qu'une arachnitis, et surtout chez les vieillards et les aliénés atteints de paralysie générale; et l'on aura ainsi la plupart des caractères anatomiques de l’inflammation de l'arachnoïde et de la pie-mère;, chez des sujets qui, étant morts d’un délire aigu, n'auront pourtant pas succombé à une phlegmasie bien réelle de ces énveloppes.

On ne saurait donc apporter trop de soin’à l'examen et à l'appréciation des caractères anatomiques de cette inflammation, l'injection et la rougeur des membranes cérébrales. Il faudra peser avec soin toutes les circonstances qui peuvent les faire regarder comme se rattachant au délire aigu ou à Pirritation encéphalique qui à été la cause de la mort; voir s'ils sont joints à un état semi-purulent du liquide encéphalo-rachidien ou à du pus véritable situé audedans ou au dehors de l’arachnoïde, ou enfin à des épaississemens réellement récens et presque encore pseudo-membraneux du feuillet cérébral de cette membrane; constater si la rougeur tient à une combinaison véritablement

inflammatoire du sang avec le tissu de cette dernière,.et ne pas s’en rapporter, à cet égard, à la simple injection, qui n’a véritablement, par elle-même, que peu de valeur, et qui peut dépendre d’une foule :de circonstances qui ne sont en aucune. facon inflammatoires. Il faudra enfin..rechercher si dans le tissu du cerveau lui-même n'existe pas un véritable état de phlegmasie qui empécherait alors. d'accorder trop d'importance à des lésions secondaires, et, si l’on peut.encore le dire, purement hyperémiques, des tuniques qui le revétent.

Toutes ces circonstances bien pesées, bien appréciées, on ne saurait nier que, dans certains cas, une injection très forte, et surtout de a rougeur, la combinaison du sang avec Ja face interne du feuillet cérébral de l’arachnoïde, ne puissent être, à peu de chose près, les seuls caractères: anatomiques d’une méningite ou d’une arachnitis bien réelle, isolée, et devenue mortelle sans avoir donné lieu à d’autres altérations que celles-là. 11 ya, ceme semble, dans ‘le Sepulchretum de Bonnet (1), dans les lettres

(x) Sepulchretum, in-folio, 1700, tom. [, liv, 1, section vir,

obs2rvations 11, 1V, V, Vi, 1X.

de Moÿgagni (1), dans l’ouvrage de MM. Parent et Martinet (2), des cas de Ce genre. Mais il y en a surtout dans le livre de M. Abercrombie(3). Les observations xv, xvir, xvinr, XIV, xx, sont, au dire de l’auteur lui-même, des cas de méningite mortelle, et s’accompagnant seulement d’une vascularité extraordinaire des membranes du cerveau. Dans Îles dernières même de ces observations, et dans d’autres encore contenues dans le même ouvrage, l'injection était assez légère, et ne pourvait véritablement pas être regardée comme le caractère anatomique d’une phlegmasie des membranes cérébrales.

Pour ce qui est des cas de délire aigu que j'ai observés, l’injection, la rougeur de ces enveloppes, la combinaison du sang avec leur tissu, étaient loin d’y être constantes. D’abord elles n’existaient pas dans plus d’un tiers de ces cas, et le cerveau, non plus que ses mem-

(x) Epistola vu, observations 1, 11, 111, IV, V, VIIT, 1x.

(2) De l'Arachnitis, 1821 ; observations xxv, xXXIX, LXVIN, | LXIX, LXXIV, etc. |

(3) Recherches sur les maladies de l'encéphale et de la moelle épinière, trad. de M. Gendrin. 1832.

branes, n’y offrait aucun caractère appréciable de phlegmasie , soit que le délire aigu füt dü à une irritation idiopathique du cerveau, soit

qu'il püt être attribué à une irritation sympathique de cet organe.

Dans les autres observations, où il y avait des traces plus ou moins évidentes de phlegmasie des membranes ou de la substance du cerveau, ou des unes et des autres. à la fois, l’injection, la rougeur des enveloppes n'étaient très vives et manifestement inflammatoires que dans cinq ou six cas au plus, mais surtout dans trois d’entre eux où la phlegmasie bornée ou prédominante dans les membranes cérébrales, était véritablement une arachnitis, ou une.

méningite, et dans un dernier ou linflamination existait dans l’encéphale à un degré au moins aussi élevé que dans ses enveloppes.

Ainsi,d’après mes observations commed’après celles des: auteurs, l'injection, la rougeur, la suffusion sanguine, ne sont pas des caractères anatomiques exclusifs et nécessaires de lirritation du cerveau terminée par la mort. D'abord, ces trois caractères se retrouvent dans la con-

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gestion cérébrale des épileptiques morts dans l'accès. Ensuite, dans un tiers au moins ces cas de délire aigu terminé par la mort, il n’y a pas d'inflammation soit du cerveau, soit des membranes, et par conséquent pas d'injection ni de rougeur de ces dernières. Enfin, si dans les cas où cette inflammation a eu lieu, ces altérations ont dü , pendant la vie, exister de toute nécessité, souvent après la mort, elles ont, en plus ou moins grande partie, disparu pour faire place à d’autres caractères plus évidemment et plus profondément inflammatoires, tels que les adhérences des membranes au cerveau, la formation d'un liquide purulent à leurs surfaces ou dans les mailles de leur tissu.

V. Augmentation de vascularité, marbrures, rougeur, défaut de cohésion des substances cérébrales.

On est loin encore d’avoir déterminé avec le: degré de certitude nécessaire et: dans leur valeur relative, les caractères anatomiques de la phlegmasie de la substance du cerveau , et l’on ne sera pas surpris de cela , si l’on réfléchit que, presque jusqu’à ces derniers temps, on à considéré comme des inflammations des mem-

branes encéphaliques seulement, des inflammations de la substance cérébrale elle-même, prédominante à sa surface, et à toute sa surface, c'est-à-dire au point où les vaisseux de cet organe le pénètrent, unis entre eux par un lascis celluloso-vasculaire, qui se prête merveil. leusement bien au travail inflammatoire et à tous ses produits. On en sera moins surpris encore , si l’on réfléchit en outre que, jusqu'à présent, on avait réservé le nom d’inflammation du cerveau ou d’encéphalite, au sphacélisme d’'Hippocrate, à une inflammation bornée, circonscrite, qui, lorsqu'elle n’était point due à l'irritation née d’une altération chronique et antecédente de l’encéphale, tel qu’un ramollissement, un squirrhe, un tubercule, un kiste ou un foyer apoplectique, était presque toujours le résultat d’une cause extérieure, violente, d’une chute, d'un coup sur la tête, cas dans lesquels le cerveau était déjà malade, contus, et quelquefois dilacéré, avant d'être altéré de nouveau et consécutivement par l'inflammation. De cette manière d'étudier l’encéphalite dans ce qu’elle a de local et le plus souvent de traumatique, il était résulté deux choses : la première, qu’on lui avait attribué

des caractères anatomiques trop matériels, trop tranchés, trop circonserits, et qui avaient fait négliger, ou ne considérer que d’une mapière accessoire, ceux de l’encéphalite générale, quand toutefois on en tenait compte, et qu'on ne rapportait pas la maladie à la méningite ou à l’arachnitis ; a seconde qu’on avait vu sous un jour faux et trop restreint les symptômes de l'inflammation de la substance du cerveau. Les cas desquels 5n arguait pour l’étude ou la description de cette maladie étant des cas surtout locaux, et, en outre, des cas d’une altération profonde, d’abord on avait donné d’une manière trop générale comme signes de l’encéphalite, des symptômes locaux de lésions des mouvemens ; on avait presque toujours vu dans l’encéphalite, non pas seulement de l’agitation, et une agitation générale, mais des mouvemens convulsifs partiels, des contractures partielles, des paralysies locales; ensuite, l'altération étant toujours profonde et sur-lechamp portée à un haut degré, au lieu du délire qu’on regardait comme l’apanage exclusif dé l’arachnitis, on avait assigné pour symptômes à la phlegmasie de la substance même du cerveau, la compression, l’anéantissement

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de l'intelligence, la stupeur, la somnolence, le coma , le carus. C’est là, en effet, ce qui a lieu dans les cas graves et profonds d’encéphalite locale. Mais lorsque, dans cette sortemême d’encéphalite, et surtout dans ses commencemens, il se manifeste de l’exaltation dans les actes intellectuels et dans les mouvemens, c'est-à-dire du délire et des convulsions, ïl n'est pas besoin de recourir, pour l’explication de ces phénomènes , à l’inflammation de l’arachnoide ou de la pie-mère; il suffit de dire que lirritation s’est généralisée dans l’hémisphère malade , qu’elle a passé de celui-ci dans l'hémisphère sain, qui jusque-là avait continué à conserver à la pensée ses caractères à peu près normaux, et à régir les mouvemens dans de certaines limites, ou au moins à empêcher l’agitation de se transformer en convulsions. Eh bien! que cette irritation générale se change en inflammation, que cette dernière soit plus intense dans l'hémisphère primitivement et localement enflammé, qu’à raison du mode de circulation du cerveau, elle prédomine à la surface de cet organe , et s'accompagne de phlegmasie des membranes, d’adhérence de ces enveloppes aux circonvolations, qu’enfin l'observateur ne

détache:pas, ou détache mal ces tuniques de l'extérieur du cerveau, et il pourrane voir, dans cette encéphalite générale et surtout superficielle, qu’une arachnitis on une méningite, venue là tout à point pour expliquer le délire et les convulsions, qui, dit-on, n'auraient pu s'expliquer sans elle, Tous les faits que j'ai vus, tous ceux que j'ai consignés dans mon ouvrage, toutes les observations rapportées dans les auteurs, lorsqu'il m’a été possible de les analyser complètement, me paraissent confirmer de tous points cette assertion; non pas que dans certains cas l’irritation, ainsi propagée de l’altération inflammatoire locale du cerveau à toute la masse encéphalique, ne puisse quelquefois ne se convertir en phlegmasie que dans les membranes seules; mais c’est, je crois, le trèspetit nombre des cas; et les mêmes symptômes eussent été produits par la phlegmasie seule de l'extérieur du cerveau, consécutive à cette propagation de l'irritation à travers le tissu de cet organe.

Il résulte de tout ce que je viens de dire que, soit pour la description et l’appréciation des altérations encéphaliques, soit pour celles des

symptômes, soit pour les relations a établir entre les derniers et les premières, ce n’est pas l'encéphalite partielle qui doit être prise pour type de là phlegmasie du cerveau, et, à plus forte raison , des différentes formes de son irritation,; ou du délire aigu, formes connues sous les noms de fièvre cérébrale, hydrocéphale, maligne, ataxique, etc.; mais bien l’encéphalite générale, soit superficielle, soit profonde. Et pour cette appréciation, pour l'établissement de ces rapports, on pourrait diviser en quatre classes les observations renfermées dans le livre d’où j'extrais ces corollaires, ou dans les ouvrages de même nature.

La première classe comprendrait les cas où l'examen du cerveau et de ses membranes n'a montré aucune altération explicative appréciable, dans une maladie pourtant essentiellelement cérébrale, et où la mort a eu lieu par le cerveau.

La seconde se composerait des cas où l’'irritation générale de l’encéphale a passé à l'état de phlegmasie seulement, ou surtout dans les enveloppes de cet organe, comme cela a lieu

28 ARTICLE dans la maladie qui porte le nom de méningite et d’arachnitis.

… La troisième classe renfermerait les cas dans lesquels l’irritation générale du cerveau s’est convertie en inflammation à la surface surtout de cet organe, et presque toujours en même temps dans ses membranes : c'est la méningoencéphalite , ou plus souvent encore la méningite des auteurs. C’est le cas qui se présente le plus souvent.

La quatrième classe enfin comprendrait les cas où l'irritation générale du cerveau a passé à l'état de phlegmasie dans toute ou presque toute la masse encéphalique, sans presque que les membranes participent à cet état d’inflammation; ce serait là l’encéphalite par: excel-

lence.

Tous ces cas, du reste, ont cela de commun, que la mort y a eu lieu par le cerveau, et après un état qui a consisté essentiellement dans le trouble, l’exaltation, la perversion, l'abolition des sensations, de la raison et des mouvemens, c’est-à-dire dans le délire, dans la stupeur, la

perte de connaissance, le coma, dans l’agitation, les convulsions, les contractures, et, dans la dernière période, la paralysie, ou , au moins, l'abolition, la cessation des mouvemens. Mais il est vrai de dire que ces divers symptômesn'ontpaseulieuindifféremmentetau même degré dans nos quatre classes d’observation. Il y a eu surtout exaltation et perversion de la raison et des mouvemens, c’est-à-dire délire , agitation et convulsion dans les cas où il n’a existé qu'irritation du cerveau, ou phlegmasie bornée aux membranes ou à la surface de l'organe, tandis que, dans les observations caractérisées par la phlegmasie de toute l’épaisseur de l’encéphale, ce sont la perte de con: naissance, le coma, l’immobilité, qui ont prédominé. Quant aux cas d’encéphalite primitivement locale qui se sont terminés par la mort aprèsavoir donné lieu à du délire,à de l'agitation, à des convulsions, puis à de la perte de connaissance, à du coma, ils rentrent sans difficulté dans une de ces deux divisions, ou dans une des quatre classes précédentes; car, dans ces cas, ou la phlegmasie locale a donné lieu à une irritation générale et mortelle sans inflammation également généralisée, ou elle a donné lieu à

une méningite, ou à une méningo-encéphalite, ou à une encéphalité pure, et de là , dans les deux ‘suppositions , les symptômes généraux qui ont précédé et accompagné la mort.

Cétte théorie succincte du délire aigu, des Hèvres cérébrale, ataxique, etc., ou dé l’irritation, de la phlegmasie de l’encéphale et de ses membranes, n’est du resté que la traduction en langage physiologique des faits d'anatomie et de pathologie cérébrale que j’ai observés, ét de ceux que contiennent les traités des maladies du cerveau. Ces faits, comme on doitle remarquer, se divisent d'eux-mêmes -en deux séries : faits dans lesquels il n’y a pas éu..d’altération générale appréciable soit du cerveau, soit.-de ses enveloppes, d’altération aiguë, récente, qui puisse rendre raison du trouble. ou:de laboli tion de l'intelligence, ainsi que de. la mort ; faits dans lesquels il y a eu, au contraire , altération générale, récente, explicative, soit du cerveau, soit de ses tuniques, ou de l’un et des autres à la fois, et dans une proportion va- ‘riable. J'ai déjà cherché à apprécier la valeur ‘étiologique des altérations des membranes et dé celles qui $’y rattachent, telles que lépanche-

ment de sérosité ou la production de liquides albumineux et purulens. Il me reste à en faire autant pour les altérations de lasubstance même du cerveau.

Et d’abord, dans celles de mes observations que J'ai déjà plusieurs fois mentionnées comme n’offrant aucunealtération générale appréciable se rapportant au délire aigu ou à la mort, ainsi que dans toutes les observationsanalogues qu'on pourrait trouver dans les auteurs, dans les observations de fièvre ataxique , maligne, soit idiopathique, soit et surtout symptomatique; dans ces observations, dis-je, n’y avait-il réellement aucune altération appréciable de l’encéphale? Étaient-ce véritablement des cas de délire et de mortparirritation de cet organe, c’est-à-dire par un'état morbide du cerveau, que fasse seule maintenant appeler de ce nom lirritation même des symptômes ? Cela me paraît être, et ilme parait encore quil faut rattacher à ces cas un certainnombre d’observations où l’on a attribué à un peu d'injection, et d'injection sealement, des membranes encéphaliques, un caractère et une valeur que cet accroissement de vascularité n’a pas, et qu’on ne lui eût pas accordés, si l’on

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eût tenu compte de toutes les circonstances de sa production, et si l’on eût cherché à .connai- ‘tre, ou si l’on n’eüt pas perdu de vue les cas où une injection tout aussi forte, et plus forte même, s’est montrée, sans que rien d’encéphalique ait eu lieu, soit dans les Ayrap Eos, soit dans la mort.

Pourtant je dois le rappeler, des pathologistes modernes, parmi lesquels je citerai M.Bouillaud(1), ont pensé, que, dans ces cas de mort par irritation du cerveau, cet organe n'est pas absolument sans lésion générale, et ils ont cru pouvoir donner comme ayant ce caractère, de la dureté ; de la turgescence, une sorte d’érection vitale, comme ils ont dit, de toute la masse encéphalique. Pour que leur opinion füt prouvée, il faudrait d’abord que cette prétendue altération füt bien évidente, bien marquée; et qu'on eüt tenu compte de toutes les causes qui pourraient en imposer sur sa réalité, ou plutôt sur sa valeur. {faudrait qu’on se füt bien assuré, par exemple, que cette fermeté, cette turgescence du cerveau, ne tenait pas à un état de cet-or-

(x) Traité de l'encéphalite, Viv. r, sect. 1, pag. 7 et suiv. lv. 11, chap.1, pag. 229. .

DÉLIRE AIGU. 33 gane, étranger et antérieur au délire aigu par lequel s’est terminée la vie. Or, en tenant compte de toutes ces caüses More il na paru que, soit dans les observations qui me sont propres, soit dans celles des auteurs, une irritation cérébrale même simple, c’est-à-dire non maniaque, ne laissait point pour traces constantes, de linduration et une sorte de turgescence aiguë de lorgane. Dans quelquesunes de mes observations on pouvait admettre cette sorte de turgescence, de dureté; mais däns d’autres il n’y avait qu'un peu de fermeté, et, plus souvent encore, la consistance du cerveau y était tout-à-fait ordinaire.

On a dit aussi que cette turgescence du tissu du cerveau, dans les cas de délire aigu mortel dans la période d'irritation, s’accompagnait constamment d’un accroissement de vascularité de cet organe, et que c'était là un premier degré de sa phlegmasie. Cette assertion n’est pas plus gériéralement exacte que l’autre. Ce n’est pas qu’on ne puisse et qu'on né doive admettre que, dans les cas inême où Pautopsie n’en montre aucune trace, l’irritation du cerveau ne détermine dans cet organe un abord

et un passage de sang plus considérable et plus rapide. Mais cet afflux n’est que Peffet d’une action primitivement nerveuse et dans ses causes et dans sa nature, et si cette action a pour nous un caractère d'irritation, c’est à raison de ses symptômes, qui sont dessymptômes d'irritation, ou d'exaltation , ou d'action augmentée. Mais les signes anatomiques de cette irritation cérébrale théorique, une turgescence, une érection active, une pénétration vasculaire ou sanguine plus grande, ont besoin d’être étudiés; et l'expérience n’a que trop. souvent prononcé que les évacuations sanguines ne sont pas toujours le moyen de faire cesser: cet état commencant d'irritation nerveuse.

Il pourrait se faire, au reste, que, dans les cas bien constatés de délire et de mort par irritation du cerveau, où cet organe n’a offert aucune trace de lésion au moins aiguë et explicative; il pourrait se faire, dis-je, qu'il n’y .eût réellement pas absence de lésion appréciable, et que telle disposition générale de lencéphale, que nous confondons maintenant avec son état. normal et que nous ne sommes pas encore à même d'apprécier sous

un autre rapport, vint plus tard à nous être connue, je ne dis pas dans son existence , mais dans sa valeur. Mais de pareilles recherches, où plutôt de pareils résultats, s'ils sont possibles, seront toujours très difficiles à obtenir, parce qu'ils se rattacheront de plus! en plus à l'anatomie de texture du cerveau, et'en quelque sorte à sa physiologie intime. Ce qu’il ya desür,; c’est que, maintenant au moins, nous n’avons pas idée de ce qui constitue matériellement cet état d'irritation du cerveau qui fait délirer et qui tue sans laisser de traces après la mort; et mêmé, quand nous nous demandons ce qu'ilest, ce qu'il pourrait être | nous ne savons trop ce que nous demandons.

: Toutefois ce fait d’une irritation du cerveau qui trouble les mouvemens et la raïson, et'enfin tüe, sans "passer à l’état de phlegmasié, sans laisser après la mort de traces appréciables de son existence, ce fait est d’une grande importancé ; en ce qu’il sert à rappeler que c’est par le cerveau; par son ‘tissu propre, que doivent commencer toutés les inflimmations encéphaliques, celles même qui n’offrent sur le cadavre de vestiges que dans les membranes. Or cette

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irritation toujours primitive du cerveau pêut, ainsi que je l’ai dit, passer à l’état d’inflammation, dans les membranes seules, dans les membranes et à la surface du cerveau à la fois, dans la substance seule de l'organe , soit dans toute ou presque toute son étendue, soit surtout à sa superficie; et si l’inflammation a liéu de préférence dans les membranes et à là surface de l’organe à la fois, cela tient sûrement à ce que l'irritation du cerveau, qui en est le point de départ, produit, dans la circulation intérieure de cet organe, un trouble d’où résulte la stase du sang dans les réseaux vasculaires qui composent la partie principale de la pie-mère:.

Je me suis déjà occupé de la détermination et de l’appréciation des caractères inflammatoires des membranes cérébrales. Il ne me reste plus qu’à jeter un coup d'œil sur ceux de la substance même de l’encéphale.

Il n’est pas aisé de dire où finit le simple accroissement de vascularité de cet organe et où commencesa phlegmäsie, c'est-à-dire cetétat où le sang, quia aussi éprouvé un commencement d’altération inflammatoire, est réellement com-

biné avec son tissu. Dans une foule d’observations de fièvre ataxique, de méningite, d’encéphalite même, on donne comme caractères anatomiques de cette dernière affection, une injection très forte, une rougeur sablée, comme on dit, de la substance de l'organe. Mais dans cette forme, ou à ce degré de vascularité accrue du cerveau, quelque intense qu'il soit, le sang n’est pas combiné avec le tissu encéphalique , et il ne fait, au contraire, que s’échapper de ses vaisseaux qu'il emplit en très grande abondance. Dans la substance grise , comme dans la blanche, ce n’est toujours que de l’injection, qui peut accompagner un état réellement inflammatoire d’une plus ou moins grande partie du cerveau, mais qui peut également se rencontrer en aussi grande proportion dans des cas où il n'existe aucune phlegmasie de cet organe, par exemple, dans le cas de mort par et dans une attaque d’épilepsie, par une congestion cérébrale ordinaire, par une hémorragie de la substance ou des membranes encéphaliques, dans le cas de mort avec une affection des poumons ou du cœur, qui a apporté, pendant long-temps, de la gène dans la circulation de toutes les parties ,‘et notam-

ment des parties supérieures. Cette injection sablée peut se rencontrer encore dans des cas où il existait sains doute, comme chez beaucoup d’aliénés paralytiques, une phlegmasie encéphalique, mais où, dans les derniers momens, de violentes convulsions épileptiformesou apoplectiformes ont détermié vers la tête et le cerveau ‘un raptus de sang qui a pu être cause de la mort ;et qui a laissé pour traces ces nombreux points sablés qu'on aurait tort, dans ce cas, de rapporter, en totalité au moins, à la phlegmasie de l’encéphale: Par elle-même et par elle seule, cette rougeur piquetée n’est donc pas une preuve de phlegmasie, et, dans le cas même où elle n’a été produite par aucune des causes accidentelles que je viens de signaler, elle ne saurait témoigner que d'une violente irritation du cerveau, laquelle aurait déterminé un afflux également violent de sang vers cet organe. BL | |

L'état de rougeur soit marbrée, soit uniforme, des deux substances du cerveau est , en général, un indice plus assuré de leur phlegmasie; mais diverses circonstances pourraient encore en. imposer à cet égard. Bien qu’en gé-

néral, à l'état sain, la substance blanche du cerveau doive être d’un blanc de lait, pur etsans mélange de taches ou de marbrures rouges, et sa substance grise d’un jaune café au ait clair, sans mélange encore de ces mêmes taches ou marbrures, ces deux substances pourraient néanmoins offrir ces caractères, sans pour cela avoir été enflammées.

Dans la substance blanche les marbrures, les vergetures, résultat d’une sorte d’appropriation du sang au tissu du cerveau ,-pourraient avoir lieu sans inflammation de cet:organe, par exemple dans des cas de scorbut fort intense, où il se ferait une exhalation lente de sang dans tous les tissus, dans des cas de mort par une affection du cœur ou des poumons où la gêne de la respiration opérerait peu-à-peu, dans le cerveau, non seulement une rougeur sablée, mais une sorte de combinaison passive du sang avec sa substance. Peut-être aussi qu'il est certains états naturels, ou acquis, mais désormais normaux, de l’encéphale, où ces rougeurs marbrées de sa substance blanche ne'se rattachent en aucune manière soit à son inflammation, soit même à son irritation. Maïs

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en général ilest vrai de dire que les marbrures de la partie médullaire du cerveau, pour peu qu’elles soient intenses, indiquent un état d’irritation de cet organe, ou coincident avec les caractères anatomiques incontestables de sa phlegmasie ou de celle de ses membranes.

Parmi toutes les observations que je pourrais mettre sous les yeux du lecteur, on remarquerait que ces marbrures rouges de la substance blanche existaient presque constamment dans les cas de délire aigu , de manie aiguë, de manie chronique, de démence et de paralysie générale, qui se sont terminés par une phlegmasie de l’encéphale , et qu'elles n’existaient pas dans ceux où cette inflammation n’a pas'eu lieu non plus,

Considérée seule et indépendamment de tout autre caractère pathologique, la rougeur de la substance grise du cerveau, même quand elle est portée à un très hant degré, n'est point, non plus, une preuve incontestable de son inflammation. Ainsi cette rougeur est souyent on ne peut plus intense, elle est violacée et presquenoirâtre, chez presque tous les épileptiques morts dans l’acces, et cela a lieu presque au

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méme degré dans la substance grise intérieure que dans la corticale. Ces deux substances offrent les mêmes caractères, quoique à un degré ordinairement moins élevé, chez les aliénés paralytiques morts dans où immédiatement après de violentes convulsions épileptiformes où apoplectiformes, chez ceux même où il n'existe pas de traces, ou bien où il n'existe que des traces légères de phlegmasie périphérique de l’encéphale. Mais il est vrai de dire que cette rougeur très intense de la substance grise et surtout de la substance corticale, est, en général, comme les marbrures rouges ou violettes de la substance blanche, un des signes anatomiques de la phlegmasie ou d'une irritation presque déjà inflammatoire du cerveau.

Cela a lieu principalement quand il se joint à cette rougeur, en général assez uniforme, de la substance grise, soit intérieure soit extérieure, de la mollesse, un défaut de cohésion de cette substance, appréciable surtout dans le cas d’adhérence des membranes aux circonvolutions, mais qu’on perçoit souvent très bien aussi dans la substance grise des couches optiques et surtout des corps cannelés, lesquels présentent quelquefois alors l'aspect de cer-

taines poires cuites, tant ils sont mous et comme infiltrés du liquide auquelils doivent ce caractere.

Après larougeur de la substance grise, vient, dans l’ordre naturel de succession et presque de génération, une altération qui caractériserait à elle seule l’inflammation du cerveau, si, du reste , elle n'était pas à peu près constamment jointe à la rougeur de la substance grise et aux adhérences dés membranes à cette substance :

je veux parler du défaut de cohésion dela substance grise, soit intérieure , soit et surtout extérieure, et de l'espèce de gangrène blanche de sa couche superficielle, dans les corps striés comme.dans les circonvolutions. Cette altération ét sa nature irréfragablement inflammatoire ont désormais été signalées et mises hors de doute par tous les pathologistes qui ont apporté, dans l’examen des. altérations, cérébrales, toute l'attention minutieuse qu’elies réclament, et notamment par MM. Bayle, Calmeil et Foville. Dans cette altération, la substance grise n’offre point cette mollesse, cette diffluence souvent presque semi-liquide des; cas de ramollissement proprement dit; mais. c'est

DÉLIRE AIGU. 43 un défaut de cohésion on ne peut plus appréciable lorsque une fois on l’a étudié avec soin, et dont on pourrait attribuer la cause à la désagrégation du tissu cérébral par le fait de linterposition d’une plus ou moins grande quantité de sang entre ses molécules, si dans certains- cas on ne trouvait ce défaut de cohésion avec l’anémie de la substance grise. Mais, en général, la substance qui a subi cette altération est d’un rouge qui va quelquefois jusqu’au violet; et cette rougeur, qui d'ordinaire est assez uniforme, d’autres fois offre des plaques

d’une teinte Hs foncée, des dit de petites ecchymoses,

L’altération dont je parle peut avoir lieu à l'intérieur comme à l'extérieur du cerveau, dans la substance grise des corps striés et des cornes d’Ammon , comme dans la couche corticale des circonvolutions ; mais elle’est plus fréquente dans cette dernière, et surtout dans celle de la circonvolution compagne de la corne d'Ammon. Elle est, en général aussi, d'autant plus ‘intense qu’on se tient davantage à-la surface, soit des circonvolntions, soit des corps striés. Son plus haut dégré d’intensité me paraît

être celui dans lequel la couche extérieure de la substance grise, soit des circonvolutions, soit des anfractuosités, est convertie en une pellicule blanche, pulpeuse, comme inorganique, quise sépare du reste de la substance enflammée par une sorte d’écorcement, soit qu’elle adhère aux membranes cérébrales phlogosées , soit qu’elle n’y adhère pas, et que ces dernières soient saines. C’est là peut-être, comme je le disais plus haut , une espèce de mort, ou de gangrène par inflammation de la couche la plus extérieure de la substance grise. Et ,à ce propos, je ferai remarquer que cette prédominance de l’inflammation, ou si l’on veut cette explosion inflammatoire de l’irritation du cerveau à sa surface, soit-extérieure, soit intérieure , a heu dans sa substance, autant et plus que dans ses membranes, qui, dans le fait, ne doivent jouer qu’un rôle secondaire dans la pathologie de l’encéphale, comme dans son anatomie et sa

physiologie,

La désagrégation inflammatoire du tissu cérébral, toujours plus ou moins générale, et indiquant un état également général de phlogose du cervean, peut prédominer dans certaines

parties de cet organe, quand elle n’y existe pas exclusivement.Ainsiil arrive quelquefois qu’elle se rencontre sur des circonvolutions plus ou moins éloignées les unes des autres dans toute l'étendue de la surface encéphalique, mais surtout sur sa moitié antérieure; d’autres fois elle n’occupe qu’un très petit nombre de circonvolutions; dans certains cas elle est presque exclusivement bornée au lobule de l’hippocampe, à la base des lobes antérieurs, à la convexité des hémisphères ,à leur moitiéantérieure , à un seul hemisphère; tantôt elle n'existe qu'à la surface des circonvolutions; d’autres fois à celle des corps striés; d’autres fois à l’une et à l’autre en même temps, et ce cas est un des plus communs; etc... etc...

C’est un sujet bien digne de remarque que les symptômes relatifs à la perte de cohésion inflammatoire de la substance grise et surtout de la substance grise superficielle, depuis le délire aigu et non maniaque, jusqu’au délire maniaque, soit aigu, soit chrouique, et à la paralysie générale simple ; ou terminée par des convulsions, du délire, la perte de connaïissance et le coma. Cet état inflimmatoire, plus

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ou moins général, de la substance grise du cerveau, soit seul, soit lié à la phlogose des membranes de cet organe, peut donner lieu ‘à la forme du délire qui constitue la méningite oul’arachnitis, comme il résulte de la plupart de mes observations de: délire aïgu. 11 peut donner lieu à la forme comateuse du trouble de l'intelligence qui constitue plus spécialement, suivant les auteurs, l’inflanmation primitive du tissu même du cerveau. Il peut se montrer dans la paralysie générale, soit simple, ‘soit compliquée de convulsions et de délire aigu. 1l peut même se rencontrer dans des cas ou l’on aurait pu ne pas lesoupçonner, comme chéz plusieurs épileptiques morts dans Paccés ‘et dans un état de santé apparente ; comme chez des aliénés où la phlegmasie de la substance cérébrale, liée peut-être! pius à l'affection &e poitrine qui termina la vie qu’à la manie chronique, n'avait donné aucun signe, soit dé délire aigu, soit. de: convulsions, soit même de coma, quelque, temps avant la mort; comme chez plusieurs individus en démence où il existait à peine quelques traces de paralysie générale , et où ; dans tous les cas, cette lenteur des mouvemens n’était nullement ‘én rapport'aveé

la phlegmasie encéphalique très profonde et trés évidénte que montra l'examen du cadavre; comme je lai vu enfin chez un idiot, mort cholérique, et où tout devait éloigner l’idée d’une inflammation du cerveau, loin de la faire soupçonner (1).

Ilimporte de remarquer encore que, dans tous ces cas de phlegmasie encéphalique si divers sous Île rapport des symptômes, et dont quelques-uns même n’en ont pas, où ‘en ont à peine donné, il importe de remarquer; dis-je, que l’altération du cerveau, où plutôt de sa partie grise ou corticale, ne présente pas de caractères anatomiques différens. Dans les cas de paralysie générale avec où sans délire aigu, avec Ou sans convulsions apoplectiformes, épileptiformes, coma, etc...; dans les cas de manie

-() Il faut l’avouer toutefois, pour sauver ce que pourrait, pour le moment, avoir d’étrange ce dernier ordre de faits, où une altération inflammatoire du cerveau n’a pas donné de symptômes: ces faits appartiennent à des individus idiots, épileptiques , maniaques, en démence et presque en paralysie - générale, à des individus chez lesquels le cerveau était depuis long-temps malade d’une façon quelconque, et qui s ’opposait peut- être à ce qu’il répondit, par les symptômes accoutumés, à une phlegmasie de son tissu.

aiguë, de délire aigu, soit excentrique, soit comateux, cette substance se montre indifféremment rouge, molle, sans cohérence dans ses molécules, plus ou moins blanche et comme inorganique dans sa couche la plus extérieure, soit sur les corps striés , soit sur les circonvolutions , que cette couche adhère ou non avec les membranes de l’encéphale, et s'enlève ou ne s’enlève pas avec elles. Elle ne présente pas de caractères qui puissent être rapportés, d’une part à un état aigu, qui serait celui de l’encéphalite, ou de la méningo-encéphalite, ou du délire aigu proprement dit, d’autre part à un état chronique qui serait la paralysie générale, surtout la paralysie générale terminée par la mort, sans aucuns symptômes aigus, sans délire aigu ou coma long-temps prolougé, et sans convulsions épileptiformes. Dans tous ces cas si divers, je le répète, les caractères de la substance grise enflammée sont les mêmes; et ce résultat, du reste, paraîtra moins extraordipaire, si l’on réfléchit que tous ces symptômes de délire aigu, de méningite, d’encéphalite , de paralysie générale avec ou sans convulsions, délire où coma, n’ont pas même toujours besoin, pour avoir lieu, d’une phlegmasie encé-

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