‹ Inductions sur la valeur des altérations de l'encéphale dans le délire aigu et dans la folieChapitre 7 sur 20 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

violente , chez des individus même où rien n’annonçait pendant la vie un état morbide quelconque du cerveau. Il est évident, d’après tous ces faits, que la valeur étiologique du ramollissement des parties centrales blanches de cet organe, est de tous les prétendus caractères anatomiques de ses altérations le plus indéterminé, et celui qui appelle les investigations les plus séveres et, il faut le dire, les plus difficiles.

Je termine ici cette longue appréciation des caractères anatomiques du délire aigu ou de l’irritation et de la phlegmasie de l’encéphale , faite d’après les observations de ce genre de délire, et en regard de celles des trois grandes formes de la folie, et des faits analogues consignés dans. divers traités récens sur les maladies cérébrales. Il en résulte, ce me semble, les corollaires suivans.

I. L'irritation de l’encéphale, ou le véritable délire aigu, n’a pas encore pour nous de caractères spéciaux et exclusifs, et il serait inexact ou prématuré de donner, comme tels l'injection des membranes et l'accroissement de vascularité, de fermeté et de volume du cerveau.

IL. Pour ce qui ést de la phlegmasie de cet organé et déses membranes, ses seuls caractères anatomiques irréfragables sont : 7

4° Quant à ces dernières :

‘19 La quälité plutôt que la quantité dé leur sérosité, son état sanguinolent, albumineux purulent, floconneux ou pseudo-membraneux; ou bien uné augméntation de quantité très considérable et que puissent faire regarder comme subite tous les autres caractères anatomiques et physiologiques de la maladie; 2° là purulence des membranes ou la formation dans leur cavité de fausses-membranés sanguines où couénneuses; des granulations rouges et pour ainsi dire aiguës à leur face libre ou à la surface des ventricules ; 3° un épaississement bien manifeste, comme couenneux ou pseudomembraneux, de ces tuniques, et que tout, dans l’ensemble des autres altérations et des symptômes, porte à croire récent et pathologique; 4° une rougeur, une injection extrèmement ‘vive des membranes, avec épaississément de leur tissu, et que le lavage ne puisse

CHAPITRE PREMIER. 55 faire disparaître; 5° et surtout des adhérences des enveloppes à la surface de l’encéphiale: Ce dernier caractère est le plus irréfragable de tous, et c'est celui qui a été étudié, reconnu et apprécié le plus tard.

11° Quant au cerveau, les caractères de sa phlegmasie aiguë, ou au moins d’un accroissément de vascularité qui en approche et sl puisse lui équivaloir, sont :

1° Une combinaison générale du sang avec son tissu, tellement considérable qu’elle produise, d’une part, dans la substance blanche, non-seulement une injection sablée, très forte, des gouttelettes de sang qui se réunissent en nappes nombreuses et étendues, mais encore et surtout des marbrures rougeàtres ou yiolacées, très foncées, très appréciables, et qui ne se rencontrent pas dans un cerveau sain; d'autre part, dans la substance grise, soit intérieure , soit extérieure, une vascularité, une rougeur également insolites, et tellement prononcées qu “elles n ne puissent pas être mises en doute.

2° Et surtout, et bien plus indubitablement,

non point un ramollissement proprement dit de la substance grise, mais une mollesse générale, un défaut de cohésion, qui, joint à la rougeur de cette même substance, lui donne, ainsi qu'on l’a dit avec raison, l'apparence de la pulpe de certaines poires cuites. Ce défaut de cohésion , qu’on peut aussi bien rencontrer dans la substance grise intérieure, dans celle des corps striés, des couches optiques, des cornes d’Ammon, que dans la substance corticale, s'accompagne d'ordinaire d’une mollesse encore plus grande de la couche la plus extérieure de cette substance, couche qui, alors, est devenue blanche, comme inorganique, et s’enlève avec la plus grande facilité, soit avec les membranes adhérentes, soit, quand cette adhérence n’existe pas , au moindre contact de l'ongle qui la râcle ou d’un léger filet d’eau qu’on laisse tomber sur elle. Et cela a lieu non pas seulement pour la substance corticale, mais même encore, quoique moins fréquemment, pour la substance grise intérieure, et notamment pour celle de la surface des corps striés confondus avec la membrane qui les revêt (r).

(1) La purulence générale du cerveau n’a, pour ainsi dire,

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