‹ Industrie des métaux secondaires et des terres raresChapitre 29 sur 56 · USAGES · texte numérisé non relu

USAGES

(82). Usages. — La zircone ainsi préparée peut servir à l'éclairage quand on la porte à très haute température, à l'aide d'un chalumeau oxhydrique ou oxyacétylénique ou sous l'action d'un courant électrique.

Sous la première forme, l'emploi de la zircone est

connu depuis longtemps, grâce au capitaine Caron'. Berzélius avait déjà signalé, en 1826, Téciat que la poudre de zircone prenait dans la ûamme de la lampe d'émailleur. L'année suivante, Thomas Drummond indiquait, comme moyen d'éclairage puissant, Tincandëscence de la chaux vive sous la flamme du chalumeau oxhydrique; mais la chaux se désagrégeait rapidement. Le capitaine Caron, cherchant à améliorer la lumière oxhydrique, fut conduit à étudier les terres infusibles pour remplacer la chaux et la magnésie, qui ne présentaient pas assez de résistance. Il reconnut d'abord que le chalumeau fournissait le maximun de lumière quand l'hydrogène était en léger excès. Sous l'action de cette flamme réductrice, les oxydes les plus fixes subissent un commencement de réduction. L'acide ti ta nique fond, devient bleu et souvent noir. Avec un réglage convenable, il se produit un jaillissement d'étincelles dues à la combustion du titane. Ces étincelles disparaissent quand on augmente la dépense en oxygène. Les acides tungslique, colombique, tantalique, les oxydes de chrome, d'uranium, de cérium et de lanthane fondent tous quand la flamme du chalumeau contient un excès d'hydrogène et le produit de la fusion prend une teinte difi'érenle de celle des oxydes primitifs, montrant un commencement de réduction. Enfin, les derniers oxydes se volatilisent plus ou moins. Le capitaine Caron ^ fut alors conduit à essayer les zircons.

J'ai essayé également le silicate de zircone, dont je connaissais l'infusibilité; mais, comme je m'y attendais, les zircons pulvérisés et agglomérés ont donné très peu de lumière (ce qui arrive en général avec les silicates). Il me restait à employer la zircone. D'après Berzélius, cette terre

ZIRCONIUM. 278

a la propriété d'être infusible et de briller d'un éclat éblouissant à la flamme du chalumeau. C'est, en elTet, ce que j'ai trouve, et de plus elle ne semble pas volatile lorsqu on la soumet à la chaleur de la flamme oxhydrique. J'emploie journellement depuis plus d'un mois le même crayon de zircone, que je chauffe sur un angle vif, et je n'ai pas pu trouver encore aucune trace d'usure, de volatilisation ou de réduction partielle; ce fait est très important, car avec un jet de gaz aussi faible que celui de la lampe dont je me sers, la partie delà flamme qui donne la lumière est très restreinte, et il est nécessaire que la matière incandescente reste toujours à la même distance du bec ; à mesure que le crayon s'use, cette distance augmente et la lumière diminue de plus en plus.

Le capitaine jCaron conclut à Femploi de la zircone pour réclairage oxhydrique, Taugmentation de lumière obtenue en remplaçant la magnésie par la zircone étant dans le rapport de 6 à 5. En même temps, le savant expérimentateur indique le moyen d'économiser la zircone, matière fort coûteuse alors; il ne se sert de zircone que du côté exposé à la flamme ; le reste peut être fait en magnésie ou en terre réfractaire.

Tessié du Motay (Br. n** 80810 — 1868) fit breveter en France un procédé d'éclairage par incandescence avec la zircone. Diverses lampes furent construites par Wiesnegg en France ou par New^ton en Angleterre. Mais ce procédé d'éclairage, à cause du prix élevé de l'oxygène et de l'hydrogène, ne s'est pas généralisé. Il sert seulement pouf quelques appareils à projection. Tout récemment, l'emploi de la zircone seule ou mélangée à d'autres oxydes (yttria) vient d'être remis en honneur grâce à l'acétylène. Le dard du chalumeau oxyacétylémque est dirigé sur des pastilles, sur des boules ou sur

des cylindres formés d*un mélange de ces oxydes rares. Pour assurer la conservation du mélange, on communique au cylindre un mouvement de rotation.

Mais l'emploi le plus intéressant de la zircone pour r incandescence est celui qu'en a fait M. Nernst. Les oxydes tels que la zircone, la magnésie, l'alumine et en général les alcalinolerreux et les terres rares ne conduisent pas le courant à la température ordinaire. Mais il n'en est plus de même quand on vient à les chauffer. M. Nernst a fondé sur leur emploi la construction d'une lampe d'un rendement très élevé. Son premier brevet date de 1897; la composition des bâtonnets fut tenue pendant longtemps secrète. On a employé les mélanges suivants:

Zircone . . .

Yttria. . . .

Erbine . . .

Thorine . . .

Cérine . . .

Des difficultés très grandes ont dû être surmontées pour obtenir des bâtonnets solides, aussi identiques que possible et d'uac égale résistance. Il a fallu ensuite réunir ces bâtonnets aux fils conducteurs, encastrer ces derniers dans une porcelaine non seulement réfractaire, mais encore isolante à la température à laquelle elle était chauffée. Enfin, un dispositif spécial doit permettre d'échauffer le bâtonnet, afin de le rendre conducteur et, en outre, pour ne pas brûler la lampe, de compenser

ZIRCONIUM. 275

par une résistance auxiliaire l'accroissement de conductibilité du bâtonnet due à l'élévation de la température.

Les oxydes aussi purs que possible, préparés comme nous Tavons vu pour la zircone, sont mélangés en proportions correspondantes à Tune des formules précitées. (Les deux plus employées paraissent être les deux premières.) On y ajoute 5 p. 100 d*amidon ou de gomme adragante et de Teau aussi pure que possible. L'eau ne doit pas renfermer de sels calcaires et il est préférable d'employer de l'eau distillée. Par pétrissage et malaxage, on obtient une pâte dure que l'on force à passer à travers une filière. Le cordon est reçu sur une toile qui se déroule, puis séché et coupé en tronçons d'une longueur supérieure à celle des bâtonnets. Chaque tronçon est chaufifé progressivement au blanc dans un étui de platine. Après cette forte calcina tion, il est prêt à être transformé en bâtonnet.

Dans le premier dispositif imaginé par M. Nernst, les terminaisons du bâtonnet étaient reliées aux fils conducteurs au moyen de fils de platine enroulés aux extrémités. Les spires de platine étaient ensuite recouvertes d'une pâte formée de débris de filaments calcinés, agglomérés avec du chlorure de zirconium..

La solution définitive et très élégante a été trouvée par M. Marshall Hanks. Pour obtenir celte terminaison des bâtonnets, les filaments coupés à une longueur supérieure sont chauffés à l'une de leurs extrémités dans l'arc électrique. L'extrémité fond et prend la forme d'une sphère. A ce moment, un fil de platine chauffé jusqu'à son point de fusion est brusquement introduit dans la sphère en fusion et une gouttelette de pla-

276 ODL STRIE DES MÉTAUX SECOÎÎDAIRES .

tine reste dans la. masse. Ce globule de platine servira de point d'attache au fil conducteur que Ton soudera à l'aide du chalumeau oxhydrique. Comme les oxydes se contractent sous l'action de la chaleur, il en résulte que la connexion est parfaitement assurée par ce dispositif. La figure ci-contre (fig. 25) montre clairement la manière d'opérer et la forme du bâtonnet ainsi obtenu. Il est nécessaire que les bâtonnets aient tous même longueur. On y arrive fort aisément de la

Fig. 35.

manière suivante : pendant que le bâtonnet est chauffé dans l'arc électrique, son image est projetée sur un écran et l'ouvrier, qui se place toujours dans les mêmes conditions (inclinaison, distance), arrête l'opération quand l'image des deux sphères terminales vient se placer entre deux repères fixes marqués sur Técran. Les dimensions des filaments sont les suivantes :

Volts.

Bougies.

Diamètres.

Longueur.

IIO

i5 miliim.

Les bâtonnets qui doivent fonctionner avec une intensité inférieure ou égale à o^"^p5 ont une section pleine ; pour des intensités supérieures, les bâtonnets sont creux. Sans cette précaution, les filaments se ramolliraient. Le centre, meilleur conducteur, commencerait à fondre avant que la surface extérieure ail été portée à une

ZIRCONIUM. 277

température suffisante pour obtenir Fincandescence. Un bon ouvrier peut préparer 35 pièces à l'heure.

Les filaments terminés sont classés ensuite d*après leur résistance. Un seul opérateur arrive à en mesurer 1 3oo par jour. Il est à remarquer que la différence de potentiel, qui, avec la terminaison Nernst, est la même sous courant continu ou alternatif, varie avec la nature du courant dans le cas de la terminaison Hanks. Elle est de 20 volts plus basse dans le cas du courant continu. Dans le cas du courant alternatif, la durée des filaments est augmentée quand on se sert de fréquences élevées. Enfin, Tinfluence des impuretés (de la silice en particulier) est considérable quand on se sert de courants alternatifs.

De plus, il est à noter qu'un filament, qui éclaire régulièrement en courant continu, peut présenter des irrégularités considérables quand il est placé dans un courant alternatif.

Les fils conducteurs sont encastrés dans une porcelaine spéciale, qui doit avoir les propriétés exactement inverses de celles du filament. Elle doit être très réfractaire et cependant isolante à chaud. La porcelaine ordinaire étant trop conductrice, on s'est servi d'un mélange de kaolin, d'alumine et de silice sans feldspath.

Pour permettre l'allumage de la lampe, il faut échauffer le filament. Dans ce but, on met une spirale de platine recouverte de pâte à porcelaine. Cette spirale n'est plus traversée par le courant dès que la lampe s'éclaire. C'est là le point faible de l'appareil ; il faut toujours un certain temps avant que la lampe s'allume.

Au fur et à mesure que l'incandescence augmente, la

Les Métaux secondaires. 16

température et la conductibilité du filament croissent, et la lampe serait bientôt détruite si Ton n'employait pas un régulateur d'intensité. Ce rhéostat est formé d'une spirale de fer dont la résistance initiale varie de 80 à 100 ohms. Cette résistance augmente à mesure que la température du fil s'élève ; par suite de cette variation de conductibilité en sens inverse de celle du filament, on obtient bientôt un régime d'équilibre; mais il en résulte une certaine dépense en énergie, un huitième environ de l'énergie totale.

Tout l'ensemble est placé dans l'air ou dans une atmosphère d'acide carbonique; il semble bien que l'oxygène soit nécessaire au bon fonctionnement de la lampe. Dans le vide ou dans une atmosphère d'hydrogène ou d'azote, le filament se détruit rapidement. Une lueur bleue ou brune entoure alors le bâtonnet, qu'il soit soumis à l'action d'un courant continu ou alternatif. Elle est due à la production de vapeurs métalliques.

La température atteinte est voisine de 2 3oo degrés ; la lumière est très blanche et très belle et le spectre continu. Le rendement de la lampe, c'est-à-dire le rapport de la quantité d'énergie transformée en radiations lumineuses à la quantité totale d'énergie fournie par la . source, atteint o,85 p. 100, alors que dans les lampes au carbone, il varie de 0,2 à o, 45 p. 100. La consommation par bougie est comprise entre i,3 et i,5 le watt; elle est supérieure à 3 pour les lampes au carbone. La durée utile * des différentes parties de la lampe Nernst . n'est pas uniforme. Celle du dispositif de chauffage est

I. On appelle durée utile d'une lampe la période pendant laquelle le pouvoir éclairant n'a pas encore diminué de 20 p. 100.

ZIRCOINIUM. 279

de huit mois, tandis que celle du filament est, de huit cents heures ; la spirale du régulateur de résistance peut fonctionner pendant trois ans. La diminution du pouvoir éclairant de la lampe tient à la dissociation progressive du filament, puis à la volatilisation des conducteurs en platine. Il se dépose un enduit noir sur la lampe. Cette volatilisation est d'autant moindre que le platine est plus pur.

Mais le plus grave défaut des lampes Nernst est la lenteur avec laquelle elles s'allument. On s'est préoccupé de construire des filaments s'allumant d'euxmêmes. Le point de départ de ces nouvelles recherches est du aux faits suivants : si on enroule un bâtonnet de zircone autour d'un filament de carbone dans le vide, après 4 ou 5 allumages et un fonctionnement de plusieurs heures, la coloration du bâtonnet est changée; le changement se produit d'abord aux terminaisons, puis s'avance vers le milieu. Le bâtonnet s'allume alors de lui-même. Sous l'action du carbone à haute température, il s'est en effèt formé du carbure ou du métal carburé bon conducteur. Au lieu de carbone, on peut prendre une atmosphère d'hydrocarbures, de vapeurs, de sodium ou de potassium.

M. Sander * a créé une lampe à zircone en utilisant une réaction analogue. Il a observé qu'un mélange de zircone, d'oxydes de terres rares ou d'oxydes alcalinoterreux avec du magnésium, chaufié à haute température dans une atmosphère d'hydrogène, fournit un produit pulvérulent qui peut conduire le courant sans chauffage préalable après un certain traitement. La zircone ou les oxydes formeraient une combinaison hydrogénée et l'hydrure pourrait conduire le courant; dans une atmos-

28o INDUSTRIE DES MÉTAUX SECONDAIRES.

phère d'azote, on obtiendrait un azoture ; mais le résultat serait moins bon, pour Téclairage.

Les filaments sont préparés de la manière suivante : on chauffe d'abord dans l'hydrogène un mélange de zircone et de magnésium. La magnésie est enlevée par l'acide chlorhydrique et la masse, bien lavée à l'eau pure, est pulvérisée. Cette poudre (loo p.) est mélangée avec du carbure de zirconium (90 p.) et 10 parties de rhodium métallique ou d'une masse équivalente d'oxyde de rhodium, puis additionnée d'une solution de gomme et de cellulose. La masse plastique obtenue est moulée eni filaments. Ceux-ci sont séchés, chauffes à 3oo" pour brûler les matières organiques, et ensuite portés à très haute température dans le vide à l'aide d'im courant électrique. Sous cette forme, ils sont comparables aux bâtonnets de la lampe Nernst et il faut les échauffer pour les rendre conducteurs. On les chauffe à nouveau, mais dans une atmosphère d'hydrogène. Ils deviennent alors bons conducteurs et ils ont pris un éclat métallique.

Un kilogramme de zircone pourrait fournir 100 000 filaments. La dépense d'énergie au début était de 2 watts par bougie et le prix de la lampe, de beaucoup inférieur à celle à osmium ou à tantale, permettait déjà de les concurrencer. Comme pour la lam{)e à osmium, il fallait mettre trois lampes en série sur un réseau à 1 10 volts^ la lampe à zircone ne supportant qu'une tension de 87 à 44 volts, quand elle n'avait qu'un filament. De nouveaux perfectionnements ont été apportés à la construction de celte lampe. Chaque lampe contient maintenant deux filaments ancrés dans l'ampoule qui est très allongée, et la consommation spécifique s'est abaissée à

ZIRCONIUM. 281

1,3 watt par bougie. Mais la grande longueur des filaments a amené un nouvel inconvénient; les fila^ ments sont très mous à chaud et peuvent en s'afTaissant venir en contact; il se produit alors un court-circuit et la lampe est détruite. La lumière obtenue est très blanche et très belle. !

MM. Holma Tucker et Van Wagenen ont d'ailleurs breveté une lampe à arc, dont les électrodes sont formées de carbure de zirconium aggloméré au moyen <îe goudron ou de mélasse. Ils préparent le carbure de zirconium en chauffant au four électrique un mélange de poudre de zircon et de charbon. La lumière brille d'un éclat exceptionnel.

Le carbure de zirconium a servi à préparer des lampes à incandescence s*allumant d'elles-mêmes. Fabriquées récemment en Allemagne, elles n'ont pas encore été introduites sur le marché.

Tout récemment, une lampe à incandescence dont le filament serait formé d'un alliage de zirconium et de tungstène vient d'être inventée par le D"^ Zernig. Les lampes de cette sorte seraient très robustes et fonctionneraient aussi bien en courant alternatif qu'en courant continu. Leur consommation serait de i,3 et i,5 watt^ par bougie ; il en existerait deux types, 16 bougies sous iio volts et 32 bougies sous 220 volts. Le procédé de fabrication serait fondé sur l'utilisation de combinaisons hydrogénées du tungstène et du zirconium; le mélange des hydrures et des métaux serait comprimé et les filaments fabriqués à la presse. Ce mode opératoire rappelle celui décrit plus haut à propos de la lampe de M. Sander.

La zircone est utilisée aussi en joaillerie. Les plus

belles pierres proviennent de Ceylan. La véritable zircone aux couleurs de feu est très rare et par suite de grand prix. L'autre zircone, appelée jargon par les in* digcnes de Ceylan, est presque incolore, blanchâtre ou couleur de fumée. On 1 appelle parfois diamant de Ceylan ou de Matara.

Pour les polir, on se sert d'un plateau de cuivre, tournant à grande vitesse et recouvert de zircons pulvérisés. Quand les pierres sont bien polies et d'une belle eau, leur valeur peut varier de 5 à i5 francs le carat. Autrefois ces pierres étaient peu appréciées.

CHIMIE ANALYTIQUE

(83). Recherche qualitative. — Au chalumeau, les sels de zircojiium ne fournissent pas de réaction colorée.

Dans la recherche microchimique de la zircone, on

^ produit des cristaux d'oxalate zir-

^ ^ ^ conopotassique ou de fluorzirco-

O ib> ^»^ ^ fi ^^*® ^^ potassium ou de rubi-

^^ #9 ^ dium. Pour la première réaction.

^ il faut que la dilution ne dépasse

^ ^ ^ ^ pas 1/200 et que la liqueur soit

peu acide. On ajoute de Toxalate acide de potassium, le précipité Fio. a6 (d'après VEncycio- est formé d'octaèdrcs (fig. 26) ; pédie chimique). g^vec le titane, OU aurait des bâ-

tonnets. Pour Tautre, on ajoute à une solution de sulfate ou de chlorure un mélange de fluorure d'ammonium, d*acidechlorhydriqueetde chlorure de rubidium (fig. 27).

ZIIVCONILM. , 283

La fusion de silicate, de zircone hydratée avec du carbonate de sodium permet d'obtenir des lamelles hexagonales très caractéristiques de zircone.

Au point de vue qualitatif, les réactions les plus nettes du zirconium sont la précipitation de l'hydrate par la potasse, la soude ou l'ammoniaque dans les liqueurs qui ne renferment pas d'acide tartrique. Le précipité . est insoluble dans un excès de réactif; il est au contraire soluble dans les carbonates alcalins employés en excès.

L'acide oxalique et l'oxala te d'ammonium précipitent la zircone à l'état d'oxalate soluble aussi dans un excès de réactif; mais l'ammoniaque précipite complètement celte dernière solution. L'hyposulfite de sodium précipite tota-^ ^'«- 37 (d'après r^ncxc/olement la zircone à l'ébulUtion. p^^^' '^^^^^^Y L'eau oxygénée précipite un oxyde de zirconium.

(84). Séparation et dosage. — Quantitativement, le zirconium est toujours dosé à l'état de zircone. On obtient la teneur en zirconium en multipliant par o,8o5,

Le procédé de Marignac (81) permet d'obtenir la zircone rigoureusement pure et de la doser dans ses minerais ou ses composés, quand elle n'est pas accompagnée des éléments suivants, pour lesquels nous indiquons le meilleur mode de dosage.

Pour séparer le zirconium d'avec l'uranium, M. Percy H. Walker* propose de fondre le mélange des oxydes avec le bisulfate de soude, de dissoudre avec de

284 IJïDUSTRIE DES MÉTAUX SECONDAIRES.

l*eau froide et d'ajouter de feau oxygénée. On verse la solution dans la soude renfermant de l'eau oxygénée. En chauffant au bain-marie, la zircone se dépose -à Tétat dense et l'uranium reste en solution. Le même procédé permet de séparer le fer de l'uranium.

La séparation du zirconium et du titane est une opération analytique des plus difficiles. En attaquant par le fluorure acide de potassium, on obtient un mélange de fluozirconate et defluolitanate. Ce dernier, moins soluble, est précipité delà zircone par l'addition d'eau oxygénée. D'après M. Bailey*, la zircone se précipite intégralement sans entraîner de titane.

La méthode de dosage volumétrique du titane en présence de la zircone, indiquée par Pisani, a étç perfectionnée par Marignacet a servi de type pour le dosage d'éléments analogues, ainsi que nous l'avons vu. Le mélange est fondu avec du bisulfate de potassium. Dans la liqueur additionnée d'acide sulfurique, on plonge un bâton de zinc pour réduire le titane, on retire rapidement le zinc et on titre au permanganate.

YTTRIUM

DÉCOUVERTE. DIFFUSION. MÉTAL

(85). Découverte. DifiFusion. — Vers la fin de 1787, Arrhénius découvrit, dans le canton d'Ytterby, en Suède, un minéral nouveau, noir, grisâtre, dont la cassure était entièrement semblable à du verre. Ce minéral, plus dur que Tacier, agissait un peu sur l'aimant. Sa densité était de 4.287.

Geyer le décrivit, en 1788, dans les annales de Crell et Rinmann en fît mention à la même époque dans son Dictionnaire des mineurs.

Gadolin* Tanalysa en 1794 et y découvrit une terre nouvelle ; son analyse fut publiée dans les transactions de Stockholm de 1794 et dans les annales de Crell de 1796, et, contrairement à une opinion généralement admise, il rappela Ytterjord (terre d'Ytterby). Il lui trouva beaucoup de rapport avec la zircone et observa qu'elle communiquait, comme cette dernière, une saveur douce aux acides qui la dissolvent.

En 1797, elle fut nommée yttria par Ekeberg * , qui rér péta les essais de Gadolinet obtmt les mêmes résultats.

En 1800, Vauquelin et Klaproth confirmèrent lê& conclusions d'Ekeberg et de Gadolin, et, en 1802, Ekcr

286 rSDUSTRTE DES MÉTAUX SECONDAIRES.

berg publia de nouvelles recherches surrytlria, au moment où il découvrait le tantale dans le minéral appelé par lui yttrotantalite. Le minéral analysé par Gadolin fut appelé gadolinite. L'yttria a été retrouvée ensuite dans un grand nombre de minerais rares où elle est contenue parfois en quantités très importantes. Elle existe en petites quantités dans un grand nombre de roches. C'est ainsi que par Texamen des spectres de phosphorescence, M. Crookes^ a reconnu sa présence dans la calcite, le gypse, la pérowskite. Je zircon, Fanglésite, la magnésite, Tharmotome, la célestine, Toolite, la blende gallifère, le corail et Teau de mer.

(86). Métal. Propriétés physiques. — Gleve, par Faction du sodium sur le chlorure anhydre d*yttrium, obtint un métal impur. L*.électrolyse du chlorure double de sodium et d'yttrium ou la réduction de ce sel par le sodium a permis de préparer un métal plus impur, semblable à du fer, très oxydable, qui décompose Teau à la température de Tébullition.

(87). Propriétés chimiques. — L'yitrium fournit un hydrure, d'après Winckler, qui l'aurait préparé à Tétat impur par l'action du magnésium sur Tyllria.

Le chlorure anhydre est blanc ; il fond facilement, mais ne se sublime qu'à très haute température.

Avec Toxygène, Tyltrium ne fournil qu'un seul oxyde parfaitement blanc quand il est calciné. P. S. = 4,83. Les sels sont tout blancs et très solubles, à l'exception des phosphates, carbonates et oxalates.

M. Petterson a obtenu le carbure en réduisant Voxyde par le charbon au four éle<ilrique. M. Moissan l'a obtenu à l'état cristallisé. Il est décomposé par l'eau

TTTRTITM. 287

et fournit un mélange gazeux contenant 72 p. 100 d'acétylène, 18 p. 100 de méthane, 5 p. 100 d*éthylène et de l'hydrogène (Moissan et Etard *).

Poids atomique. — La Commission internationale a adopté 89 pour poids atomique, d'après les travaux de MM. Cleve, Urbain et Muthmann.

MINÉRAUX. GISEMENTS. MINES. USAGES

(88). Minéraux. — L'yttria se rencontre dans un grand nombre de minéraux rares. Ceux qui en renferment le plus sont des silicates, des phosphates^ des carbonates ou des tantalates.

Xénotime (Ytterspath, Hussakile, Wiserine, Castelnaudite). — Phosphate d'yttria renfermantunpeudezircone, de thorine et de terres cériques. — P. S. = 4, 5 à 5,1. D. = 4 à 5. — De 54 à 63 p. 100 de terres yttriques. — Hvalô, Hiteroë (Suède). A.rendal, Ar scheeren (Norvège), Colorado, N.-CaroUne (Etats-Unis), Minas Geraes, Bahia, Diamantina (Brésil).

Fergasonite (Tyrite, Bragite, Yttrotantalitebrun). — Colombotantalates de terres yttriques, avec des terres cériques, de Turane, du thorium et du zirconium. — P. S. = 5,7 à 5,8. D. = 5 à 6. — 27 à 46 p. 100 de terres yttriques. -j— Hampemyr(Arendal), Ytterby (Norvège), Silésie, Groenland, Massachusets, Texas, Nouv. — Caroline.

Polycrase (Euxénite). — Colombates d*yttria renfermant de la thorine et des terres cériques, — P. S. = 5 à 5,2. — D. =]5.5. — ^De 20 à 35 p. 100 de terres

IIS^HS

STXXTQ

*ct O

lO

aHixoHax

CO

xuaiiHTiiTX

00 lOO

es 00

lO C--

aaHTO aa

• • -sas

iOO

ixiaosaouii

CO

eo 00 CT

loco r^

a^TH aa

ÇO «et *ct

en >

1 axiovHa f

OOCO «

^es o

iTQiiaiiv

loeooo O

CO

eo

o> r^io io

lO

s^Hd aiiax

O os «H « '^

aa axiHix

CO

*ct

os

CO o *«t

CO

CO

OOiCO

CO

oaaom

àO O '-'

es

i Il

«O eococo 00

es

Oico '-•es M

ir

mJ

' aovaxxiH

• ^ fi ç: Î5 S S S

*ctçO CI o O

ir.

os

es

lO ^fl" QO «^t CO

Oi 00 CO

vfl-

àO 00 CO r-» CO

t-^ lO o

oHvn

►-• i>co o ►-•

CO

^îî »H M

es

CsiO Ci

àO

os

CO « o-

lO

«TfiiaHOH

iO c^ CO es

CO

o CO ^^co cj

►-I lO

CO l> t^

CT O-àO «o Ci

OiCO OO

' aovaxxiH

Page 1