ALLUMETTES CHINOISES
(Cierges servant à mesurer le terrtps.)
Les allumettes, connues sous ce nom en France, sont formées de petites baguettes qui se consument lentement, sans flamme, en dégageant une odeur aromatique agréable. En Chine, on les fait brûler dans les pagodes pendant les cérémonies religieuses; les lidèles se groupent en foule autour des statues de leurs divinités et placent, en signe d’hommage, dans des vases de bronze que l’on rencontre toujours dans les pagodes, quelques-unes de ces soi-disant allumettes, après y avoir mis le feu, de même que chez nous ou brûle «les cierges dans les églises*. Des allumettes du même genre sont quelquefois aussi roulées en spirales d’une grande longueur, et les marchands de tabac les font brûler à leur porte pour offrir du feu aux fumeurs qui passent dans la rue.
Quelques voyageurs prétendent que ces matières combustibles se fabriquent au moyen des produits extraits de la liente des chameaux ; ce fait ne nous paraît pas exact. Nous avons visité plusieurs fabriques d’allumettes, dans le nord et
1. Dans les articles sur le régime alimentaire nous avons admis que la livre chinoise correspond à 604 grammes.
D’après le Chinese commercial Guide et d'autres auteurs, la livre chinoise = 600 grammes.
Nous avons indiqué ce nombre dans les poids et mesures au commencement do l’ouvrage.
2. Cet acte de dévotion, qui date d'une époque très-reculée, s’est pratiqué et s’est conservé jusqu’il nos jours dans la plupart des religions anciennes
dans le midi de la Chine, et les substances que nous avons vu employer sont essentiellement formées de bois résineux, réduits en poudre agglutinée à l aide d’une solution de colle. On additionne parfois la pâte ainsi formée, de feuilles résineuses très— d i visées qui activent la combustion de la baguette.
Suivant sa dimension, l'allumette est formée de toutes pièces de cette matière pulvérulente agglutinée, ou constituée par un morceau de bois entouré de la substance inflammable. Ces allumettes, colorées à l’aide de bois de teinture, sont parfumées au moyen de résines odorantes.
On fabrique en Chine des sortes de cierges très-curieux qui peuvent remplacer jusqu’à un certain point les appareils destinés à mesurer le temps; nous avons rencontré par hasard, chez un marchand, ces produits qui ont vivement excité notre attention.
Ces matières combustibles ont la forme de cylindres de 50 à (50 centimètres de longueur; leur surface extérieure est divisée par des bandes de papier doré équidistantes. On enflamme un de ces cylindres à sa partie supérieure après l’avoir fixé dans une position verticale? il brûle lentement, et la matière met un temps déterminé pour se consumer jusqu’à la première bande de papier doré. La combustion continue avec une certaine régularité, et la hauteur du cylindre diminue proportionnellement au temps : on pourra donc calculer le nombre d’heures ou de minutes écoulées depuis que le cylindre brûle, en comptant le nombre de bandes de papier qui ont disparu sous l’action du feu. D’ailleurs les montres sont aujourd’hui très-répandues en Chine, et le système d’horloge que nous décrivons n’est que très-rarement usité.
Les espèces d’allumettes que nous venons de mentionner, ne sont donc pas généralement employées en Chine pour se procurer du feu. La véritable allumette, employée comme telle, se compose d’une feuille de papier de bambou roulée
sur elle-même ‘. Ce papier brûle au contact du feu et se consume entièrement comme de l’amadou; il ne donne de flamme que lorsque, avec la bouche, on dirige un courant d’air rapide et court sur le point en ignition. Ces allumettes sont employées par les fumeurs chinois, qui se servent de pipes de petite dimension ; ils les remplissent fréquemment de tabac, et pour éviter d’allumer du feu à tout instant, ils laissent brûler lentement leur allumette et ne l’enflamment que lorsque leur pipe est éteinte. Cela fait, à l’aide d’un souffle plus énergique, ils arrêtent la flamme, sans cependant éteindre l’allumette qui continue à brûler lentement, et qui est toute prête à s’enflammer de nouveau au moment voulu. Cette petite manœuvre du fumeur nécessite quelque habileté.
A n TIC LES DIVERS DE DROGUERIE.
(Ambre.)
On trouve en Chine plusieurs qualités d’ambre; celui qui se rencontre dans le pays des barbares de t Ouest est d’une couleur pâle, il est brillant et translucide ; celui qui provient des contrées méridionales est d’une couleur foncée, et d’une faible transparence ; celui qu’on récolte en Corée et au Japon est rouge et d’un aspect analogue à la résine. Quelques échantillons d’ambre renferment dans leur substance des insectes ou des végétaux (le texte chinois porte, de petites branches de pins) ; ils sont généralement trèsestimés. Les auteurs chinois paraissent être assez indécis sur les caractères des variétés distinctes de l’ambre; ils définissent cependant trois espèces tpi’ ils appellent : ambre d’or,
1. En traitant de la fabrication du papier, nous avons indique en détail la méthode employée pour obtenir le papier de bambou.
ambre d'argent, ambre de cire. Nous ne nous étendrons pas sur cette question qui n’offre du reste qu’un intérêt médiocre.