TCHANG-NAO
(Camphre.)
Le camphre s’extrait du Imums Camphora , arbre qui croît en abondance dans les provinces du Kouang-tong et du Fo-kien ; il est blanc et d’une assez grande pureté. Il s'applique principalement à divers usages médicinaux.
Pour extraire le camphre, on commence par couper en menus fragments le bois frais du camphrier, et on le laisse tremper dans l’eau pendant trois jours et trois nuits. On soumet le liquide à l’ébullition en ayant soin de l’agiter constamment; quand il est réduit de moitié par l’évaporation, on arrête l’opération, on enlève les impuretés rassemblées à la surface, et le camphre se dépose par le refroidissement. Pour s’assurer que la liqueur est suffisamment concentrée, les ouvriers y plongent un morceau de bois qui doit se recouvrir immédiatement d’un couche blanchâtre.
Le camphre du Laurus Camphora, est le plus important par ses emplois multiples. Pour le purifier, on emploie le procédé suivant :
On réduit en poudre fine de la terre prise dans un vieux mur (les habitations chinoises sont généralement bâties en terre argileuse mélangée de pierre et de sable) et on la place au fond d’une chaudière en cuivre. On dispose, au-dessus de ce lit de terre, une couche de camphre émietté, que l’on recouvre d’une nouvelle couche de terre; on achève de remplir la chaudière, avec des couches alternatives de camphre et de terre. On place sur le vase de cuivre qui renferme la matière un autre bassin de cuivre de même volume et on lute soigneusement les joints avec de l’argile. On chauffe le tout à une
douce eluilcur; on doit prévoir à l’avance la température nécessaire et la durée de l’opération. Sous l’action de la chaleur, le camphre se volatilise et se condense à l’état de pureté, dans le vase supérieur qui joue le rôle de récipient. On peut obtenir du camphre très-blanc et tout à fait pur, en le sublimant de la même manière à deux ou trois reprises différentes. I.e camphre est souvent employé pour préserver des insectes les vêtements ou les étoffes, mais, dans ce cas, on se contente du camphre brut, souvent coloré en jaune ou même en brun par des matières étrangères.