‹ Industries anciennes et modernes de l'empire chinoisChapitre 103 sur 115 · METHODE D'ÉLEVAGE DES POISSONS · texte numérisé non relu

METHODE D'ÉLEVAGE DES POISSONS

Les Chinois sont assez habiles dans l’art d’élever les poissons, et ils emploient des méthodes diverses suivant les circonstances et les climats. En général, ils choisissent un terrain, ombragé par des arbres d’une certaine nature, qui interceptent les rayons solaires, et contribuent à maintenir à une basse température l’eau du lac ou de l’étang où sont élevés les poissons.

On creuse dans la terre un étang artificiel d’une faible profondeur et d’une étendue variable ; quelquefois deux réservoirs sont établis «à proximité l’un de l’autre et réunis par des canaux qui permettent de mélanger leurs eaux. Les parois des réservoirs sont garnies de terre glaise, et on plante aux alentours des arbres, dont l’ombre, à ce qu’il paraît, est recherchée des carpes et des truites qu’on élève.

On pèche dans les rivièresdes poissons à l’aide de filets, et on choisit les mâles et les femelles de belle apparence, on les transporte dans les étangs artificiels, en ayant soin d’y mettre plus de femelles que de mâles. Ces poissons reçoivent chaque jour leur nourriture, essentiellement composée de certains herbages; on leur jette encore des boulettes particulières faites avec un mélange de terre glaise et de fumier.

L’eau du réservoir est fréquemment renouvelée, et pour changer facilement le liquide, on fait passer les poissons d’un des étangs dans l’autre, ou bien on les recueille dans des baquets, jusqu’à ce que l’eau ait été renouvelée et remplacée par de l’eau fraîche.

Pour que les poissons prospèrent, il est nécessaire que les étangs où ils vivent soient bien garantis des rayons solaires par l’ombre de saules des marais; on a quelquefois l’habitude de creuser plusieurs réservoirs les uns à côté des autres.

de planter une grande quantité de res arbres sur leur rivage, et de ne faire arriver dans les réservoirs l’eau et les poissons (ju’au moment où des branches touffues se sont développées. Sans cette précaution, les arbres pourraient dépérir, et, comme il ne serait pas possible de les remplacer rapidement, les poissons mourraient faute de l’ombre qui leur est nécessaire.

Pour engraisser les poissons, on sépare souvent les mâles des femelles, en les plaçant isolément dans des viviers-, on les nourrit avec des pommes de terre, des pois cuits, du pain, des racines pourries, de la fiente de cheval, et une quantité d’autres résidus.

On ne commence pas toujours l’élevage des poissons dans les grands bassins dont nous avons parlé, et quelquefois on les conserve au préalable dans de petits viviers, jusqu’à ce qu’ils aient acquis le développement voulu.

Les Chinois produisent et recueillent encore de beaux poissons par un autre procédé très-usité. Vers le mois de mars, ils pèchent des petits poissons dans leurs fleuves, et les conservent dans des filets aux mailles serrées qui restent plongés dans l’eau, jusqu’au moment où les poissons sont parvenus à un degré de croissance suffisant. On les recueille alors et on les place dans des seaux, que l'on transporte quelquefois à de grandes distances à l’aide d’un bâton tenu sur l’épaule, et supportant le seau à ses deux extrémités.

On voit par tous ces faits, que la pisciculture est un art très-répandu en Chine ; les Chinois ont étudié l’élevage des poissons depuis une époque très-reculée, et ils nous ont devancés de plusieurs siècles dans cette industrie.

PROCÉDÉ EMPLOYÉ A PÉKIN POUR PRÉSERVER LES PIGEONS DE L’ATTAQUE DES OISEAUX DE PROIE.

Quand on se promène aux environs de Pékin, on est fréquemment surpris par un bruit de sifflements aigus et prolongés, qui excite d’autant plus l’étonnement que rien ne peut en expliquer la cause, si ce n’est une nuée de pigeons qui traversent le ciel ; le concert de sifflets diminue d’intensité à mesure que ces oiseaux s’éloignent, et on est alors tenté de l’attribuer au chant particulier de ces messagers ailés. 11 n’en est rien cependant; ce bruit strident, tout artificiel, est produit par des sifflets attachés à la queue des pigeons, et ces instruments fonctionnent par le déplacement de l’air, en produisant un vacarme peu harmonieux qui effraye et tient éloignés les oiseaux de proie. Les sifflets employés à cet usage sont fabriqués avec des courges, ou avec des petits morceaux de bambou superposés; ils forment un tuyau dans lequel on ménage des ouvertures à l’aide de lamelles ténues, et quand l’air s’y engouffre, il est soumis à une série de vibrations qui se traduisent par des sons différents. Ces instruments sont très-légers,. et ils ne pèsent pas plus de quelques grammes; on les attache à la naissance de la queue des pigeons, au moyen de fils. Quand l’oiseau vole, le courant d’air déplacé traverse le sifflet et produit par son mouvement de vibration une série de sons rapprochés, que l’oreille perçoit comme un sifflement sans intermittence. Le chef de bande des pigeons, celui qui marche en tète de là troupe ailée, est plus spécialement pourvu de ce tuyau sonore. Ces sifflets sont très-bien fabriqués par les Chinois et ils sont garantis de la pluie ou de l’humidité par une couche de vernis solide.

Le procédé ingénieux que nous venons de décrire est usité dans un grand nombre de régions du Céleste Empire.

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