‹ Industries anciennes et modernes de l'empire chinoisChapitre 20 sur 115 · FER. — FONTE. — ACIER · texte numérisé non relu

FER. — FONTE. — ACIER

I/empire chinois renferme beaucoup de minerais de fer; ceux que l’on exploite sont de deux espèces distinctes :

1° Minerai nommé fer en mottes ( peroxyde de fer hydraté ) ou fer d'aigle : il se présente sous forme de rognons volumineux, friables, se réduisant en poussière par le choc ;

2° Minerai de fer oxydé limoneux : on le trouve dans les prairies à l’état de sable ; il s’extrait de la terre, pour ainsi «lire, au moyen de la charrue.

Dans certaines provinces, comme celles du Chan-si ou de Pe-tche-li, on ne trouve que du fer en sable ; dans d’autres, au contraire, telles que celles du kiang-sou et du Fo-kien, on ne rencontre que du minerai en rognons; il est rare que la même contrée renferme à la fois les deux sortes de minérai.

La province de Chan-si est la plus riche en fer; l’exploitation s’y exécute sur une grande échelle, comme dans le kiang-nan.

(Les procédés employés par les Chinois depuis un temps immémorial pour le traitement des minerais sont analogues à ceux qu’on emploie en Europe depuis deux siècles seule-

ment; nous allons les passer en revue, en examinant par quelles méthodes la fonte extraite du minerai est transformée en fer malléable, ou en acier *. Nous ne devons pas oublier que les arts industriels en Chine, comparés à nos grandes exploitations européennes, sont encore dans un état primitif; et si les principes (les opérations ne différent pas de ceux que nous mettons en jeu, les appareils employés sont toujours d’une étonnante simplicité. Les fourneaux sont d’une construction beaucoup moins régulière, moins soignée, que chez nous, et la fabrication ne peut jamais approcher du degré de précision qu’on obtient en Europe. 11 n’y a pas lieu, du reste, de s’étonner de cette supériorité de notre industrie sur celle de la Chine; tandis qu’en Europe, la science guide d’une main sûre toutes les opérations des arts métallurgiques et les conduit, par une voie certaine, vers un but déterminé, dans l’extrême Orient, au contraire, la pratique n’est jamais doublée de la théorie, et de vieux usages, d’anciennes traditions, sont les seuls guides du fabricant. Le . progrès paraît être inconnu en Chine; on y fait aujourd’hui ce qu’on y faisait jadis, et les résultats d’une industrie, qui pouvaient, à juste titre, passer autrefois pour merveilleux, sont actuellement bien au-dessous de ceux qu’obtient l’industrie européenne.) P. C.

Les mines de fer s’exploitent à ciel ouvert, au moven de machines simples et grossières; le minerai extrait est expédié vers les fabriques où il doit être traité.

Les fourneaux sont construits en briques réfractaires , avec de l’argile grasse mêlée de sel, et couvertes d’un enduit de même composition. Quand le four vient d’être construit, on le laisse longtemps sécher, on évite de le chauffer de

C L’acier indigène, surtout celui qui vient de Han-keou, est encore préféré par les Chinois aux aciers anglais. Sa valeur commerciale est deux fois plus considérable que celle de ces derniers. P- C.

suite, afin que la haute température qui doit s’y développer pendant les opérations métallurgiques n’y produise pas des crevasses en dilatant le ciment encore humide. A la partie inférieure des fourneaux, sont disposés des soufllets énergiques de grande dimension, que quatre ou cinq hommes font mouvoir ; un rapide courant d’air traverse ainsi le foyer, active la combustion , et développe la haute température nécessaire à la réduction du minerai. Pendant l’opération, on bouche avec un tampon d’argile un canal situé à la partie inférieure du fourneau, et quand le minerai est réduit et fondu , la matière en fusion s’échappe par cet orifice, qu’on ouvre au moment voulu.

Les fourneaux sont alimentés, soit avec du charbon «le bois, soit avec de la houille, combustibles qui, tout en développant la chaleur nécessaire, agissent comme agents réducteurs; on les emploie indifféremment , suivant leur prix de revient dans la localité où sont établis les fourneaux : ceux-ci sont remplis de minerai, et le charbon est disposé en couches alternatives; quelquefois, cependant, le combustible est amoncelé sur la grille, et recouvert d’une épaisse couche de minerai réduit en fragments. On enflamme le charbon, on active la combustion à l’aide de soufllets, et bientôt l’oxyde de fer est réduit par l’oxyde de carbone qui prend naissance.

On sait que les couches inférieures de charbon se transforment au contact d’un excès d’air en acide carbonique, qui fournit de l’oxyde de carbone en traversant la couche supérieure de combustible.

La fonte réduite se rassemble au fond du fourneau, et chaque jour on la recueille dans des formes de sable, en ouvrant le canal disposé à cet effet à la partie inférieure de l’appareil. La coulée refroidie est refondue, épurée et livrée au commerce.

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