ACIER
Pour obtenir l’acier, on prend le fer cru ( fonte provenant de la première opération ) et le fer cuit ( provenant de la deuxième opération ou qui a subi l’affinage), et on en forme des bandes métalliques d’une longueur de huit «à dix centimètres et d’une largeur de deux à trois centimètres. On les réunit au moyen de fils de fer, et on en forme des faisceaux que l’on introduit dans un fourneau en briques réfractaires ; on a soin de les placer entre deux couches de terre glaise, entourées de charbons incandescents. Sous l’influence de la chaleur, la fonte se liquéfie et vient arroser les bandes de fer cuit qui se transforme en acier ( l’acier se nomme en chinois fer arrosé). Cette opération exige une grande habitude de la part des ouvriers qui l’exécutent ; il faut avoir soin de bien régler la température, et de juger habilement du moment où le métal doit être retiré pour le soumettre au martelage.
Le martelage a pour but : 1° de rendre la masse métallique homogène; il est nécessaire, par conséquent, que le métal ait atteint le degré de malléabilité voulu ; 2° d’enlever, par le pilonage de la masse, les crasses, formées d’oxyde de fer et de scories.
Le martelage se fait à plusieurs reprises, tant que la matière possède encore un degré de viscosité suffisant.
On prépare encore l’acier en soumettant la fonte à la fusion, et en y incorporant une certaine quantité de fer. Quand elle est arrivée à la température voulue, lorsque le
mélange des deux substances est intime, c’est-à-dire lorsque le fer et la fonte se sont unis pour produire de l’acier, il faut se hâter de retirer la masse du fourneau.
Les Chinois emploient l’acier pour fabriquer des couteaux, des pointes de flèches, et divers autres objets qui exigent une grande dureté. Ils savent préparer l’acier trempé: ils font rougir les pièces d’acier, et les plongent dans diverses huiles. L’acier trempé dans ces huiles est plus dur que l’acier trempé dans l’eau. L’opération de la trempe se fait à des températures variables; elle se répète un nombre de fois différent, suivant la nature et la qualité du métal qu’il s’agit d'obtenir.
(On sait que la fonte, le fer et l’acier diffèrent par les quantités de carbone qu’ils renferment; la fonte en renferme des quantités notables, le fer n’en contient que des traces; la combinaison de ces deux corps fournit donc un métal nouveau, l’acier, qui renferme une quantité de carbone intermédiaire. Il est probable que ce principe est la base du procédé chinois que nous venons de décrire, mais cependant il serait imprudent d’énoncer une affirmation à cet égard ; la théorie de l’aciération n’est pas encore complètement établie ; nos savants les plus distingués lui donnent des causes diverses; ils ne sont pas tout à fait d’accord sur cette question intéressante, nous devons donc nous garder d’émettre à cet égard des opinions prématurées.
La méthode employée en Chine pour produire l’acier, ne diffère des méthodes européennes que par la forme des appareils, et par le détail des opérations; mais le même principe préside aux différents procédés. En effet, nos deux anciennes méthodes les plus usitées consistent, soit à carburer le fer en le chauffant longtemps en présence de charbon, de cendres et de sel, soit à décarburer la fonte par l’affinage, c’est-à-dire en brûlant, par l’action des scories et de l’air, une partie du charbon qu’elle renferme. Le mélange des deux matières
obtenues par les deux procédés fournit un acier particulier* connu sous le nom (Varier damassé.) P. C.
Quand la surface du fer offre des nœuds ( pailles ), on les fait disparaître en couvrant le métal d’une huile épaisse, et en le soumettant de nouveau à l’action d’une haute température. Les nœuds sont produits par l’interposition d’oxyde de fer dans les couches métalliques superficielles; l’huile en se décomposant fournit du charbon qui réduit l’oxyde, et la matière devient alors homogène.
Les textes chinois font mention de l’oxyde particulier (pie nous connaissons sous le nom (X oxyde des batti turcs ; ils disent que ce produit prend naissance au moment où les pièces de fer portées au rouge sont soumises au choc du marteau.
Quelques provinces de la Chine fournissent de l’oxyde de fer magnétique qui donne, au dire des auteurs, l’acier le plus estimé. Ce fait n’offre rien de surprenant; le minerai de fer magnétique est généralement d’une très-grande pureté; la fonte et le fer qui en proviennent doivent, par conséquent, fournir un acier remarquable par ses qualités.