‹ Industries anciennes et modernes de l'empire chinoisChapitre 24 sur 115 · ALLIAGES · texte numérisé non relu

ALLIAGES

Parmi les nombreux alliages dont se servent les Chinois, nous ne décrirons que les plus importants, en insistant parti- . entièrement sur quelques industries spéciales, telles que celles des tam-tams et des miroirs.

mi roi ns.

On lit dans le texte chinois : Le métal des miroirs est généralement formé de cuivre et d’étain, alliés en proportions égales; à la surface de la plaque métallique, ainsi composée, on produit un amalgame par l’addition de mercure, et on obtient par le frottement une plaque polie qui rellète les rayons lumineux. Autrefois (de 713 à 7 /il), sous le règne des Thang, on fabriquait les miroirs destinés au palais impérial avec de l’argent et du cuivre, et on leur donnait le brillant avec de la poudre de cinabre.

(Les miroirs sont d’un usage très-commun en Chine; ils sont l’objet d’une industrie importante, aussi croyons-nous qu’il n’est pas sans intérêt de compléter les documents succints du livre chinois par des détails que nous avons pris soin de recueillir en Chine.

Les Chinois se servent quelquefois de miroirs analogues aux nôtres; ils prennent des plaques de verre sur lesquelles ils appliquent des feuilles minces d’étain, et ils forment ainsi une surface réfléchissante. Ces miroirs sont généralement peu

estimés et on leur préfère les miroirs métalliques; il faut ajouter toutefois que le cristal est pour ainsi dire inconnu dans le Céleste Empire. Les verres étamés ne sont jamais complètement plans ni unis, ils déforment les* objets qu’ils . reflètent et en donnent des images complètement dénaturées.

Les miroirs les plus répandus sont formés d’une plaque métallique bien polie, qui est douée, quand elle vient d’être fabriquée, d’un très-bel éclat et d’une grande puissance de réflexion. Les Chinois et les Japonais surtout attachent une grande importance à la fabrication des miroirs, et y apportent les plus grands soins.

Pour confectionner ces objets de luxe, on commence par fondre des plaques métalliques carrées ou rondes, de dimensions variables, suivant le prix et la qualité de l’objet que l’on veut obtenir.

Nous avons analysé, avec le concours de M. Pellet, l’alliage employé dans la fabrication des miroirs. Voici quelle est sa composition :

Cuivre 50,80

Étain. 46,50

Zinc. 30.50

lMomb 2,20

Les plaques sont quelquefois fondues et coulées dans des moules portant en creux des caractères qui apparaissent en relief sur le dos des miroirs. Les Chinois et les Japonais sont, du reste, très-habiles dans les diverses opérations de la fonte des métaux; ils n’ont à leur disposition ni machine à vapeur, ni laminoir, mais ils suppléent d’une manière très-ingénieuse aux imperfections de leur matériel. Ils préparent leurs moules avec une grande habileté, et savent former des plaques très-minces avec les métaux qu’ils veulent employer.

* Go

La pièce métallique, une fois fondue, est râpée et limée jusqu’à ce que sa surface soit parfaitement dressée; on procède alors au polissage. On commence par frotter la surface bien unie avec une poudre analogue à notre émeri, et on termine l’opération avec des morceaux de charbon «le bois mouillés. Quand le métal est suffisamment poli, on y applique un amalgame qui présente, d’après nos analyses, la composition suivante :

Etain GO. 36

Plomb 0,64

Mercure. . . . * 30,00

On étend l’amalgame au moyen d’une peau sur la plaque métallique et on frotte énergiquement pour opérer la combinaison des éléments en présence et pour chasser l’excès de mercure. .

La qualité du miroir dépend du soin qui a présidé à son polissage, de l’homogénéité des surfaces et du temps plus ou moins long pendant lequel on a frotté la surface amalgamée. Des ouvriers habiles fabriquent quelquefois des miroirs remarquables qui reflètent très-nettement les objets sans les déformer.

Les miroirs ainsi préparés sont généralement montés sur des pieds en bois sculpté, et on les place dans les chambres de réception. Leur surface réfléchissante se ternit «mi quelques mois, sous l’influence des émanations sulfureuses, mais elle reprend ses propriétés par un nouveau polissage.) P. (’..

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