‹ Industries anciennes et modernes de l'empire chinoisChapitre 42 sur 115 · VKRMS I) F, CHINE HT DU JAPON · texte numérisé non relu

VKRMS I) F, CHINE HT DU JAPON

(Tlisi.)

(L’arbre que les botanistes désignent sous le nom de Rus vcrnicifera est très-répandu en Chine et au Japon; il oITre un intérêt particulier en raison «les produits qu’il fournit, et que les habitants de l’extrême Orient savent transformer en vernis de qualité remarquable. On sait en elïet que les vernis chinois ou japonais semblent l’emporter par des propriétés spéciales sur tous les produits analogues de notre industrie.)

A une certaine époque de l’année, on pratique une incision à la partie inférieure du tronc de l’arbre à vernis on adapte un tuyau de bambou dans la cavité ainsi formée, et il s’en écoule bientôt un liquide visqueux, qui sert directement au vernissage des meubles.

Presque toutes les provinces de la Chine produisent des vernis analogues en très-grande abondance, mais les vernis préparés au Japon sont toujours beaucoup plus estimés.

Il existe plusieurs variétés distinctes d’arbres à vernis qui diffèrent par leur aspect et par la matière qu’ils produisent. Le suc ou le vernis de ces arbres offre une couleur qui varie entre le noir et le jaune plus ou moins foncé.

Il agit très-énergiquement sur la peau, et les vapeurs qu’il émet sont très -caustiques; les ouvriers (pii le recueillent doivent prendre des précautions minutieuses pour éviter tout contact avec une substance capable de produire de vives brûlures ou des ulcérations très-douloureuses.

Pour essayer le vernis japonais, on y plonge un morceau de bambou qu’on laisse sécher à l’air. Si le liquide s’évapore rapidement en abandonnant une matière noirâtre, il peut être considéré comme de bonne qualité.

Le vernis chinois ou japonais est parfois employé en médecine.

(Le vernis chinois est d’un prix très-élevé et nous en avons acheté à Han-keou une assez petite quantité moyennant 3 piastres (15 fr. environ) ; son action sur la peau est extrêmement énergique et les vapeurs qu’il émet sont très-dangereuses; quand elles agissent même pendant peu de temps sur les mains ou sur la ligure, elles déterminent des irritations violentes, produisent des tuméfactions souvent suivies d’un douloureux érysipèle. Elles agissent surtout sur là figure, et le gonflement des joues ou des paupières est une des premières conséquences de leur action. Nous avons étudié ce produit dangereux dans un laboratoire des Arts et Métiers, et MM. Lhôte et Pellet, qui ont bien voulu nous prêter leur concours dans ces recherches, ont eu les mains et le visage très-gravement attaqués par ces vapeurs corrosives; l’un d’eux fut même assez gravement incommodé pour être obligé de garder le lit pendant quelques jours.

Parmi les moyens les plus efficaces que nous avons employés pour prévenir l’action des vapeurs du vernis chinois, nous mentionnerons celui qui consiste à se frotter les mains et le visage avec une huile épaisse tenant du camphre en dissolution.

Les ouvriers chinois qui travaillent ce redoutable produit sont quelquefois forcés, après de nombreuses tentatives, d’abandonner une besogne qui compromet leur santé; il en est quelques-uns cependant, doués sans doute d’une constitution exceptionnelle, qui s’accoutument aux exhalaisons du vernis, et sont, en quelque sorte, inaccessibles à son action corrosive

Le vernis naturel s’emploie suivant les usages auxquels on

I . Nous tenons ces renseignements d’un fabricant de meubles de Ning-po.

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le destine, soit directement, soit après avoir subi une cuisson, soit enfin mêlé à des huiles siccatives et à des matières colorantes (noir de fumée, vermillon, etc.) P. C.

Il est surtout appliqué à la fabrication des laques.

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