‹ Industries anciennes et modernes de l'empire chinoisChapitre 47 sur 115 · I. Extrait de l’ouvrage intitule : Sony-chi- Isa-pou · texte numérisé non relu

I. Extrait de l’ouvrage intitule : Sony-chi- Isa-pou

dans le quatrième mois, on en verra sortir de nouveaux insectes à cire.

Lorsqu’on a recueilli la cire, on la fait d’abord sécher au soleil. Puis ou couvre avec une toile l’ouverture d’un vase de terre, et l’on dépose la cire sur celte toile. Ensuite on place ce vase dans un chaudron de métal rempli d’eau bouillante. Bientôt la cire fond et tombe dans le vase de terre. Par le refroidissement elle durcit et offre une parfaite blancheur. Dès ce moment, elle est propre a faire des bougies. Quant aux parties les plus grossières, on les met dans un sac de soie que l’on jette dans l’huile bouillante. La cire pure se fond entièrement et se combine avec l’huile. On peut l'employer immédiatement à fabriquer des bougies.

Lorsqu’on a élevé pendant trois ans sur un arbre des insectes à cire, il convient de le laisser reposer pendant trois autres années.

L’arbre Choui-long-tsing (le Tong-tsing des lieux humides), qui a de petites feuilles, est très-avantageux pour l’élève des insectes à cire.

Dans les pays de Pu et de Chou (qui dépendent de la province du Ssé-tehueu), on ne sème les graines de cet arbre (' Tong-tsing ) qu’ après les avoir fait tremper dans l’eau de riz pendant une dizaine de jours, et en avoir ôté la capsule (le péricarpe). Après une première éducation, on coupe l’arbre près du collet, et l’on y place «le nouveau les insectes lorsqu’il a poussé des jets vigoureux. Lorsqu’un arbre a nourri ces insectes pendant une année, on le laisse reposer l’année suivante. Pour recueillir la cire, il est nécessaire de couper toutes les branches de l’arbre. On ne doit laisser aucun vieux rameau, c'est-à-dire aucun des rameaux qui ont nourri des insectes à cire.

La cire blanche d’insectes ne ressemble point à la cire blanche des abeilles. Elle est produite par de petits insectes qui se nourrissent du suc de l'arbre Tong-tsing [Ugustrum

glabrum ), et longtemps après le convertissent en une sorte de graisse blanche qui se répand et s’agglutine sur les branches de l’arbre. Il y a des personnes qui s’imaginent faussement que cette matière est une déjection de l’insecte.

Quand l’automne est venu, on enlève la cire en raclant les branches, on la fait bouillir dans l’eau et on la passe dans un filtre d’étoffe.

Ensuite on la met dans l’eau froide où elle se fige et forme une masse solide. Si on la brise, elle présente des veines brillantes et diaphanes comme la pierre blanche appelée chi-kao {stéatite). Si on la mêle à une certaine quantité d’huile, elle fournit des bougies qui sont bien supérieures à celles de cire d’abeilles.

Observation . — Suivant Siu-konany-ki, les bougies faites avec la cire pure (Y insectes à rire , sont dix fois plus avantageuses que les bougies ordinaires.

Si l’on y mêle un centième d’huile, elles ne coulent pas. C’est pourquoi cette espèce de bougie est devenue d’un usage général. Les arbres à cire se cultivent en grand nombre sans nuire aucunement à l’agriculture 1 .

Insectes a cire*. — Les insectes à cire sont d’abord d’une très-petite dimension. Après l’époque appelée mangtchong (5 juin), ils grimpent aux branches de l’arbre, se nourrissent de son suc et laissent échapper une sorte de salive. Cette liqueur s’attache aux branches, et se change en une graisse blanche qui se condense et forme la cire d’arbre. Elle a l’apparence du givre. Après l’époque appelée tchou-chou (23 août), on l’enlève en raclant et on l’appelle alors la-tcha , c’est-à-dire sédiment de cire.

Après l’époque appelée pe-lou (7 septembre), cette cire se trouve agglutinée si fortement à l’arbre qu’il serait

I. Extrait de l’ouvrage intitulé: Pen-tsao-lou'i-pien. i. Extrait du Pen-lsao-kang-mou.

fort difficile de l’enlever. On fait fondre cette matière et on la purifie en la passant dans une sorte de filtre en étoffe. Quelques fabricants la liquéfient à la vapeur et la font écouler dans un vase. Lorsqu’elle est figée et réunie en masse, elle forme ce qu’on appelle la cire d’arbre.

Quand. les insectes sont petits (c’est-à-dire viennent de naître), ils sont de couleur blanche. Lorsqu’ils ont produit de la cire et qu’ils ont atteint leur vieillesse, leur couleur est rouge et noire. Ils se rapprochent entre eux et s’attachent par paquets aux branches des arbres. Dans le commencement, ils sont gros comme des grains de millet et de riz ; dès que le printemps est venu, ils croissent peu à peu et deviennent gros comme des œufs de poule'. Ils sont de couleur violette et rouge. Ils se tiennent par grappes et enveloppent les branches; on dirait que ce sont les fruits de l’arbre.

Lorsque cet insecte est sur le point de pondre, il se forme une coque (littéralement une maison) qui ressemble aux loges des mantes qu’on voit sur les mûriers. Cette coque s’appelle communément ïui-tchony {cire-graine) , ou La-tseu {cire- fils). L’intérieur est rempli d’œufs blancs qui ressemblent à de petites lentes. On les trouve réunis par paquets qui en renferment plusieurs centaines. A l’époque appelée Li-hia (le 6 mai), on recueille ces œufs, on les enveloppe dans des feuilles de gingembre, et on les suspend à différentes distances aux branches de l 'arbre à cire.

Après l’époque appelée mang-tchong (après le 5 juin), les œufs éclosent et les enveloppes s’ouvrent. Les insectes à cire sortent en rampant et se cachent d’abord sous les feuilles; ensuite ils grimpent aux branches, s’y installent et préparent la cire. Il faut nettoyer avec soin la terre qui se trouve au-

1. Peut-être l'écrivain chinois a-t-il mal observé. Ce qu’il a pris pour l’insecte grossi n’est sans doute que la boule de cire agglomérée autour de lui. (Mole du traducteur .)

dessous de l’arbre, et empêcher que les fourmis ne mangent les œufs des insectes à cire.

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