‹ Industries anciennes et modernes de l'empire chinoisChapitre 54 sur 115 · HUILES DES GRAINES DE CHANVRE, ETC · texte numérisé non relu

HUILES DES GRAINES DE CHANVRE, ETC

Les graines du chanvre sont lentement torréfiées dans des chaudières en fonte, cylindriques, d’un diamètre assez considérable et d’une hauteur de quelques centimètres seulement; on a soin d’agiter la matière, afin de renouveler constamment les surfaces, pour éviter la destruction ou l’altération de la matière grasse sous l’action d’une chaleur prolongée.

Les graines ainsi torréfiées sont concassées et soumises à l’action d’un moulin que font agir des ouvriers; quelquefois cependant il est mis en mouvement à l’aide d’un manège conduit par un bulTalo. Les graines sont broyées dans une auge en pierre, doublée de plaques de fer, au moyen d’une meule qui, solidement encastrée dans une pièce de bois, peut être soulevée à différentes hauteurs pendant sa rotation.

Quand on traite les graines du cotonnier, on a recours de la même manière au moulin, seulement on sépare au moyen d’un tamis les graines qui n’ont pas été suffisamment écrasées, et on leur fait subir une deuxième opération; on les place sur un diaphragme à claire-voie disposé sur une chaudière au fond de laquelle on fait bouillir une certaine quantité d’eau.

La vapeur qui se dégage traverse la masse de la pulpe et en opère la cuisson; on arrête l’opération quand cette vapeur se dégage très-abondamment de la partie supérieure de l’appareil. Une fois la pulpe bien cuite, on en forme des pains que l’on entoure de liens d’osier ou de fils métalliques, et on la soumet en cet état à l’action du pressoir. Par ce procédé, on

peut agir sur une plus grande quantité de matière, tout en augmentant d’une manière sensible la force de pression. Il va sans dire que la quantité d’huile fournie par cette méthode est plus ou moins considérable suivant que l’opération est plus ou moins bien dirigée; le rendement est favorisé par la bonne disposition des pains dans le pressoir, et par leur formation rapide quand la pulpe est encore chaude. On peut, quand l’opération est terminée, écraser de nouveau les tourteaux, les faire cuire à la vapeur et les soumettre à une seconde pression. Par cette deuxième opération, on ne peut guère obtenir que la dixième partie de la quantité d’huile précédemment extraite.

Les graines de l’arbre «à suif ou de Thoung ( Paullownia impêrialis) ne sont soumises qu’à une seule pression, et on obtient ainsi toute la matière grasse quelles renferment.

L’huile contenue dans les graines de ricin et de Sou-ma (sorte de chanvre) s’extrait souvent par un autre procédé; les graines grossièrement concassées sont jetées dans de Peadque l’onsoumetà l’ébullition dans une chaudière pendant plusieurs heures. La matière grasse se rassemble peu à peu à la surface du liquide, et on l’enlève à l’aidé d’une cuiller. Comme elle est toujours mélangée d’une petite quantité d’eau, on la sèche dans une autre chaudière portée à une température supérieure à 100° centésimaux, et on l’enferme dans les vases où elle doit être conservée et expédiée. Ce procédé est loin d’être aussi favorable que celui du pressoir; la quantité d'huile obtenue est moindre, et sa qualité est inférieure.

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