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Stéalite ou pierre savonneuse (silicate de magnésie

DF L’KiM PI H F CHINOIS.

levier pour se replacer sur l’estrade, il détermine la chute du pilon dans le mortier. L’ouvrier se tient en équilibre à l’aide de tiges de bambou, fixées horizontalement aux murs du hangar où l’appareil est disposé, et qu’il ne cesse de tenir des deux mains. Cet appareil est usité dans une grande partie de la Chine, et nous l’avons vu fonctionner avec succès, pour écraser un grand nombre de graines et même des corps assez durs; il n’est pas possible cependant par ce procécé de frapper plus de 6 à 7 coups à la minute. Quelquefois on perfectionne ce système en accouplant deux leviers munis de pilons, à côté l’un de l’autre, et un homme peut les faire fonctionner ensemble, en appuyant alternativement ses pieds sur l’un et sur l’autre.) Planche vi. P. C.

L’action exercée par le pilon sur les graines de l’arbre à suif en détache le parenchyme charnu qui les recouvre; on sépare et on recueille ce parenchyme à l’aide d’un crible; on lui fait subir une deuxième cuisson, et on le soumet enfin au pressoir, comme pour les graines, dont nous avons parlé plus haut. Cette opération terminée, il reste encore à extraire l’huile contenue dans les graines qui ont été débarrassées de leur parenchyme. On emploie à cet effet un petit moulin en pierre dure, capable de résister à l’action du feu, et on l’entoure de charbons ardents; quand il est arrivé à la température voulue, on y écrase les graines en faisant rapidement tourner la meule; la matière se couvre bientôt d’une pellicule noirâtre qui est chassée par un ventilateur. Une fois l’opération terminée, les graines broyées sont introduites dans le pressoir après avoir été cuites à la vapeur, et elles fournissent une huile limpide d’une grande pureté. (Pl. vi.)

(L’huile de l’arbre à suif est employée pour l’alimentation, mais elle est surtout consacrée à l’éclairage; on la place dans une petite lampe, ou mieux dans une soucoupe de terre, dans laquelle plonge une mèche ; quand cette mèche est allumée, elle produit une lumière assez vive. On voit que cet

appareil élémentaire olïre de l’analogie avec nos veilleuses de nuit.)

La matière grasse extraite des parenchymes de l’arbre à suif sert à confectionner des chandelles; on fend longitudinalement un bambou cylindrique après en avoir extrait la moelle, on dispose une mèche dans son axe, et on réunit les deux moitiés séparées, à l’aide de cordes en osier. On obtient ainsi un moule cylindrique dans lequel on verse la matière grasse en fusion; quand elle est refroidie, on sépare les deux moitiés du cylindre et la chandelle est fabriquée. La matière adhère assez énergiquement au bois, et il faut avoir soin d’éviter cette adhérence, en laissant les moules s’imbiber au contact de l’eau, et en ne les employant que très-humides. Les moules en bambou sont fréquemment remplacés par des moules en carton qui fournissent identiquement les mêmes résultats.

Les corps gras que nous venons de mentionner ne sont pas les seules substances employées pour l’éclairage; les Chinois se servent pour cet usage d’une quantité considérable de cire d’abeilles. Cette substance se trouve dans le commerce, en Chine, sous forme de blocs carrés, et au Japon, sous forme de disques cylindriques de *2 centimètres d’épaisseur; mais la cire qui se trouve au Japon ne diffère en rien de celle que l’on rencontre dans le Céleste Empire.

Pour compléter l’énumération des matières combustibles servant à l’éclairage, nous devons mentionner encore la cire de Mo-la, ou cire d’arbre, qui est extraite des graines de l’arbre à vernis {fi us toxirodrndron), la graisse de bœuf et le spermaceti ou blanc de baleine; mais ces matières grasses ne " sont pas très-usitées, car elles dégagent par leur combustion une odeur très-désagréable, les Chinois ignorant les moyens de les purifier convenablement.

FABRICATION DES BOUGIES A Ning-po.

Les Chinois emploient deux méthodes d’éclairage distinctes. La première méthode consiste à faire brûler des huiles très-communes et très-peu coûteuses, dans des petits vases en porcelaine ou en fer, au moyen de mèches poreuses. Les mèches qui servent à cet usage sont formées de la moelle flexible d’une herbe marécageuse, dont la cuticule épidermique s'enlève facilement à la main. Cette plante est trèsabondante au bord des cours d’eau si nombreux en Chine.

Ce mode d’éclairage n’est guère employé que par les pauvres, ou, s’il esl usité quelquefois chez des habitants aisés, ce n’est que pendant la nuit, en guise de veilleuse.

La seconde méthode consiste à employer des bougies, qui, d’un prix assez élevé, sont presque uniquement réservées aux classes riches de la société chinoise. Ces bougies sont essentiellement formées d’une cire naturelle, connue en Europe sous le nom de suif végétal, unie à une quantité plus ou moins considérable de graisse animale, selon la valeur et la qualité du produit. On les fabrique au trempé; les mèches, suspendues en grand nombre àdes cadres de bois, sont plongées dans le bain de matière fondue, jusqu’à ce quelles se soient recouvertes de la quantité voulue de substance combustible.

Les mèches qui entrent dans la fabrication des bougies sont formées d’un petit roseau creux autour duquel on enroule une spirale de la moelle de l’herbe marécageuse, dont nous avons parlé précédemment 1 . Quand la mèche est

I. On emploie aussi pour cet usage des feuilles de papier poreux roulées en petits cylindres.

entourée d’une épaisseur suffisante de cire, c’est-à-dire quand la bougie est terminée, on la plonge quelquefois dans un bain de cire blanche de Pe-la. Fdle se transforme ainsi en un produit blanc considéré comme étant de qualité supérieure.

Cette cire de pé-la, sécrétée par un petit insecte trèsabondant dans la province de Sse-tchuen, se rencontre généralement sur les branches du frêne. L’insecte à cire, le Coccus-pela , dépose une matière blanche à l’extrémité des branches, et il en produit quelquefois des couches d’une assez grande épaisseur. Les Chinois recueillent ces branches, et ils les entassent dans des chaudières en fonte remplies d’eau bouillante; la cire qu’elles renferment entre en fusion, se rassemble à la surface du liquide, et y forme un gâteau qui est séparé après son refroidissement et sa solidification.

La cire de pé-la est quelquefois très-blanche ; quand on la casse, elle présente dans son intérieur un aspect lamelleux et brillant analogue à celui du spermaceti. Son point de fusion est à peu près le même que celui de la cire d’abeilles. La cire de pé-la est douce au toucher comme l’acide stéarique, et elle ne tache pas le papier.

Son point de fusion est de beaucoup supérieur à celui delà cire végétale employée à fabriquer les bougies, et les Chinois en font plus spécialement usage à l’époque des chaleurs de l’été. Les bougies confectionnées au moyen de cette substance sont d’un prix un peu plus élevé que toutes les autres, mais elles se préparent plus facilement, elles sont beaucoup plus propres aux usages domestiques, et la consommation en est assez considérable.

Les bougies chinoises sont tantôt blanches et tantôt colorées. A l’époque des fêtes publiques, on brûle en signe de réjouissance des bougies rouges, et les fabricants sont appelés alors à en produire de très-grandes quantités. Ils les pré-

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parent très-facilement, en plongeant des bougies blanches dans des bains de cire colorée en rouge par rorcanette. On les retire après quelques secondes d’immersion et elles sont recouvertes d’une couche mince d’une couleur rouge magnifique. L’orcanette épuisée, légèrement exprimée, est employée comme matière combustible.

Les bougies rouges sont les plus estimées en Chine; cependant on en fabrique aussi de bleues et de vertes par un procédé semblable. On incorpore par le brassage, dans le bain de cire, certaines matières minérales diversement colorées, qui proviennent généralement de Canton.

Les bougies ainsi colorées ne sont pas directement livrées au commerce; elles passent auparavant entre les mains d’ouvriers spéciaux qui en découpent l’extrémité supérieure et dégagent la mèche, cachée sous une couche de matière colorante.

Les bougies chinoises n’ont pas tout à fait l’aspect de celles que nous employons; la mèche de roseau n’est pas coupée à ras à leur base inférieure, mais elle la dépasse au contraire de quelques centimètres. Cet appendice sert à piquer la bougie sur les flambeaux de fer dont se servent les Chinois; ces flambeaux sont toujours munis d’une pointe de fer, et la bougie peut brûler jusqu’à la dernière limite, sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours aux brûlé-tout quelquefois usités en Europe. Les habitants du Céleste Empire sont, du reste, très-généralement économes, et ils s’efforcent toujours de tirer un bon profit des matières qu’ils emploient.

Les bougies dont nous avons décrit la fabrication sont toujours bien inférieures à celles que nous produisons; elles brûlent en dégageant une odeur très-désagréable, leur lumière n’est pas très-éclairante, leur flamme est un peu fuligineuse; elles coulent très-facilement, et il faut constamment les moucher comme des chandelles; la mèche brûle

très-incomplètement, et se transforme en un résidu charbonneux qui nuit à l’éclat de la lumière.

Les Chinois, qui ignorent complètement nos procédés de fabrication des bougies stéariques, se plaignent de ces nombreux inconvénients, et ils seraient heureux de pouvoir employer un mode d'éclairage plus avantageux. Les bougies jouent un certain rôle dans l’extrême Orient; il n’est pas de fête où elles ne soient employées, et à l’époque du jour de l’an, on en consomme des quantités considérables; les diverses cérémonies religieuses du culte de Bouddha s’exécutent, enfin, à la lueur de nombreuses bougies qui sont alors couvertes de maximes formulées en lettres dorées 1 2 .

Les bougies se donnent souvent à titre de présent, mais elles atteignent alors des dimensions monumentales; elles sont couvertes d’inscriptions, et quelquefois travaillées et sculptées. On trouve dans le commerce, à Pékin, des bougies de cire de pé-la qui n’ont plus la forme d’un cylindre uni; elles sont moulées dans des formes spéciales, et couvertes de figures ou de personnages, qui leur donnent l’aspect de véritables objets d’art*.

Pendant un voyage que nous fîmes dans une partie de la Chine où les produits européens étaient presque inconnus, nous avions l’habitude de faire quelques présents aux Chinois avec lesquels nous étions en relation, et jamais cadeau n’avait plus de succès que les bougies stéariques de France; les mandarins eux-mêmes, à qui nous en avons donné, ne pouvaient modérer leur admiration, en voyant brûler ces bougies tout au long, sans qu’il fût nécessaire de les moucher

La graisse, le carbonate de soude et le soufre sont des

1. Pour écrire sur les bougies, on y trace d’abord les lettres à l’aide d’un pinceau imbibé de colle ou de gélatine, et on y applique des feuilles minces d’or ou do cuivre.

2. Les bougies de luxe atteignent quelquefois le prix de 400 à 160 $apesnes (60 à 66 centimes) et. môme plus.

produits abondants en Chine, et il serait cependant bien facile de fabriquer dans l’extrême Orient des bougies identiques aux nôtres, avec le concours de ces substances*. P. C.

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