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COLLAGE D II PAPIER

Le papier est collé de diverses manières, suivant ses usages; quelques papiers d’écorces d’arbres ou de plantes résineuses sont quelquefois collés naturellement sans qu’il soit nécessaire d’y ajouter aucune substance étrangère. Les Chinois, du resteront moins exigeants que nous sous le rapport de la blancheur de leur papier, qui est toujours beaucoup plus coloré que le nôtre.

Les habitants du Céleste-Empire connaissent plusieurs procédés pour coller le papier.

Ils font tremper dans de l’eau du riz gélatineux pendant 12 heures, et ils l’écrasent ensuite en y ajoutant une nouvelle quantité d’eau ; le liquide sirupeux ainsi obtenu est passé sur un filtre de soie et additionné de farine de pois oléagineux (Dolichos) qui renferme jusqu’à 16 0/0 d’huile. Le mélange, brassé soigneusement jusqu’à ce qu’il soit bien homogène, est chauffé jusqu’à l’ébullition; on y ajoute une petite quantité de cire jaune et d’alun, et on laisse refroidir quand l’action de la chaleur a été suffisamment prolongée. La colle est alors prête à être employée; on l’étend sur le papier à l’aide d’un pinceau et on la laisse sécher spontanément à l’ombre.

Dans quelques autres cas, on se sert de gélatine et d’alun, mais les Chinois prétendent que cette méthode est défec tueuse, qu’elle ne donne pas de bons résultats et qu’elle offre enfin l’inconvénient de restreindre le nombre des matières colorantes qu’on pourrait appliquer sur le papier. Ce mode de collage s’effectue de la manière suivante :

On pile des gousses noires de févier de la Chine ( Mimosa fera), on les fait tremper dans l’eau pendant 2 h heures, et on les soumet à l’ébullition. Le liquide obtenu est filtré et

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passé sur les feuilles de papier que l’on fait sécher à l’air : il ne reste plus qu’à y verser une couche d’alun et elles peuvent alors recevoir des matières colorantes.

Le collage des papiers se fait enfin quelquefois avec des sucs végétaux additionnés d’alun.

PAPIER SERVANT DE CARREAUX AUX FENÊTRES, PAPIER DESTINÉ AUX PARAPLUIES, ETC.

Les Chinois ne connaissent pas le verre, et leurs fenêtres sont closes avec une espèce particulière de papier spécialement employé dans le nord de la Chine. On choisit de préférence des papiers forts qui sont parfois d’un prix assez élevé. A Pékin on se sert de papier de coton. Ces papiers subissent une préparation préalable; on les soumet d’abord, après les avoir humectés, à l’action de la vapeur d’eau et on les couvre ensuite d’un enduit formé d’huiles de Stcrculia tomentow et de graines de chanvre mélangées de céruse eide graines décortiquées de ricin (Hicinus communia). On les roule autour d’un cylindre de bois et on les recouvre d’une seconde feuille de papier. Après cette opération, on les bat à coups de marteau, dans le but de bien étendre l’enduit, de le faire pénétrer uniformément dans toute la masse et d’éviter la formation de taches. Le papier ainsi préparé est très-solide, et il est appliqué contre les fenêtres où il joue le rôle de vitres.

Le papier destiné à garnir les parapluies se prépare d’une manière analogue. On mélange de l’huile de Sterculia tomentosa avec de l’huile de chanvre, de l’huile de croton ( Croton tigliuiri) et une petite quantité île farine. On applique cette composition sur le papier que l’on fait sécher. Les parapluies confectionnés avec ce papier résistent assez longtemps à l’ac-

tion de la pluie et du soleil, mais ils sont lourds et incommodes. On en fabrique cependant quelquefois qui joignent l’élégance à la solidité; on se sert alors de diverses espèces de papier d’écorce de Broimonelia papyrifcra.

l’ A PI K R D’ÉCORCE DE BROUSSONETIA.

D’après les textes chinois, c’est en général vers la fin du printemps que l’on enlève l’écorce de ces arbres. Quand ils sont vieux, on les coupe et on enfouit sous la terre le tronc qui dépasse encore le niveau du sol. L’année suivante, on voit croître de nouvelles pousses dont l’écorce est préférable à celle des anciennes tiges. On mélange généralement l’écorce de Broussonctia avec AO 0/0 d’écorce de bambou, et on fait bouillir le tout dans une eau additionnée d’eau de chaux, jusqu’à ce que la désagrégation de la matière soit bien opérée; on y ajoute quelquefois du chaume de riz. Le papier d’écorce île Browtsonetia se nomme en Chine papier de soie, parce que, lorsqu’il est déchiré, on voit apparaître des fibres blanches analogues à celles de cette dernière substance.

On emploie aussi pour le même usage l’écorce d* Hibiscus Basa sinemis et de mûrier; ce dernier papier sert encore à recueillir les graines de vers à soie.

Quand on veut fabriquer des papiers de grande dimension, il faut quelquefois deux ou trois ouvriers pour soulever les feuilles sans les déchirer. Les feuilles ainsi obtenues sont collées avec de l’alun quand elles sont destinées à la peinture, Cette opération a pour but, dans ce cas, d’empêcher les poils de papier de se hérisser et de gêner le peintre dans son travail. Ces feuilles sont couvertes de dessins tracés à l’aide île la plume ou du pinceau, et quelquefois elles se transforment en véritables objets d’art d’un grand prix.

Il existe au Japon des fabriques dans lesquelles les ouvriers ne se servent pas de formes; quand la pâte est terminée, ils chauffent sur un brasier une large pierre poreuse, et y appliquent une couche de pâte à papier au moyen d’une brosse, formée de pinceaux juxtaposés. La feuille ainsi formée est enlevée après dessiccation.

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