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FABRICATION DU THÉ NOIR AU JAPON

C’est encore à M.\l. Glover que nous devons des renseignements sur cette fabrication. Ces négociants, avant de se fixer au Japon , avaient déjà produit du thé noir en Chine, en suivant des procédés qu’ils ont bien voulu nous communiquer.

Les thés verts et les thés noirs se distinguent très-nettement entre eux ; tandis que les premiers ont simplement subi une cuisson plus ou moins prolongée, les seconds ont été soumis à une espèce de fermentation qui développe leur arôme, leur communique un goût particulier, et leur donne leur couleur noire ou brunâtre. D’après MM. Glover, des feuilles de même espèce peuvent se transformer indilïéremmerit en thé vert ou en thé noir; cependant, dans quelques provinces, les Chinois emploient des espèces spéciales pour chaque produit.

Pour fabriquer le thé noir, on achète aux cultivateurs les feuilles de l’arbre à thé légèrement séchées au soleil, et on les emprisonne dans des boîtes en étain fermées au moyen de couvercles. Dans ces conditions, la fermentation ne tarde pas à se produire, à cause de l’humidité que renferment encore les feuilles; l’opération se fait presque toujours, en outre, à l’époque des grandes chaleurs, et la haute température de l’air accélère la fermentation. Après dix ou quinze jours, on retire les feuilles de thé de leurs boîtes métalliques et on les traite dans des bassines, comme le thé vert. Après la cuisson, elles sont livrées au commerce.

MM. Glover nous ont appris que les Japonais ne savaient pas autrefois fabriquer le thé noir à Nagasaki ; mais ils leur ont enseigné la méthode employée en Chine. Depuis cette

époque ce thé est estimé au Japon, et quelques grands personnages le consomment actuellement et le préfèrent même au thé vert.

Thé en brique. — Dans la province du Hou-kouang, les Chinois fabriquent une espèce particulière de thé, appelé thé en brique, qu’ils produisent presque exclusivement pour les habitants du Nord et pour la Sibérie. Ce thé est formé par les résidus de fabrique, débris de feuilles de thé, poussière de thé de luxe; ces débris sont entassés dans des moules, et on les soumet aune pression considérable ; ils s’ «agglomèrent, et forment des briquettes solides de 20 à 30 centimètres de longueur sur 1 centim. 1/2 d’épaisseur. Le thé en brique a l’avantage de n’occuper qu’un petit volume et d’être trèsfacilement transportable. Quand on veut l’employer, on le gratte avec un couteau, et la poudre obtenue est mêlée à l’eau bouillante.

Dans certains cas, les Chinois font subir la même opération au thé vert de bonne qualité. P. C.

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