FABRICATION DU PAIN
Ces pains se«p réparent de la manière suivante : on délaye de la farine dans une quantité d’eau suffisante pour former une pâte très-longue qui est façonnée à la main sous forme de cônes. Les pains ainsi préparés sont placés sur des treillages en bambous, et soumis à la coction au milieu de la vapeur d’eau qui se dégage de chaudières en fonte.
Les pains soumis à ce genre de cuisson sont extrêmement aqueux et ont très-peu d’analogie avec les nôtres; néanmoins les Chinois estiment cet aliment, ils préfèrent toutefois de beaucoup le pain de froment au pain de maïs.
Voici quelle est la répartition des salaires des ouvriers dont nous nous occupons.
On donne à l’entrepreneur de maçonnerie 1 fr. 20 à 1 fr. 25 par homme. Sur cette somme il prélève le salaire quotidien,
c’est-à-dire 0 fr. 50; la différence est destinée à l’acquisition des outils importants et aux frais de nourriture. Quant aux menus instruments de travail, ils sont fournis par les ouvriers.
On peut évaluer à 0 fr. 40 la dépense journalière faite par le maître maçon pour la nourriture de chaque ouvrier; le bénéfice qu’il peut réaliser ne dépasse guère 20 à 25 centimes par homme.
Le maître des manœuvres reçoit 1 fr. par homme; le salaire de chacun d’eux est de 30 à 35 cent., les frais de nourriture sont de 40 cent.; le bénéfice du maître est donc à peu près de 25 cent.
Les ouvriers qui exécutent des travaux d’art reçoivent des rétributions plus importantes; les menuisiers et les tailleurs de pierre sont payés suivant leur degré d’habileté et de savoir-faire. Les tailleurs de pierre sont d’une grande dextérité, et ils sculptent des ornements avec une vitesse prodigieuse. Les matières premières qu’ils emploient sont généralement des briques argileuses et mal cuites.
La condition et la durée du travail varient avec la température et les époques de l’année. Les froids rigoureux paraissent agir vivement sur les Chinois; pendant l’hiver les
ouvriers tombent dans une sorte d’apathie et d’engourdissement, mais ils ne craignent pas cet état, et, tout au contraire, ils voient arriver avec plaisir la saison froide qui pour eux est une période de repos.