I.E TUN'GEXD-BUND
Marberg, les Pélopidas, les Thrasybules du Tyrol, c'étaient les braves frères \Voodel, fusillés depuis à Wesel, le 18 septembre de la même année; c'était l'aubergiste André Hofer, que je remarquai davantage, parce que je l'avais entendu nommer souvent chez le marquis de Chasteler, à l'occasion des événements de iSoS; et celui-là est si connu, que les impressions qu'il m'a laissées n'apprendraient rien à personne, si elles ne différaient un peu de celles que mes lecteurs ont pu prendre dans l'histoire. La célébrité des uns et des autres n'atteignit d'ailleurs à son apogée qu'un mois après le passage d'André Hofer à Trieste, c'est-à-dire à cette mémorable victoire des paysans, dont le Tyrol marque le glorieux anniversaire au 29 février.
J'avais bien formé quelques conjectures sur l'apparition du Samson de Passeyer dans notre méchante hôtellerie de {'Ours, mais sans y donner de suite. Il était tout naturel qu'André Hofer, qui, en vertu de sa profession, exerçait une agence d'affaires fort étendue, suivant l'usage du Tyrol, eût des intérêts à démêler avec un propriétaire opulent comme le docteur Fabricius. Quant à la part très active que
7b MADEMOISELLE DE MARSAM
Joseph Solbioski prenait à leurs négociations secrètes, elle n'était pas plus difficile à expliquer, Joseph étant destiné à devenir le gendre du docteur à une époque assez rapprochée, car on atUndait la julure. J'ai compris depuis que cette expression, qui couvrait un sens mystique dans notre ^ergo des sociétés secrètes, pouvait bien m'avoir caché quelque double sens; mais je suis si peu curieux, et j'étais déjà si porté d'ailleurs à me déprendre de ces mystères, qu'il ne m'est pas arrivé une seule fois d'y saisir autre chose que sa valeur littérale.
Il n'y a guère d'hommes de ces derniers temps dont les Allemands se soient plus passionnément occupés que d'André Hofer et il n'y a certainement point d'homme qui ait plus dignement justifié leur enthousiasme : les vertus et la pitié d'André Hofer l'avaient fait surmonter le Sainl du Tyrol, comme Cathelineau avait été surnommé, quinze ans auparavant, le Saint (h l'Anjou ; et nul homme n'a mieux répondu qu'André Hofer, parmi tous ceux que j'ai vus, à l'idée que je m'étais faite de Cathelineau. Il faut cependant que j'accorde d'abord un point important à la critique, c'est que cette opinion ne s'est