‹ Infections Dentaires Latentes Et Septicémies AiguësChapitre 13 sur 25 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(M. Lardennois, communication au Congrès de Stomatologie, 1930.)

Il s’agit d’un explorateur connu, mort d’une septicémie certainement d’origine bucco-dentaire. Je l'ai vu lorsqu'il était presque à l’agonie. Tout avait été tenté pour sauver cet homme ; tous les examens avaient été faits ; tous les vaccins avaient été donnés. On me demandait, comme

suprême ressource, de rechercher s’il n’y avait pas à la base de la septicémie un point de départ chirurgical. Je lai cherché partout et je l’ai trouvé dans une infection buccodentaire. Il y avait un ancien foyer de suppuration buccale, probablement d’origine pyorrhéique, dans lequel on put déceler le même streptocoque hémolytique que l’on avait trouvé dans le sang. Il était trop tard pour sauver cet homme. Il est mort quarante-huit heures après mon

examen.

OBsERVATION III.

(M. Lardennois, communication au Congrès de Stomatologie, 1930.)

Il s’agit d’un chirurgien encore jeune, emporté l’année dernière par une septicémie foudroyante. Cette septicémie, qui évolua en six jours à peine, n’avait d'autre origine qu’une infection torpide relativement indolente évoluant

autour d’un bridge.

Ogservarion IV (MM. Lardennois et Leclerc).

Septico-pyohémie compliquée d'ostéomyélite, streptococcique du radius, extraction d’une dent de sagesse (présence de

streptocoque dans le pus). Guérison.

La quatrième observation que je voudrais vous rapporter, avec mon ami, le Dr Leclerc, nous a paru particulièrement intéressante et instructive.

Une jeune femme, très belle, vigoureuse, vingt-cinq ans, accouche. Tout se passe très bien. Six semaines après, brusquement état fébrile, malaise général, grand frisson, la température bondit à 40°. Pendant trois jours, un état grave, avec douleurs articulaires généralisées, sans localisation, alarme la famille et le médecin. Puis tout rentre dans l’ordre. Mais bientôt apparaît une nouvelle poussée qui dure une semaine, avee le même tableau clinique : alternatives de température élevée, de frissons, de douleurs articulaires et d’accalmies.

Cela se passe à la campagne. Le médecin de la famille, praticien très averti, installe une thérapeutique par des vaccins et de l’argent colloïdal. De nouveau, tout rentre dans l’ordre, mais, manifestement, la jeune femme commence à perdre ses couleurs et sa santé.

Bientôt, troisième accès, plus grave encore et se compliquant d’un phénomène très spécial : poussées douloureuses extrêmement vives au niveau du poignet droit. Un consultant, appelé, fait le diagnostic de rhumatisme infectieux.

Pendant plusieurs jours, on lutte, mais les douleurs deve-

Ses Et

. nant intolérables et la température étant au-dessus de 400, le médecin traitant, non satisfait du diagnostic de son confrère, m'appelle. On fait transporter la malade dans une clinique de Paris. Après radiographie, je fais le diagnostic d’ostéomyélite de l'extrémité inférieure du radius.

D’urgence, j’opère, je trépane le radius et je tombe sur uué cavité de 6 à 7 cm. de long, que je curette. Je fais faire l'examen du pus : on y trouve du streptocoque.

On cherche, sans le trouver, d’où peut venir ce streptocoque.

Cependant, les phénomènes s’amendent. Tout semble rentrer dans l’ordre.

Le quatorzième jour, je suture les bords de la plaie restée en partie ouverte. Le lendemain, poussée de température à 3806. A partir de ce moment, la température reste audessus de la normale. Elle atteint plusieurs fois 380. L’état général va en s’affaiblissant d’une façon manifeste.

Je fais faire une hémoculture, elle est négative. La température baisse ; puis, brusquement, le treizième jour après le point de suture, la température s'élève à nouveau et un abcès avec lymphangite apparaît, localisé sur le dos de la main. J’incise cet abcès, mais je suis de plus en plus persuadé qu’il doit y avoir quelque part un foyer.

J’examine à nouveau ma malade. A l’utérus, l’appendice, la vésicule, je ne trouve rien d’anormal. Un peu tardivement, je l’avoue, je fais l’examen du naso-pharynx et de la cavité buccale. Les amygdales ne sont pas en cause, mais je trouve au niveau de la dent de sagesse inférieure gauche, en malposition, un capot mu-

queux d’où sourd, à la pression, un pus épais et sanieux.

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Dans ce pus, nous retrouvons du streptocoque semblable à celui qui avait été déterminé dans le pus de l'extrémité inférieure du radius.

En même temps, l’état devient véritablement alarmant : pâleur, anorexie, amaigrissement, arythmie, tendance syncopale, température aux environs de 380. Les Drs Blamoutier et Pasteur-Vallery-Radot viennent en consultation avec le Dr Lardeux, médecin habituel de la malade. Le diagnostic d’endocardite est envisagé. En face de cette situation grave, j'insiste pour que l’avulsion de la dent de sagesse en malposition soit faite, de façon à tarir la source vraisemblable de l’infection en évolution.

L'intervention est pratiquée par le Dr Leclere, le 1er août, sous anesthésie tronculaire. En effet, et nous en discutâmes pour tomber absolument d’accord à ce sujet, il n’y avait pas à penser à l’anesthésie générale, l’état de la malade ne le permettait pas, et il n’y avait pas non plus lieu d’effectuer une anesthésie locale, contre-indiquée, semblait-il, les tissus environnant la dent à extraire étant le siège de phénomènes inflammatoires inquiétants.

Après l’extraction de la dent de sagesse et les soins immédiats (grands lavages antiseptiques et stovarsol sodique dans la plaie) on assista à une véritable résurrection. Au bout de dix jours, la patiente était complètement transformée, et elle sortait de la maison de santé le douzième jour après l'intervention.

Depuis trois ans que ces événements sont passés, l’état de la malade est toujours resté excellent. L'origine buccodentaire de Paffection grave qu’elle avait présentée ne

paraît pas niable. En terminant j’ajouterai qu’avertie, elle

ET at PAU

a fait, depuis, extraire à titre préventif la dent de sagesse du côté droit, également en malposition, mais qui n’avait

pas donné lieu à des phénomènes d'infection.

OBsERvATION V (M. A. Coste, de Lyon).

Septicémie aiguë d’origine dentaire chez un enfant de dix ans.

Il s’agit d’un enfant qui, sans antécédents pathologiques, personnels ou héréditaires, présente un tic nerveux de la face, du cou et de tout un côté, tic qui va en s’accentuant jusqu’au jour où il y a un frisson, 4002 de fièvre et des symptômes généraux d'intoxication grave : grosse rate, perte de poids de 10 kgr. après huit jours de maladie. La fièvre ne rétrocède et l’état général ne s'améliore qu’à la suite de l’intervention d’un deuxième médecin (le premier n’ayant pas découvert l’infection buccale) et de l’auteur, qui, après chaque séance d’extraction des vestiges de dents de lait (cause réelle de l’intoxication), voient la température diminuer dès le lendemain, pour disparaître complètement après l’extraction du dernier vestige des dents

temporaires.

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