‹ Infections Dentaires Latentes Et Septicémies AiguësChapitre 9 sur 25 · D { CT · texte numérisé non relu

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des érythèmes sont les témoins ; cette infection sanguine doit être considérée comme une simple baclériémie.

Selon les partisans de la théorie de la « focal infection » ces manifestations éloignées de l'infection bucco-dentaire pourraient porter sur tous les organes Où appareils et leur étude entraînerait à passer en revue presque toute la pathologie. Deux points seulement nous intéressent pour fixer le cadre de notre travail: la «fièvre dentaire » et les endocardites d’origine dentaire.

MM. Thibault et Lebourg ont consacré récemment un article à cette fièvre dentaire (Presse Médicale, 11 août 1934). Ces manifestations avaient d’ailleurs été décrites auparavant par Misch et surtout Grégorio Maranon et Mariano Castex. Ces auteurs nous montrent que dans certains cas d’état fébrile chronique isolé avec signes d’intoxicaticn générale et lente : fatigabilité excessive, asthénie, anorexie, sans aucuns signes locaux, pulmonaires en particulier, on est trop souvent tenté de penser à une tuberculose latente. Or la fièvre isolée d’origine dentaire est, disent-ils, loin d’être aussi exceptionnelle qu’on serait tenté de le croire de prime abord. La question est actuellement très importante et nous pensons avec les auteurs que tout médecin, en présence d’un cas de fièvre isolée chronique sans cause apparente, doit avant de se rallier au diagnostic de tuberculose latente, systé— matiquement rechercher un foyer septique dentaire.

On voit l'importance du problème au double point

Hs Le

de vue thérapeutique et social. Les cinq observations citées par les auteurs sont nettement concluantes.

Cette fièvre dentaire représente simplement la réaction générale de l’organisme à une infection localisée chronique. À aucun titre elle ne saurait être confondue avec les septicémies.

Les endocardites lentes d’origine dentaire constituent au contraire une réelle septicémie avec atteinte de l’état général et présence dans le sang d’un germe microbien qui est presque toujours le streptocoque viridans. Mais la septicémie est déterminée par l’atteinte de l’endocarde à partir duquel les germes essaiment dans la circulation ; il arrive souvent que l’on trouve par un examen minutieux des lésions dentaires infectées, mais leur traitement ne change en rien l’évolution fatale de la maladie ; l'examen bactériologique des foyers dentaires permet souvent d'y retrouver un microbe identique à ceux qui ont poussé par hémoculture et c’est pourquoi l’on est conduit à penser que l’endocardite est consécutive à l'infection dentaire. Mais c’est l’endocardite qui détermine la septicémie et du jour où l'infection microbienne s’est fixée sur l’endocarde le pronostic est devenu fatal.

L’infection dentaire peut donc déterminer une septicémie aiguë de trois manières différentes :

1° par l'intermédiaire d’une extension locale attei-

gnant l’os maxillaire, les lymphatiques ou la voie veineuse ;

20 par l’intermédiaire d’une endocardite ;

3° directement sans intermédiaire.

SN à ROIS

Dans le premier cas l’origine de la septicémie est évidente ; dans le second, une fois la septicémie déclarée, la lésion dentaire n'offre plus qu’un intérêt spéculatif, car son traitement est inefficace (mais cette notice ne laisse pas d’être précieuse du point de vue prophylactique). Le troisième cas, auquel nous limiterons cette étude, se distingue du premier en ce que l’infection dentaire reste longtemps méconnue, et du second en ce que l’intégrité de l’endocarde permet au traitement dentaire d’être efficace.

Ce type de septicémie d’origine dentaire cliniquement primitive est relativement rare. Dans les excellentes thèses consacrées par Schmutz et par Mme Bruckmann aux septicémies d’origine dentaire, on trouve surtout des observations d’endocardite. Aussi croyons nous utile de publier avec l'observation du D: Fleury les observations analogues que nous avons pu réunir. Nous y avons compris des cas de septico— pyohémie, car la présence d’abcès métastatiques indique la tendance pyogène du microbe causal, mais non

un processus pathogène différent.

ÉTIOLOGIE

L'étude de l’étiologie comporte :

1° celle des germes pathogènes ; 20 celle des lésions dentaires qui ont permis l’ir-

ruption de ceux-ci dans la circulation.

Ne nous arrêtons pas en effet aux considérations d'âge et de sexe ; si l’adulte est le plus souvent touché, l’enfant n’est pas épargné (Tardieu et Bécard, Coste).

Parmi les nombreux microbes qui vivent en saprophytes dans la bouche, il faut citer en premier lieu le streplocoque. C’est lui qu’on retrouvera de loin le plus souvent dans le sang, c’est lui qu’il faut rendre avant tout responsable des septicémies d’origine dentaire.

On a divisé au point de vue pathogène, les streptocoques en différentes classes, suivant leur aspect, leur pouvoir pathogène. On a ainsi distingué la forme courte, dite inoffensive, et la forme longue, dite maligne. En outre certaines formes, pathogènes, hémolysent, tandis que d’autres inoffensives ne sont pas hémolytiques. Laquelle de ces formes prédomine

d'une façon générale dans la bouche ? Les réponses

Emore

sont différentes les unes des autres et ne permettent aucune conclusion.

Mais nous devons insister sur une forme particulièrement fréquente dans la bouche, considérée par les américains à l’origine de toutes les infections focales : c’est le streptocoque viridans, forme atténuée du streptocoque hémolytique. Il est surtout considéré comme l’agent de certaines complications telles que la polyarthite et surtout l’endocardite maligne à évolution lente, fatalement mortelle. Mais il est aussi l'agent de septicémie aigüe, sans localisation.

D'autres microbes n’ont été que très rarement rencontrés et seulement dans les septicémies d’origine dentaire consécutives à un abcès osseux ou ganglionnaire.

Le staphylocoque, très rare, puisqu'on ne peut citer que l’observation de Lattès et Péroz (1929)

L’entérocoque, aussi rare est cité deux fois :

1° dans une observation de Achard et Gardin : septicémie à forme de purpura hémorragique avec arthropathie (Presse médicale du 5 janvier 1921) :

2° dans une observation de Mme Buckmann.

Le létragène vit à l’état latent dans la cavité buccale et le pharynx. Quelques cas de septicémie d'origine dentaire à tétragène ont été décrits par Chauffard et Ramond, Sainton et Debertrand.

Le bacille fusiforme a donné lieu :

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