‹ Infections graves à pneumobacille de Friedländer: Leur traitement par l'association pénicilline-sulfamidesChapitre 11 sur 21 · AIO · texte numérisé non relu

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Instruits, quant à la thérapeutique, par une infection à pneumobacille de Friedländer, que nous avions eu à traiter en juillet, d'emblée nous mettons ce malade au’ traitement mixte : pénicil: line-sulfamide. Il reçoit ainsi quotidiennement 240.000 U. O. de pénicilline et 10 gr. d'adiazine.

Il recevra ainsi en 17 jours 114 gr. d'adiazine et 4.080.000 unités de pénicilline.

Cinq jours après l'institution de ce traitement mixte l'hémoculture est négative, 13 jours après la T° est à 37°, enfin 17 jours après le malade à repris 2 kg., son état est excellent. En bref tout incite à cesser le traitement, ce qui est fait le 29 août. M. B... reste apyrétique 5 jours, mais peu à peu sa T° s'élève pour atfteindre 41°3 le 6 septembre en même temps qu'il accuse une douleur vésiculaire nette, spontanée et provoquée. Les ulcérations gingivales réapparaissent, leur étude bactériologique ne sera pas plus précise que la première fois. Fait nouveau : une ulcération lenticulaire purulente apparaît sur le gland, elle entraînera bientôt une paraphimosis. L'étude bactériologique de ce pus montrera la présence de pneumobacille de Friedländer. Par ailleurs, une hémoculture pratiquée ce même jour se révélera négative.

Le traitement mixte, pénicilline-sulfamides est repris. Dans

cette deuxième série il sera fait : 29 gr. de solufontamide. 7 mil- lions de pénicilline, On y adjoint l’uroformine.

La T° revient à la normale en 3 jours, la douleur hépatique s'estompe en 5 jours. L'ulcération génitale sera plus longue à disparaître et malgré des soins locaux à la pénicilline il faudra attendre le 21 septembre pour que sa cicatrisation soit complète.

M. B... au début d'octobre est définitivement guéri et le malade

quitte notre service ayant repris 14 kilos.

En résumé : infection grave à pneumobacille de Kriedländer ayant évolué en deux phases

— une première phase septicémique pure jugulée par ladministration de 4 millions d'unités de pénicilline et de 114 gr. de sulfamides ;

— une phase de rechute, après cinq jours d’apyrexie, marquée

DR ÉOAUREE

par une réascension thermique à 41°, et une double localisation (vésiculaire et cutanéo-muqueuse) sans retour de l’hémoculture à la positivité.

Pour obtenir la guérison définitive, nous avons dû employer au total 11 millions d'unités de pénicilline et près de 150 gr. de sul-

famides.

Ces deux observations nous montrent quelle action curative admirable peut avoir l'association de la pénicilline et des sulfamides. Prises isolément, ces deux médications se montrent inactives vis-à-vis du pneumobacille de Friedländer, mais associées elles ont pu, contre toute attente, triompher de deux affections pneumobacillaires très graves.

Dans le cas de la méningite -purulente aiguë de forme comateuse, la thérapeutique mixte employée à doses massives et massives d'emblée (46 gr. de sulfamides et près de 2,5 millions d'unités Oxford de pénicilline) et administrées par les voies intramusculaire et intrarachidienne a amené la stérilisation du liquide céphalo-rachidien en 24 heures, le retour à la conscience au 5° jour et la guérison complète en moins d’une semaine.

Dans le cas de la septicémie grave, le traitement mixte utilisé à doses également massives et massives d'emblée (146 gr. de sulfamides et près de 11 millions d’un O. de pénicilline) administrées par les voies intramusculaire et buccale n’a amené la guérison complète qu’au bout de 6 semaines, une rechute avec double localisation ayant eu lieu 5 jours après la cessation d’un traitement de 17 jours. :

Dans la première phase du traitement, l’hémoculture est devenue négative le 5° jour, la température est redescendue à 37° le 13° jour et comme l'affection semblait jugulée le traitement fut arrêté le 17° jour.

Roi NUE

Dans la deuxième phase du traitement, la température est revenue à la normale le 3° jour, la localisation hépatique a rétrocédé le 5° jour, la localisation génitale le 17° jour et la guérison a été définitive quelques jours après.

Aucune autre thérapeutique utilisée auparavant contre les infections pneumobacillaires, n’avait abouti à un aussi brillant succès.

Avant d'aborder en détail le problème de la thérapeutique des infections pneumobacillaires, qui fait l’objet de notre travail nous voudrions attirer l’attention, d’abord sur quelques points particuliers relatifs à nos deux cas qui, étant donné leur caractère exceptionnel, méritent d’être signalés, et ensuite sur la gravité des infections pneumobacillaires en générai et sur celle des: méningites pneumobacillaires en particulier.

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