‹ Infections graves à pneumobacille de Friedländer: Leur traitement par l'association pénicilline-sulfamidesChapitre 12 sur 21 · LES MANIFESTATIONS CUTANÉO-MUQUEUSES · texte numérisé non relu

LES MANIFESTATIONS CUTANÉO-MUQUEUSES

Nous avons observé dans nos deux cas des manifestations cutanéo-muqueuses qui ne semblent pas avoir été signalées auparavant. Ces lésions se présentèrent sous 3 formes différentes.

Chez la malade atteinte de méningite des ulcérations

recouvertes de croûtelles noirâtres, siégeant sur les lèvres, au pourtour de celles-ci et sur la muqueuse gingivale ont fait leur apparition le 3° jour du coma. Les ulcérations gingivales se sont étendues rapidement. Soignées par des applications locales à la pénicilline, les croûtelles gingivales ont fini par tomber le 3° jour après leur apparition et celles des lèvres 2 jours après.

L'examen bactériologique de ces ulcérations ne fut malheureusement pas pratiqué et nous ne savons pas si ces lésions étaient dues au pneumobacille du Friedländer ou à d’autres germes. Mais quelles que soient leur nature et leur pathogénie, leur présence au cours des méningites pneumobacillaires ne semble pas avoir été signalée. l

On aurait pu les confondre avec les ulcérations herpétiques qu’on voit assez souvent au cours de ces méningites. Mais dans l’herpès les caractères des lésions sont différents. Elles débutent par des taches congestives œdémateuses qui siègent sur les lèvres et sur la surface externe de la bouche et sur lesquelles ne tardent pas à

De

s'élever des vésicules à contenu clair souvent confluentes. Celles-ci se rompent rapidement et donnent lieu à des ulcérations arrondies ou polycycliques qui se recouvrent bientôt de croûtes jaunâtres. Peu adhérentes les croûtes se détachent facilement au moindre contact et mettent à nu une lésion ulcéreuse qui saigne facilement. Elles finissent par adhérer et tombent au bout d’une dizaine de jours en laissant des macules rouges temporaires qui ne laissent pas de cicatrices.

Les ulcérations de notre malade, par contre, n’ont pas été précédées ni de taches congestives ni de vésicules, elles étaient. recouvertes de croûtelles noirâtres et siégeaient non seulement sur les lèvres et au pourtour de la bouche mais aussi sur la muqueuse gingivale, ne saignaient pas et elles n’ont duré que 4 jours en tout.

Les deux autres variétés de lésions cutanéo-muqueuses, l’une buccale et l’autre génitale, se sont manifestées chez le malade atteint de septicémie.

Vers le 10° jour de la maladie, des ulcérations à fond blanchâtre et à bords irréguliers sont apparues sur la portion muqueuse des lèvres. Le prélèvement ne montra que des germes banaux. Disparues lors de la première rémission, elles sont réapparues avec la rechute. Le résultat du nouvel examen bactériologique n’était pas plus précis que celui fait la première fois.

Quant à l’ulcération génitale localisée sur le gland et apparue lors de la rechute de la septicémie, elle était la seule parmi les manifestations cutanéo-muqueuses qui contînt des pneumobacilles de Friedländer à l'examen ‘bactériologique. Cette ulcération lenticulaire purulente qui a par la suite donné lieu à une paraphimosis ne s’est cicatrisée malgré les soins locaux à la pénicilline qu’au bout d’une quinzaine de jours.

En somme, nos deux malades ont présenté au cours de leurs affections pneumobacillaires trois variétés de lésions cutanéo-muqueuses dont une seule localisée sur

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