‹ Infections graves à pneumobacille de Friedländer: Leur traitement par l'association pénicilline-sulfamidesChapitre 13 sur 21 · LA MÉNINGITE · texte numérisé non relu

LA MÉNINGITE

a) Son origine obstétricale.

Un autre fait digne d’attention est celui qui se rapporte à l’éclosion de la méningite pneumobacillaire dans les suites d’un avortement provoqué.

C’est un cas tout à fait exceptionnel et qui paraît n'avoir jamais été signalé.

Parmi les cas de méningites déjà rapportés les unes ont succédé soit à une angine, soit à une otite, soit à une bronchite ou congestion pulmonaire, soit à un traumatisme crânien; d’autres ont succédé à une septicémie ou ont évolué parallèlement avec elle ou simultanément avec une autre localisation pneumobacillaire. Mais on n’a jamais observé des cas de méningites pneumobacillaires survenues après un accouchement ou un avortement.

On connaît certes quelques observations de septicémies à Friedländer consécutives à un accouchement ou à un avortement. HEPP cite un cas de septicémie et de gangrène utérine dues au pneumobacille à la suite d’un avortement criminel. RIBADEAU-DUMAS et CHARBRUN en rapportent un autre cas concernant une infection puerpérale dû au pneumobacille et au staphylocoque, mais ils ne s’expliquent pas son origine et de ce fait ne tirent de leur cas aucune conclusion précise.

FLEURY n’admet qu'avec certaines réserves l’origine obstétricale des septicémies et émet même des doutes quant à leur pureté. « Les septicémies obstétricales à pneumobacilles sont rares — dit-il — et la littérature médicale n’en rapporte que peu de cas; succédant soit

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à un accouchement soit à un avortement, il semble que. des réserves sérieuses doivent être faites sur la pureté de ces cas et surtout en ce qui concerne les pneumobacillémies post-abortum le germe serait associé à des anaérobies que les ensemencements ordinaires ne mettent pas en évidence ».

Etant donné la rareté de ces cas et les doutes quant à leur pureté, il est certes malaisé de se prononcer sur l’authenticité de cette étiologie.

Mais dans notre cas de méningite survenue 4 jours après un avortement provoqué, il semble difficile de ne pas admettre son origine obstétricale.

Il est vrai que nous ne savons pas si le pneumobacille se trouvait déjà dans les organes génitaux avant l’avortement à l’état de saprophyte inoffensif, ou s’il y put introduit lors de l'intervention abortive. Dans l’un ou l’autre cas, ayant acquis de ia virulence à la faveur du traumatisme il aurait créé un foyer d'infection locale, point de départ de l'infection méningée. Il est vrai aussi, que du point de vue bactériologique, nous ne pouvons pas affirmer ces hypothèses faute d'examen bactériologique des pertes fétides que la malade présentait à son entrée.

Mais d’un autre côté, il est non moins vrai que, du point de vue clinique, tout porte à croire que l’origine de cette méningite ne pouvait être qu'obstétricale.

En effet, dans les antécédents immédiats de la malade avant l’éclosion de la méningite on ne relève ni otite, ni angine, ni troubles digestifs, ni troubles génitourinaires évidents, ni aucune autre affection pouvant servir de porte d'entrée éventuelle à une infection méningée grave. La malade jouissait d’une bonne santé et supportait bien sa grossesse. Le seul accident qui ait de peu précédé la méningite fut l’avortement. Il serait donc logique de rendre celui-ci responsable de celle-là

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