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Le mode d'action de la pénicilline
Les recherches effectuées sur les propriétés biologiques de la pénicilline ont montré que celle-ci est, à bien des points de vue, supérieure aux sulfamides :
1°) Elle n’a aucune action fâcheuse ni sur les leucocytes, ni sur les hématies et ni sur les organes;
2°) Elle est pratiquement dénuée de toxicité et elle ne donne pas lieu à des incidents ou accidents sérieux;
3°) Elle agit même en présence des substances organiques telles que le pus, le sang, le sérum, les peptones et les autolysats tissulaires;
4) Elle n’est pas influencée par le nombre de germes; SE 5°) Elle agit à de très grandes dilutions sur les germes.
Sur tous ces points tous les auteurs sont d'accord. Mais iis ne s'accordent plus lorsqu'il s’agit de préciser le mode d’action de la pénicilline et le mécanisme de celle-ci.
On a émis plusieurs hypothèses pour les expliquer. Parmi celles-ci trois surtout méritent d’être rappelées.
L'une d'elles, à laquelle les premières constatations de FLEMING ont donné naissance, est celle qui assignait à la pénicilline une fonction bactéricide directe, mais elle semble être tout à fait abandonnée aujourd’hui.
Selon une autre, la pénicilline aurait une action uniquement bactériostatique sur les germes. Elle inhiberait la croissance et la prolifération des germes qui à cause de leur métabolisme précaire deviennent une proie facile pour les leucocytes et les autres moyens de défense de l’organisme. Cette bactériostase est confirmée par le fait — observé par GARDNER — que sous l'influence de la pénicilline les microbes subissent des modifications morphologiques anormales, les bacilles
s’allongeant en forme de filaments monstrueux et les cocci s’élargissant jusqu'au triple de leur volume normal, et ils se divisent incomplètement; en un mot, ils dégénèrent et perdent leur pouvoir de prolifération. Evidemment, on ne sait pas si ces modifications sont ou non en relation avec des variations de la virulence de ces microbes. On ne sait pas non plus sur quel point de la chaîne si complexe des réactions enzymatiques la pénicilline intervient pour inhiber la croissance et la prolifération bactériennes, si elle intervient sur un seul des facteurs de croissance bactérienne ou sur plusieurs d’entre eux à la fois. Mais quel que soit le mécanisme de l’inhibition du processus métabolique des microbes, il n’est certainement pas celui selon lequel agissent les sulfamides. UNGAR a, en effet, démontré que l'acide para-aminobenzoïque qui inhibe l’action des sulfamides ne paralyse pas celle de la pénicilline mais qu’il peut, tout au contraire, renforcer son action sur certains germes. La pénicilline n’entraverait donc pas la fonction de l’acide para-aminobenzoïque dans le métabolisme bactérien et n’empêcherait pas les bactéries de l’utiliser.
BUSTINZA-LACHIONDO se basant sur le fait — constaté par CABALITTO et Y. HAYS, BAILEY, HICKEY — que la cystéine inactive la pénicilline pense « qu’un des mécanismes d'action de la pénicilline consisterait à entraver la fonction normale du groupe sulfhydryle dans le métabolisme bactérien ».
Enfin, la troisième et la plus récente hypothèse, éclectique en quelque sorte, et qui compte un bon nombre d’adeptes, admet que la pénicilline a généralement une triple action, bactériostatique, bactéricide et bactériolytique, cette dernière ne se manifestant que chez des germes qui ont une tendance naturelle à l’autolyse, tels qu le streptocoque et le pneumocoque, par exemple. Elle admet que ces trois actions s'exercent suivant les concentrations et en trois temps : l’action bactériosta-