Secchi, Unité des forces physiques, 2* édition
déduction logique de ce même fait. Il est vrai que l'expérience, qui a pu prononcer sur le premier point, ne pourra jamais rien décider relativement au second. :ù
Sans doute, mais Texpérience, partout où elle est possible, vient confirmer le principe rationnel d'après lequel une somme donnée doit être composée de parties données. Après la loi des équivalents, c'est la loi des chaleurs spécifiques^ qui prouve d'une façon péremptoire que les atomes élémentaires ont une capacité de mouvement thermique déterminée * ; après cette loi, une loi plus vaste encore qui étend la formule précédente aux équivalents électriques. Un illustre chimiste anglais, Prout, se demande s'il n'existe point de rapports entre les poids spécifiques des corps à l'état gazeux et le poids de leurs atomes; sous l'empire de cette idée, il observe et arrive à se convaincre que les corps sont formés par la condensation d'une matière unique ^.
Et, dans la matière, ce n'est pas seulement le poids, le volume, la capacité thermique, électrique ou lumineuse, qu'atteint et régit le principe de détermination ; les formes même semblent à l'avance définies. Les corps de constitution semblable ont souvent la môme forme géométrique; ils sont, isomorphes. Ces faits observés pour la première fois par Gay-Lassac, ont reçu une grande extension grâce aux travaux de Mitscherlich, à qui l'on doit la plupart des séries isomorphes aujourd'hui connues. On a été plus loin. Hermann Kopp pose en règle générale a que le volume atomique de tous les corps isomorphes, simples ou composés, est le même> ou en d'autres termes que le poids spécifique des corps isomor-
1 . nalong et Petit ont dédait de leurs expériences sur la chaleur cette loi remarquable qu'on peut encore énoncer ainsi : « Une même quantité de chaleur élèvera du même nombre de degrés la température d'une quantité de chaque substance simple représentée par son poids atomique. »
2. La loi de Prout a été contestée par plusieurs chimistes, Berzélius et Mitscherlich entre autres; mais M. Dumas Ta adoptée en démontrant par les faits que, sauf deux exceptions, elle se vérifie constamment. H suffirait, d'après lui, pour faire rentrer ces exceptions dans la règle, d'abaisser le poids pris pour unité. Cf. Secchi, Unité des fwxes physiques (518, 521).
L'INFINIMSNT PBTIT ET LA MATIÈRE 30
phes est proportionnel à leur poids atomique» ou enfin qme les molécules des corps isomorphes sont non seulement identiques quant à leur forme, mais encore quant à leur dimension *. »
Nous n'âvons voulu et nous ne pouvions citer que les faits principaux. Interprétés par la raison, ils nous paraissent décisifs. La nature^ à quelque profondeur qu'on Tobserre, est d'accord avec la logique. Il est donc établi qu*on ne saurait, sans froisser le principe de contradiction et sans faire en même temps violence aux fsiits^ saj^oeer que la notion ab* straite de l'indéfini ail quoi que ce soit de commun airee la réalité matérielle. .
Un monde composé de parties réelles distinctes et séparâbles, en nombre actuellement infinij n'est, on le verra, pas moins contradictoire dans les termes. Sur ce point, savants et philosophes sont aujourd'hui presque tous d'accord. Mais laissons là les suffrages, et ne nous attachons qu'aux arguments.
La contradiction qu'enferme l'idée d'un nombre actuellement infini devient sensible lorsqu'on cherche à définir les deux notions qui la composent. Qui dit nombre dît quantité et, par suite, chose susceptible d'augmentation ou de diminution. Or, s'il est actuel, l'infini ne saurait être ni angmenlé ni diminué. Les deux termes nombre et infini sont donc aussi incompatibles que tes termes courbe et droit, rond et carré, et le nombre actuellement infini répugne à l'entendement.
Dira-t-on que le nombre infini, bien qu'il échappe ft nos prises, existe, et qu'il est supérieur à tout nomlnre imaginable'? Nous répondrons, avec un éminent critique % qu\in