CHAPITRE PREMIER
Situation des principaux États en 1914
Régime de la bonne monnaie, changes stables. Politique dEscompte. Horreur du papier monnaie. Faiblesse de certains budgets. Allemagne seule organise'e en vue d'une mobilisation financière.
Au moment de Texplosion de la guerre en 191-i, les principaux Etats possédaient des systèmes monétaires, donnant à leurs ressortissants et à ceux qui commerçaient avec eux, les avantages de la bonne et de la saine monnaie, fondée dans la réalité des faits sur l'étalon d'or. Les changes sur l'étranger se mouvaient autour de points fixes. Les variations de l'escompte suffisaient pour arrêter Texode ou provoquer l'arrivée d'or à l'aide duquel
se réglait le solde du doit et avoir international. Les excédents d'importation, avec un change stable, servaient à acquitter les dettes de l'étranger. Les différents marchés financiers étaient intercommuniquants : les capitaux disponibles glissaient de l'un à l'autre suivant les écarts du taux d'intérêt. Les Etats, dont le crédit était bon, exploitaient avec modération leurs banques d'émission pour les besoins de la trésorerie. Ils n'intervenaient pas pour fixer le prix des denrées, réglementer ce qu'il était permis ou interdit d'importer, pour déterminer le taux des salaires, distribuer des allocations, stimuler la production de certains articles, limiter l'accès du marché des capitaux. Ils se contentaient de couvrir leurs dépenses à l'aide de recettes de la taxation ordinaire, d'emprunts consolidés, sans négliger cependant les facilités de la dette flottante. Ils affectaient la plus grande horreur du papier monnaie; ils prétendaient limiter les avances prises à la Banque Centrale d'émission. Tout au plus, lors des renouvellements de privilèges, en profitaient-ils pour se faire attribuer quelques avantages, qui semblent aujourd'hui bien peu de choses.
La situation financière des différents Etats n'était pas également bonne : celle de la France laissait à désirer. La formule « ni emprunts ni impôts nouveaux », n'était guère à sa place. Afin de plaire à l'esprit radical socialiste, on sacrifia l'ancien système fiscal à l'impôt personnel sur le revenu, que, par une véritable fatalité, il fallut introduire en pleine