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Dans ces 29 mois, l'accroissement a été sensible au début et dans la dernière période. En 1915 et en 191G, il y a eu l'efl'et produit parles deux premiers emprunts de la Défense nationale, qui ont amené des rentrées de billets. Mais dans la suite, plus rémission des bons de la Défense et celle des billets ont augmenté, moindre a été Tinlluence des emprunts sur les rentrées de bons de la Défense.
Les quatre premiers emprunts de 1915 à 1918 ont produit 55,3 milliards dont 24 milliards en argent frais . La résorption des titres de la dette flottante a été insuffisante.
Les 3 premiers emprunts ont apporté un capital effectif de 33.519 millions. Les crédits ouverts d'août 1914 à décembre 1917 ont été de 104 millions.Les dépenses de guerre ont pris 86 milliards. Il serait resté un solde flottant de 43 milliards. Lors du premier emprunt, les avances ont été réduites de 2.400 millions, au second de 2.200 millions, au troisième de 300 millions, soit 4. 900 millions. Il restait dû 12.500 millions au 31 décembre 1917. On pourrait presque mesurer la capacité des Ministres des Finances d'après leur fermeté à rembourser la Banque de France. On sait qu'en 1920, malgré l'engagement de rembourser un chiffre déterminé, la Banque n'a rien reçu. '
Si l'on avait pu poursuivre une politique de taxation et d'emprunt consolidé plus hardie et plus efficace, on aurait peut-être échappé à rinflation très réelle, quoi qu'en ait pensé un professeur d'économie politique consulté par un comité de la Société des Nations, qui ne trouve pas en France matière à s'inquiéter ni de l'excès de circulation ni de la hausse des prix ni de la dépréciation du franc.
Les facilités d'avances faites par la Banque de France sur les bons de la Défense et la dotation d'un fonds d'achat en bourse des emprunts de Guerre ont été des adjuvants indirects deriî;na-
LA rOLITIgl'E FINANCIÈRE DE LA FRANCE 157
lion. La thésaurisation des gros billets a été l'accompagnement du phénomène.
Sous le régime de l'inllation, grâce aux arrangements conclus avec l'Angleterre et les États-Unis, la dépréciation .du franc a été masquée tant que la solidarité linancière interalliée a joué. Lorsqu'elle a disparu, en mars 1919, la dépréciation s'est manil'eslée brutalement.