‹ Inflation et déflationChapitre 39 sur 74 · M JO rc lO C"? C-l 00 :": r- -r · texte numérisé non relu

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En 1920, la circulation fiduciaire a grossi de 33 milliards contre 13 en 1919, 10 en 1918,; le portefeuille, qui contient surtout des effets du Trésor, de 18 milliards contre 14 et 13 milliards marks.

Sauf pour les billets des caisses des prêts, il y

eut à la fin de l'année, une formidable poussée: en la dernière semaine, il est sorti 1.679 millions en 1920, 1.571 en 1919, 1.064 en 1918. Le recours aux caisses de prêts a augmenté : 1.894 millions marks dans la dernière semaine, portant le total prêté à 35 milliards et demi, mais les billets émis sont restés à la Reichsbank.

D'autre part, dans la première quinzaine de janvier, il y a eu un reflux de signes monétaires, 1.025 millions marks dans la première semaine, 1.710 dans la seconde.

Au nombre des mesures propres à propager l'inflation, on peut placer les facilités qu'en bons pères de famille, les gouvernements ont pris pour leurs enfants financiers. En France et en Angleterre, sous prétexte d'amortissement, on intervient pour soutenir les cours.

En Allemagne, l'Etat a garanti aux souscripteurs d'origine qu'ils trouveraient toujours preneurs à la Reichsbank j usqu'à concurrence de 2.000 marks. Après la Révolution, lorsque les fonds allemands 1 ont afflué sur le marché, que les cours baissaient chaque jour, on a créé un syndicat de protection comprenant toutes les banques et tous les banquiers du pays, sous la direction de la Reichsbank. Le nom en est Reichsanleihe Aclien Gesellschaft.

Les dépôts dos banques ont augmenté, y compris ceux de la Reichsbank de 13.563 millions marks en 1914 à 60 milliards en 1919.

En avril 1921, l'article 17 des statuts de la Reichsbank qui détermine les conditions de l'émis-

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sioa et prescrit qu'un tiers des billets doit être couvert en or, en monnaie légale allemande, en bons des caisses de prêts, est modifié. La règle du tiers est suspendue, et cela parce qu'on va manquer de la ressource qu'apportaient les bons des caisses de prêts, assimilés à l'or et à la monnaie légale, bien que n'ayant force libératoire qu'aux caisses publiques. Les emprunteurs qui sont les particuliers, les communes, les Etats remboursent les prêts contractés pendant la guerre aux caisses qai retirent et détruisent leurs bons. Ces remboursements ne profitent pas à la Reichsbank, dont la quantité de billets n'en est pas affectée. La dette flottante de l'iVllemagne dépasse 166 milliartls marks, le chiffre des billets de la Reichsbank est d'environ 7U milliards marks.

Cette régie du tiers à couvrir en métal ou en succédanés est une survivance de superstition : la véritable contrevaleur des billets se trouve dans un portefeuille d'effets de commerce, portant des signatures de gens solvables. Le métal est surtout utile comme monnaie d'appoint pour les règlements internationaux; il rend service quand il sature les canaux de la circulation intérieure. Qu'en reste-t-il hors de la Reichsbank? Celleci en détient un milliard environ et elle aurait l'équivalent de 4 milliards marks papier à l'étranger.

En tout cas la disparition graduelle des bons de caisses de prêts^, qui ont des gages réels mais pas d'une réalisation immédiate, laisse la Reichsbank

de plus en plus en face de l'Etat qui l'a gavée de ses effets à une signature '.

En Suisse, on souhaite la prompte disparition de la Caisse de prêts, création de fortune, dont Ifs billets encombrent la Banque Nationale vi retardent le retour à la saine monnaie. Il faut féliciter M. Ribot d'avoir refusé d'écouter, à Bordeaux, les sirènes financières qui lui suggéraient de copier les Allemands et d'ajouter les caisses de prêts aux autres éléments d'inflation.

1. Les prêts des Caisses de prêts diminuent rapidement par suite des remboursements du public. Ils sont réduits à 22.3 milliards M. le 7 juin 1921. La circulation des billets de la Banque et des Caisses à cette date est de 81 milliards M. Elle reste à peu près stable depuis six mois.

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