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V. infrà, Liv. IV, ch. IV

LE CROOrEMITAlNE DE LA DÉl'LATION 190

de certains d'entre eux, on sait pourquoi. Les instruments de payement ne leur faisaient défaut que parce qu'ils s'étaient chargés de toutes sortes d'engagements — sans compensation.

On disait que la Banque de France avait refusé des payements : mais pourquoi? et à qui? Et ceux qui demandaient du papier voulaient, pour combler leurs déficits, du papier en échange duquel ils n'avaient à offrir que leurs découverts.

Des émissaires, plus ou moins intéressés, de braves gens qui sont toujours prêts à annoncer des périls de tout genre, s'en allaient^ cachant ou ignorant les véritables causes de ces alarmes, mais mettant en avant une question propre à émouvoir les a cœurs sensibles » et à épouvanter les poltrons :

— C'est le chômage ! Prenez garde!

— Est-ce qu'en augmentant par une nouvelle inflation le prix des objets vous aiderez à liquider les stocks?

— Mais cela permettra de donner de l'ouvrage aux ouvriers?

— A qui donnerez-vous cette permission? à ceux qui, enivrés par l'inflation, se trouvent actuellement acculés : et vous voulez procurer à ces victimes de la crise qu'ils ont provoquée les moyens de l'aggraver.

AlorS; ils s'écriaient :

— Et le budget? comment voulez-vous payer un budget de 58 milliards?

— Pardon? mais l'inflation actuelle ne vous permet pas de payer les 58 milliards.

200 ' LA DÉFLATION

— C'est pour cela qu'il faut faire de nouvelles émissions.

— Pour déprécier les billets existants, augmenter le change et parcourir une nouvelle étape vers une situation analogue à celle derAulriche?

Les monomanes, persécutés par le délire de la déflation, montraient la netteté de leurs conceptions en év-oquant le péril d'une déflagration instantanée, opérée par un coup de baguette magique.

Un professeur d'économie politique à la faculté de Caen, M. Nogaro, terrifié par l'éventualité de la baisse des prix, suppliait « qu'on ne retirât pas brusquement de la circulation, 20 milliards de billets'. »

Hélas! il est facile d'émettre 20 milliards de billets de banque, mais M. Nogaro n'indiquait pas comment l'Etat pourrait les mettre au pilon du jour au lendemain.

M. Nogaro demandait au gouvernement de « diflérer la consolidation intégrale de la dette flottante : celle qui correspond à la majeure partie tout au moins des avances de la Banque ».

Si l'opération était possible, nous demanderions au contraire, de la hâter.

L'expérience britannique de la déflation est rassurante. Voir suprà, Livre II, chapitre IL

1. Le Monde nouveau, juillet 1919 et l'Information, 29 mai 1920.

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