‹ Inflation et déflationChapitre 50 sur 74 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les Arguments de Mac Culloch

Les arguments que les inflationnistes font valoir sont bien connus. Ce sont toujours les mêmes. Ils ont été fort bien résumés par le secrétaire de la Trésorerie américaine, Mac Culloch^ en 1865.

Voici le résumé des objections des inflationnistes et les réponses qu'il exposa dans son rapport au Congrès :

1° Les prix baisseront, la répercussion de la baisse sera préjudiciable, sinon désastreuse et elle aboutira vraisemblablement à une crise financière.

Réponse. — Le prix des articles de première nécessité est si élevé, qu'il est ruineux pour le

202 LA DÉFLATION

consommateur, notamment les personnes qui ont un revenu fixe et modéré, ainsi que pour les classes les moins aisées. L'intérêt et les nécessités absolues des masses exigent la baisse des articles qui leur sont indispensables. Quant au commerce, il n'a pas de raison d'appréhender l'adoption d'une politique qui pourrait amener une réduction de prix assez rapide pour être gênante. La reprise des payements en espèces (car c'est toujours de celleci que parle Mac Culloch) ne ramènera pas les prix au niveau d'avant-guerre. Seulement, plus l'assainissement est retardé, plus forte sera la baisse ultérieure et plus sérieuses seront les conséquences.

2° La contraction monétaire réduira les recettes publiques.

Réponse. — Elle pourrait avoir cet effet immédiat, mais seulement temporairement. La baisse des prix entraînera le développement de la consommation et les taxes spécifiques donneront des plus-values. Elles se payeront d'autant plus aisément que le train de vie serait allégé.

3° Elle compromettrait le crédit public en empêchant la consolidation.

Réponse. — Il n'y a pas de motif sérieux de le redouter. Comment des opérations de consolidation peuvent-elles être facilitées par des prix élevés? Comment le crédit de l'Etat peut-il être rétabli en perpétuant le cours forcé?

4° Le gouvernement et les particuliers endettés

Page 1