‹ Inflation et déflationChapitre 51 sur 74 · LES ARGUMENTS DE M. MAC CULLOCII · texte numérisé non relu

LES ARGUMENTS DE M. MAC CULLOCII

seraient obligés de payer en une monnaie pins coûteuse que celle qu'il ont reçue en contractant les dettes.

Réponse. — C'est avec la prime à l'exportation, résultant de la dépréciation de la monnaie nationale au dehors, le grand argument des inllationnistes qui veulent apitoyer le monde sur le préjudice subi par les débiteurs. Il ne s'agit naturellement que de ceux qui ont contracté des obligations postérieurement à l'explosion d'inflation. On peut faire observer tout d'abord que beaucoup de dettes ont été remboursées au cours de la guerre ^ Il est certain que si un Fariner devant $ 1.000 ne reçoit plus que $ 1 au lieu de $ 1,50 pour son bushel de blé, l'acquittement de la dette sera plus onéreux à moins que les frais de production et le coût de la vie ne diminuent.

La dilution de la monnaie, l'inflation, a eu pour conséquence de transférer beaucoup de richesse des créanciers aux débiteurs, et cela, sans équivalent ni compensation. La contraction, la restriction, aura l'effet opposé, elle amènera un transfert des débiteurs aux créanciers, si les dettes sont postérieures à l'inflation.

L'émission de billets à cours forcé pour le compte de l'Etat est une forme très lourde d'im-

1. Ce fut le cas aussi en France. Beaucoup d'emprunts hypothécaires ont été remboursés. Une grande partie des transactions se sont faite» au comptant.

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pot. Le créancier en paye une partie en recevant moins pour ce qui lui est dû. Durant la dépréciation monétaire, le commerçant exige davantage de l'acheteur, pour couvrir ses pertes éventuelles et les risques. Une autre portion incombe au débiteur, lorsqu'il rembourse sa dette si la force d'acquisition de la monnaie augmente et que les prix baissent.

La résistance des débiteurs à la réforme est obstinée.

5° La réforme monétaire sera préjudiciable aux ouvriers dont les salaires baisseront.

Réponse. — La mauvaise monnaie, celle qui perd de sa puissance d'achat et qui est sujette à des oscillations, leur est nuisible. Le travailleur dépend de son salaire quotidien ou hebdomadaire. La question vitale pour lui, c'est ce qu'il peut acheter. A ce titre, il est intéressé à recevoir et à payer en un signe monétaire stable, susceptible de lui procurer le maximum de marchandises ou de services.

L'ouvrier travaille pour avoir ce qu'il consomme. Tout ce qui abaisse les prix tend à accroître le salaire réel, tout ce qui les augmente le diminue. Les prix de ce qu'achète l'ouvrier haussent dans les périodes de mauvaise monnaie, plus vite que les salaires.

Aux Etats-Unis, de 1860 à 1865, l'ouvrier a vu la force d'acquisition de son salaire décroître, si bien qu'en 1865 il a travaillé pour les quatre

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