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CHAPITRE III

Les moyens de déflation

L'enquête de la Société des nations a constaté, sous une forme discutable les vices de l'inflation : mais nul ne peut contester cette conclusion :

Partout la désorganisation de la monnaie et le désordre du change entravent le commerce et retardent la reconstitution économique. Il y a même des pays où cette perturbation est un élément essentiel de l'effondrement économique et social*. ■

Quel plan de réforme a-t-elle proposé. Ici vient la déception de tous ceux qui demandent une panacée immédiate.

Sans doute la méthode pour revenir à la saine

1. Journal de.i Éconoinistes, lo octobre 1920, v. VEnquéle de la Société des \ations, par Raffalovich.

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monnaie est quelque chose de connu: mais les éléments avec lesquels on pourrait établir des fondements solides et stables sont encore dans un état de déliquescence, de fluidité. On ne peut toucher à la circulation, que lorsqu'un minimum de stabilité est obtenu et il ne peut l'être qu'à condition de consolider les finances de l'Etat. Pour assainir la monnaie, il faut au préalable assainir celles-là, diminuer l'endettement envers l'étranger, mettre un terme à la thésaurisation du papier monnaie national et étranger, et circonstance aggravante de la situation présente, être fixé sur les effets des clauses économiques et financières des traités de paix.

Au congrès des banquiers allemands tenu en octobre 1920 à Berlin, le rapport qui a attiré le plus d'attention a été celui de M. Warburg sur les conditions préalables de l'assainissement monétaire. « Il a exposé les éléments qui interviennent pour déterminer la valeur intérieure de la monnaie et celle du change. Avec beaucoup de force, il a insisté sur le rôle des facteurs économiques et financiers dans l'amélioration de la circulation et sur la stérilité des mesures purement techniques, qui sont de simples palliatifs sans effet durable. Le salut d'un pays dans ce domaine n'a jamais été la conséquence de dispositions législatives. Si nous comprenons bien ce qu'a dit M. Warburg, il ambitionne moins le retour à l'ancienne parité du mark que la stabilité sur un niveau plus élevé que Je cours actiu;!. il a énumépé les conditions préa-

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labiés d'un relèvement : à rintérieur, Tordre, la sécurité, l'équilibre budgétaire, oblcnu par de sérieuses économies, la suppression des allocations de chômage et des secours de vie chère, la restriction des importations d'articles de luxe, le développement des exportations de produits ouvrés et manufacturés, et à cet effet la fourniture par priorité aux industriels, de combustible, de matières premières, l'organisation des crédits de finition, (crédits garantis aux fournisseurs de matières premières, qui sont à réexporter après transformations. Enfin il demande l'introduction à toutes les bourses du marché à terme sur les devises étrangères.

« La Reichsbank devra modifier la contexture de ses bilans hebdomadaires, indiquer séparément les effets du Trésor, les effets de commerce allemands et étrangers, les soldes des comptes allemands et étrangers. Il est indispensable de connaître dans quelle mesure l'Etat et les particuliers ont recours à la Reichsbank. Le cours forcé, le non remboursement des billets en or doit être maintenu. Les billets des caisses de prêts ne doivent plus figurer comme partie de l'encaisse et couvrir une émission triple de billets de la Banque. Les caisses de prêts doivent cesser de faire des avances, entrer dans une liquidation graduelle. Le papier monnaie de l'Etat, certificats de caisse d'Empire^ n'aura plus cours forcé ; il devra être retiré de même que tous les succédanés exceptionnels (villes, fabriques, etc.). Si nrces-

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saire, on fabriquera davantage de petites coupures et de billon. Il existe déjà 53.300.000 marks de pièces d'aluminium, 7.800.000 marks en fer, 56.800.000 en zinc, ensemble 181.200.000 marks de pièces autres que du nickel et du cuivre. »

Nous laissons de côté ce qu'il a dit du traité de Versailles et nous en revenons aux termes généraux de son rapport. Le moment d'un emprunt spécialement consacré à l'assainissement monétaire n'est pas venu. Un emprunt international même pour des objets productifs, ne sera acceptable pour l'Allemagne qu'après atténuation des exigences du traité de Versailles. L'organisation d'un système de crédit international pour l'échange des marchandises semble soulever des objections. M, Warburg a passé en revue les différents palliatifs et expédients, tels que la suspension de l'intérêt des emprunts de guerre, la dévalorisation (réduction de la valeur du mark), billets de rente, signes monétaires nouveaux privilégiés, billets avec garantie hypothécaire (hommage à une idée de John Law!), rétablissement de la réglementation des opérations de change, Banque spéciale économique d'Empire. S'il s'en trouve dans le nombre qui ne soient pas dangereux et inefficaces, la mise en œuvre en serait prématurée. En tout cas, il faut écarter avec énergie toute espèce de banqueroute publique comme moyen de salut. Une chambre de compensation internationale pour les échanges commerciaux ne rendrait pas les services attendus. Il faut repousser la création

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