‹ Inflation et déflationChapitre 58 sur 74 · CHAPITRE [II Lô change · texte numérisé non relu

CHAPITRE [II Lô change

A l'intérieur pas de contrôle dans les dépenses publiques : un relâchement aussi dans nombre de dépenses privées.

Le contrôle manquant à Vintérieur est venu de Vextérieur : cest le change!

M. Klotz, alors ministre des finances^ expliquait la crise du change en disant : — L'élévation du change, c'est la conséquence fatale de la liberté d'importation — alors que cette liberté n'existait pas!

Pendant la guerre, les Etats-Unis avaient consenti à faire des prêts destinés à payer les dépenses des alliés et surtout des Français. Moyennant un prêt de 1 milliard 955 millions en or fait à l'Angleterre,la Banque de France avait obtenu pour 9 milliards de disponibilités de change. Enfin, par la

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vente de valeurs américaines et de valeurs de pays neutres, on était parvenu à atténuer les difficultés de payement au dehors.

Les dépenses des armées anglaise et américaine venaient en atténuation de ce que nous avions à payer à l'étranger, mais à partir de l'armistice elles ont commencé à évacuer la France.

Les combinaisons imaginées pour maintenir le taux de notre change disparurent. La loi du 20 janvier 1919 portant ratification du décret du 22 mars 1917, qui prohibait l'entrée en France des marchandises de provenance étrangère indiqua nettement ({ue chaque nation devait se replier sur elle-même; l'interdiction d'importer des draps de Bradford qui avaient été achetés par des Français, provoqua, de la part de la Grande-Bretagne, la signification que chaque Etat reprenait la liberté de son change. Au mois de mars 1919, on expliqua la nouvelle crise du change qui se produisait par l'invitation qui aurait été faite par le Gouvernement américain à la maison Morgan d'arrêter les opérations de stabilisation du change en réponse à certaines mesures d'interdiction d'importations prises en France.

Dans ces deux cas, ce n'étaient pas les importations qui avaient provoqué la crise du change.

Le change est une question de crédit, commele constataitRicardoenl8U8;etraugmentationdunombro de billets de banque est une cause de discrédit.

Il y en a aussi une autre : c'est l'augmenlation continue de la dette Uoltante.

LE rilANGE 233

Des pspriîs in.:,anioux ont chorchc beaucoup de moyens de supprimer le change. Un certain nombre ont proposé la création de billets internationaux. Créer du papier pour remédier à l'inflation du papier, c'est de l'homéopathie.

Un individu qui émet des chèques non couverts sur une banque commet un délit d'après la loi française. Nicole Oresnie lancerait sa formidable injonction au Gouvernement qui émet ou fait émettre des billets qui ne sont couverts ni par une encaisse métallique, ni par un portefeuille commercial, ni par des dépôts négociables.

Le change est implacable comme le doit et avoir.

Les produits ou les valeurs à échanger font défaut ou sont arrêtés par les prohibitions, les droits de douane et autres combinaisons de détestable politique économique et financière.

Le bulletin de janvier de la Aaiional City Bank montrait dans les termes suivants la répercussion que les tarifs de douane doivent avoir sur les changes : « Le change de 10 à 12 0/0 au détriment du Canada était, dans cette mesure^ défavorable aux achats qu'il faisait aux Etats-Unis : mais le Canada ne peut envoyer comme moyen de paiement aux Etats-Unis que des produits agricoles; s'ils sont refoulés parles droits de douane, le taux du change probablement sera porté à 16 ou 18 0/0 et, par conséquent, augmentera le prix des objets exportés par les Etats-Unis au moins de 60 0/0 I Singulière manière d'ouvrir des débouchés!

« Il est facile d'imposer des droits prohibitifs;

ÎM LES SûPHIâMëâ iNfLAÏiONNÎâfES

mais c'est un jeu qui ne donne aucun bénéfice et qai peut coûter ciier. »

Le bulletin de la National City Bank coutinuait: « Nous avons des promesses de développement de notre commerce dans la République Argentine, mais déjà les projets de taxes ont provoqué des demandes de tarifs de représailles. Le change à son détriment est de 20 à 30 0/0. Si l'Argentine ne peut vendre ses produits aux Etats-Unis, elle ne pourra leur acheter.

IV L Italie a besoin d'acheter du coton aux Etals- Unis; mais la lire qui. en temps normal, s'échange contre le dollar an taux de 19.3 cents vaut maintenant 3 1/2 cents, rendant à peu près impossible tout achat ».

Dans son rapport à la Conférence de Londres sur la stabilité financière, M. Yves-Gayot avait cité aussi, certaines considérations émanant de M. Georges E. Roberts, vice-président de la National City Bank. Voici les conclusions de ce travail :

tt Toute l'histoire économique prouve que les oscillations du change sont d'autant plus faibles, que les métaux précieux (ou les signes monétaires) jouent un moindre rôle dans les échanges internationaux.

« Il nous est donc permis de dire : plus il sera facile d'opérer des échanges en marchandises et en services, plus réduit sera le rôle des signes monétaires comme monnaie d'appoint, plus les variations du change seront diminuées, plus

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^'rande sera la stabilité financière entre les divers Etals ».

Or, c'est ce que ne veulent pas les protectionnistes qui croient avoir intérêt à ce que leur pays ait le change contre lui.

ClhVPITRK IV Les protectionnistes et le change

Les protectionnistes exultent de l'élévation du change. L'augmentation fiduciaire du pouvoir d'achat à l'intérieur a pour conséquence la diminution du pouvoir d'achat au dehors. C'est une barrière à la frontière qui ajoute au prix 100, 150, 200 0/0 ou même plus et réunit un puissant coefficient aux autres coefficients destinés à augmenter les droits de douane.

Elle n'a qu'un inconvénient, c'est l'augmentation du prix du coton, de la laine et autres matières premières, des machines qu'il faut acheter à l'étranger et, par le rehaussement de tous les obj ets nécessaires, le rehaussement du prix de la maindoîuvre.

Mais si elle empêche d'importer, elle a un autre avantage : elle favorise l'exportation. Qu'importe

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