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LES PROTECTIONNISTES ET LE CHANCE

le prix de revient d'une machine à l'intérieur, si elle est payée à l'extérieur en pesetas, en livres sterling, en dollars dont le cours relève le prix deux ou trois fois? D'après le Times du :23 mai 1920, quand la valeur du mark a augmenté, un journal de Berlin a déclaré : « Que c'était une attaque de la part des Américains qui voulaient diminuer la capacité d'exportation de l'Allemagne. Plus le change est défavorable, plus est forte la prime à l'exportation qui en résulte. C'est pouripoi les Américains ontachelé des marks à Zurich et à Amsterdam, pour combattre cette forme de dionping, réduire les exportations et augmenter le chômage! »

Ainsi les Allemands se félicitaient du taux de leur change, alors que le mark était à 23 centimes. Pourquoi donc ne pas leur faire concurrence en abaissant aussi la valeur du franc?

Telle est la question que nous avons entendu poser par certains inflationnistes, non seulement, adversaires de la déflation, mais encore partisans de l'accroissement de l'inflation.

Nous avions entendu exposer les mômes arguments par lesbimétallistesen 1894. Les agrariens, M. Méline et M. Edmond Théry en tète, se plaignaient que les droits de 1892 sur les produits agricoles et de 1894 sur les blés, n'eussent pas produit la hausse sur laquelle ils comptaient. Alors, ils essayèrent de convaincre leurs compatriotes que la baisse des prix venait de la concurrence que faisaient aux pays, ayant une saine monnaie, les pays à monnaie dépréciée.

238 LES SOPHISMES INFLATIONNISTES

Dans un volume intitulé, la Crise des changes^ M. Edmond Théry, déclarait que « les crises de crédit extérieur et la hausse des changes sont favorables aux pays qui les subissent. »

Des propriétaires, des agriculteurs, des gens sérieux qui se croyaient raisonnables, déclarèrent solennellement sous la conduite de hauts personnages politiques et financiers qu'un pays s'enrichit d'autant plus qu'une plus mauvaise monnaie lui donne une plus forte prime pour son exportation.

Le régime des assignats était l'idéal.

Si nous n'avions pas eu pour garde-fou l'Angleterre, M. Méline et ses amis auraient imposé à la France le régime des assignats d'argent au plus grand profit des producteurs d'argent jdu Mexique et des Etats-Unis.

M. Jacques Pallain voulut savoir exactement comment pouvaient se justifier ces aberrations ; il publia une remarquable étude intitulée : Les changes étrangers et les prix.

Après la guerre Hispano-Américaine, en 1901 lo change Espagnol était monté à 45 0/0, il était redescendu en 1902 à 36 0/0 et en 1903 il se stabilisa entre 35 et 37 0/0.

Si on comparait les prix, en 1903, de Paris, avec ceux de Barcelone, de Saragosse et de Madrid, on trouvait les chilTres suivants :

Barcelone Sarai'osse Madrid Paris

Pain

Pomaio de terre .

Riz

o,nô

Bœuf

à.iO

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