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LES PROTECTIONNISTES ET LE CHANGE

M. Joseph Morato avait relevé les cours des onze articles de première nécessité pour un Espagnol dans rinfoî'maciûn publica, puis prenant l'ensemble de neuf grandes villes situées en Europe, il avait trouvé que les cours étaient plus élevés à Madrid de 90 0/0 et les salaires moins élevés de 43 0/0.

Les protectionnistes français pouvaient dire :

— Vous voyez que nous avons raison!

— Soit, mais quel argument vous donnez aux ouvriers contre vous, propriétaires et industriels.

De 1853 à 1904, la main-d'œuvre n'avait augmenté que de 20 0,0, un cinquième environ, par rapport à l'augmentation des autres objets de première nécessité.

La chambre de commerce de Madrid conclut son enquête en disant :

« C'est la dépréciation de la monnaie qui entre comme un facteur des plus importants dans le renchérissement des articles de consommation. Tant que la prime des changes subsistera, elle devra se refléter dans le prix des marchandises : elle met l'Espagne en interdit. »

L'exemple de l'Espagne prouve que les prix montaient chez nue nation qui avait pou de monnaie, mais qui avait beaucoup de papier, et cette élévation des prix était le taux de la dépréciation de ce papier parce qu'il n'était pas facilement convertible en valeurs tangibles.

M. Jacques Paliain terminait son livre par les conclusions suivantes :

240 LES SOPHISMES INFLATIONNISTES

« Le change élevé, qui dénonce une dépréciation monétaire, ne créepas en faveurdes exportations du pays qui la subitune prime importante et constante. « Dans ce cas, le taux élevé du change ne traduit que le rapport variable de deux monnaies : et celle qui est dépréciée, inexportable, s'accroissant chaque jour, reste dans le canal de la circulation intérieure et est absorbée par une élévation graduelle du prix de toutes les denrées.

« Il ne faut donc pas chercher dans la dépréciation monétaire d'un pays le moyen de développer son commerce, ni y voir une menace de la nation à étalon déprécié. »

En un mot, contrairement à l'opinion des fondateurs de la Ligue Bimétalliste de 1894, la mauvaise monnaie nest pas une richesse.

Serait-elle, par hasard, devenue une richesse depuis la guerre?

Dans la séance de la Société d'Economie politique du o mai 19:21, M. Décamps, au cours d'une communication intitulée : La crise des changes et le commerce extérieur, a examiné la même question. M. Décamps décrit de la manière suivante l'ajustement des prix internationaux avec la situation monétaire.

« Dans une région de papier-monnaie, la monnaie ne pouvant plus diminuer par l'exportation diminue par la dépréciation. La baisse des prix se généralise, stimulant les importations, modérant les exportations,

a L'agio devient un frein aux importations :

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