LES PROTECTIONNISTES ET LÉ CHANGE
comme, prime à l'exportation, l'agio ne joue que lorsqu'il est supérieur à la dépréciation intérieur.
>' Vous vous rappelez les folies monétaires de 1910. Ce que l'on a appelé depuis « la politique de l'opium » battait son plein. En un an, la circulation des billets de la Banque de France s'est accrue de plus de 6 milliards 1/2; les avances à l'Etat ont augmenté de S milliards. Les prix se sont élevés rapidement.
« Quel a été, sur les mouvements de notre commerce extérieur, la répercussion de cette prospérité artificielle? Nos importations étaient, à ce moment-là de l'ordre de 3 milliards par mois, plus fortes, par conséquent, qu'à aucun moment de la guerre, alors que nous avions des besoins autrement impérieux. La moyenne de nos exportations restait inférieure au milliard. Cette situation s'est continuée dans les premiers mois de l'année 1920.
« La hausse de l'agio courait après la hausse des prix sans jamais pouvoir l'atteindre. J'ai, sous les yeux, un tableau qui le confirme de façon éclatante
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Lnflation.
'ii^ LES SOPEISMBS INFLATIONNISTES
4" Trimesire Indice Prime Indice Indice
1914 des du correspon- généial
= 100 Etats-Unis dollar daut France
Janvier 221.7 223.6 500.2 4G8.9
Février 227.2 273.3 623.5 502.8
Mars 226.4 270.9 613.3 534.1
Avril , 223.0 312.8 703.4 666.0
Mai 223.7 283.2 039.2 529.9
Juin 216.4 243.7 527.4 474.5
Juillet ...... 210.7 236.8 498.9 477.4
Août 205.0 269.9 353.3 482.9
Septembre. . . . 195.7 286.3 500.3 506.4
Octobre 184.1 293.6 544.2 483.3
Novembre .... 170.6 322.4 550.0 443.3
Décembre .... 148.4 326.1 482.6 418.3
« j'ai pris Tindice de Bradstreet qui traduit l'évolution des prix aux Etats-Unis ; — je Tai rapproché de l'indice publié par la Statistique générale de la France, après avoir traduit en francs les prix américains, sur la base du cours moyen du dollar à Paris. Cette comparaison fait ressortir, jusque tin 1019, des prix aux Etats-Unis inférieurs aux prix français. Gomment s'étonner, dés lors, que nos importations se soient accrues? A partir de 1920, surtout à partir du mois de mars, la comparaison fait ressortir une situation inverse; les prix aux Etats-Unis sont plus élevés que les prix en France. Aussi, les mouvements de notre commerce extérieur se sont-ils complètement modifiés : nos importations ont fléchi; nos exportations, au contraire, se sont développées d'une façon continue.
« Au point de vue monétaire, vous savez le grand effort qui a été fait, non pas pour réduire la masse dus instruments de payement dans la circulation, mais pour l'empêcher de s'accroître.
« Le changement dans la tenue de notre coin-
LES PROTECTIONNISTES ET LE CHANGE ''liH
merce extérieur a coïncidé avec le changement de notre tenue monétaire. »
Au point de vue de l'Allemagne, M. Décamps déclare qu' « il n'a trouvé aucune évaluation vraiment sérieuse et probante de l'écart que l'on prétend exister entre la dépréciation intérieure du mark et sa dépréciation extérieure.
« M. Havenstein, président de la Reichsbank, faisait observer, à cette époque, à la Commission des impôts du Reichstag, que les importations de l'Allemagne dépassaient, chaque mois, ses exportations, dans la proportion de o à 6 milliards de marks-papier. Je sais qu'à la Conférence de Bruxelles, le Gouvernement de Berlin a produit une statistique du Commerce extérieur qui accusait une balance favorable. Mais il faut remarquer que ce résultat avait été atteint en comptant dans les exportations les livraisons en nature faites par l'Allemagne, en exécution du Traité de paix^ et pour lesquelles elle n'avait reçu aucun payement.
« Ne nous laissons donc pas entraîner par des affirmations qui, encore une fois, ne semblent pas reposer sur une base indiscutable. D'ailleurs, en l'espèce, ces comparaisons d'indices ne sauraieiit avoir de signitication que si on mettait en parallèle les prix des marchandises des diverses provenances, non plus à la sortie de l'usine, mais rendues sur les marchés de consommation . »