‹ Influence de l'agitation sur les champignons inférieursChapitre 10 sur 39 · TROISIÈME EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

TROISIÈME EXPÉRIENCE

Il nous est possible de reproduire la phase de déformation, si nous faisons subir au Mucor flavus resté au repos une agitation d’une vitesse de 60, 90 ou 120 secousses à la minute.

Adressons-nous maintenant à d'autrés Mucorinées, Mucor fuscus BAINIER, Mucor reliculatus BAINIER, Rhizopus nigricans EHRENBERG, /hizopus reflexus BAINIER, Rhizopus minimus VAN TIEGHEM.

Soumis à une même agitation de 60, 90 ou 120 secousses à la minute, ces champignons donnent des thalles formés de petites masses sphériques, ovales ou allongées, de couleur variable, qui montent et descendent en tous sens dans le liquide. Les plus petites de ces sphères mycéliennes atteignent 1 ou 2 millimètres de diamètre, les plus grosses, 1/2 à 1 centimètre. Nous verrons plus tard que c’est là un phénomène général se produisant pour presque toutes les Mucorinées et Mucédinées. Mais, nous verrons aussi que pour chaque espèce soumise à l'expérimentation, nous obliendrons des sphéroïdes présentant des caractères particuliers. L'agitation favorisera souvent leur dissociation et répandra dans le liquide des lilaments mycéliens.

Pour ce qui concerne Les Mucor fuscus BAINIER et Mucor reticulatus BAINIER (tous deux placés dans les mêmes conditions d’agitalion, 60, 90 où 120 secousses à la minute),

= le

les appareils reproducteurs modifiés sont constitués de la facon suivante.

Une branche différenciée du thalle croit activement ; quand sa croissance terminale à pris fin, elle se renfle à l'extrémité ; le renflement se sépare du filament par une cloison et un pseudo-sporange est constitué au sommel d'un pédicelle généralement très long et cloisonné.

Ces organes de reproduction, de couleur jaune d’or dans le cas de Mucor fuscus, incolores chez le Mucor reticulatus, renferment des cellules-levures soudées les unes aux autres. Par suite d’une gélification de la membrane externe du pseudo-sporange, les cellules, jusque-là rangées en une spirale serrée, se déroulent (généralement de droite à gauche) tout en restant unies entre elles. Vu leur forme particulière et leur mode d'évolution, ces pseudo-sporanges se rapprochent des circinules décrites par GUEGUEN (1), dans le Penicillium glaucum placé brusquement d’un milieu pauvre dans un milieu très riche en éléments nutritifs.

Une agitation soutenue favorise la segmentation de leurs articles et détermine la formation de levures géantes isolées.

C'est au centre des sphères mycéliennes ou dans les régions avoisinantes que nous trouverons en grande abondance ces circinules, mais c’est aussi en ces mêmes points que certains filaments très enchevêtrés et très cloisonnés épaissiront considérablementleurs membranes, changeront de teinte {chez le Mucor fuscus, les filaments ocracés deviendront noir verdâtre ; chez le Aucor reticulatus, de blanc deviendront jaune sale), se détacheront avec la plus grande facilité au moment de la dissociation des sphères et constitueront les « /ormes dernières » ou « kystes ».' L'ensemencement et le repiquage de ces pseudo-levures et « kystes » nous conduiront à l'apparition

(1) Guecuex (F.). Recherches sur les organismes mycéliens des solutions pharmaceutiques. — Etude biologique sur le Penicellium glaucum. (Thèse de doctorat en Pharmacie, 1899, p. 23.)

hâtive de nos champignons normaux, mais entre temps nous passerons successivement aux stades précédemment cités, c'est-à-dire aux formes-levures, dématioiques, mycélium cloisonné, mycélium normal accompagné de sporanges bien constitués. |

Les cultures restées at repos ne présenteront aucun de ces caractères particuliers {(cloisonnement intense, appareils reproducteurs nouveaux, kystes, etc.) ; mais, soumises à leur tour à l'agitation, elles subiront des transformations identiques.

S'il s’agit des Æhiïzopus (Rhizopus nigricans EHRENBERG, Rhisopus reflexus BAINIER, lihizopus minimus VAN TIEGHEN, on observe ici encore des modifications profondes dans la structure du mycélium (cloisonnement intense, renflement en boules des articles isolés, etc.) et des particularités intéressantes dans la constitution des appareils reproducteurs. Ceux-ci. de dimensions variables, sont bourrés de celluleslevures, qui bourgeonnent à l'intérieur même des pseudosporanges.

Nous n'avons plus affaire ici à des circinules {sauf chez le /?hizopus minimus où nous avons observé parfois le déroulement), mais à des sporanges particuliers contenant des formes-levures libres au lieu de spores ordinaires.

Assez fréquemment, les sphères mycéliennes se dissocient à la suite d’une agitation constante ; à ce moment, le liquide surnageant se trouble, et un dépôt abondant, constitué presque exclusivement par le contenu des pseudosporanges, tapisse le fond du matras si l’on a le soin de laisser la culture quelques instants au repos.

Ici encore, présence de filaments très eloisonnés qui épaississent considérablement leurs membranes, changent de teinte, séparent leurs articles pour donner ce que nous avons appelé « kystes ».

En repiquant les cellules-levures ou les kystes sur différents milieux, nous repassons toujours par les mêmes stades (levures, dematium, mycélium cloisonné, mycélium ordinaire avec Sporanges normaux).

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