‹ Influence de l'agitation sur les champignons inférieursChapitre 25 sur 39 · ovale. 7 à 8 y. sur 3 de long. rosé · texte numérisé non relu

ovale. 7 à 8 y. sur 3 de long. rosé

5° 60 allongée. 8 p sur 2 1/2 de large. rouge. 18° 60 fusiforme. |1 y aux extrémités, 4 au -- ‘ milieu.

30° 60 Id. Les cellules se réunissent en chapelet.

Une agitation plus prononcée (120 secousses à la minute) ne produit pas d’autres modifications dans la structure du €. salmoneus. Les noyaux ne sont pas augmentés en nombre et restent les mêmes.

Le fait intéressant à retenir c’est que plus l'agitation est prolongée, plus les cellules restent unies entre elles. Elles s’allongent considérablement et simulent un mycélium ramifié. Quant à la production du pigment, il est augmenté par l'agitation.

Si nous repiquons sur carotte les formes en fuseau, nous n’obtenons pas immédiatement les formes sphériques. La levure rose passe successivement à la forme allongée, ovale, puis sphérique ; le temps nécessaire à son retour à l’aspect primitif nécessite douze jours si l’on a soin de repiquer journellement les produits de la culture la plus récente.

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Genre SACCHAROMYCES (Moyen 1838), amend. Vuillemin.

Thalle formé d'articles isolés ; gemmipares. Bourgeons f(conidies) catenulés rameux, dissociés. Asques subglobuleux ou ellipsoides, le plus souvent tétraspores, très rarement subréniformes, continues, hyalines.

Levure [Saccharomyces vrai) provenant d’un dépôt de levure (SPrixGer) fraiche.

Cette levure ronde a été isolée par la méthode des boîtes de Pétri. Ses dimensions varient entre 10 et 11 y. Elle pousse très bien sur presque tous les milieux solides et liquides, mais son milieu de choix est la carotte. Elle sécrète de l’invertine, produit la fermentation alcoolique et donne des ascospores en suivant la technique de Hozu et PouLsex. Nous la nommerons Saccharomyces cerevisiæ, forme SPRINGER.

Soumise à l'influence de l'agitation, elle reste pendant très longtemps (11 à 12 jours) réfractaire à un changement de forme. Au bout de quinze jours elle s'allonge un peu, mesure alors 12 y de long sur 9 de large, se réunit en masse, puis forme une bouillie épaisse de couleur jaune sale. Examinée au microscope à ce moment, nous remarquons, nous l’avons déjà signalé chez le C. salmoneus, la réunion des cellules en véritables chapelets ramifiés.

Transportées sur milieu solide (carotte), ces cellules se multiplient activement et reprennent vite leur forme primitive. Leur déformation d’ailleurs n'avait été que très peu remarquée par rapport à celle du Cryptococcus salmoneus. Cette fixité n'a rien qui doive nous surprendre, étant donnée la longue suite de générations, laquelle levure Springer doit être cultivée dans des conditions identiques. L'agitation favorise nettement la fermentation alcoolique.

Genre ENDOMYCES, Reess, 1870 (Emend).

Thalle formé d'articles ramifiés, bourgeonnants. Asques subsolitaires à l'extrémité des rameaux, et renfermant quatre spores hémisphériques ou réniformes hyalines. Chlamydospores terminales.

ENDOMYCES ALBICANS, Vuillemin (1).

Aplhtaplyte Gruby, Oidiunr albicans Ch. Robin; Syringospora Robinii Quinquand ; Saccharomyces albicans Reess ; Monilia albicans Zopf.

L'Endomyces albicans, vulgairement appelé Muguet, est un champignon parasite observé pour la première fois par BERG de Stockholm. Depuis il a été observé un très grand nombre de fois dans la bouche, l’œsophage, l'estomac, l'intestin, etc.

Le muguet est formé de filaments droits ou incurvés, de 3 à à & sur 5o à Goo, cloisonnés en articles de 30 à 50, arrondis aux extrémités et de plus en plus courts vers la périphérie, portant cà et là, au niveau des cloisons, des articles globuleux de 5 à 7, se dissociant, ou des rameaux cloisonnés simples ou eux-mêmes ramifiés.

En culture, on remarque des chlamydospores sphériques, de 10 à 20, à membrane épaisse et contour réfringent riche en glycogène ; ces chlamydospores sont ou latérales ou terminales, et dans ce dernier cas souvent géminées [Linossier et Roux] (2). Des endoconidies globuleuses à membrane mince, alignées par deux, trois et plus dans la cavité d’un filament qu’elles emplissent. Les asques formés latéralement ou sur un article isolé, sont ovoides ou elliptiques, mesurent de 4 à 5 y, ils contiennent quatre spores aplaties, faiblement réniformes de 2,8 à 3,5 sur 1,75 à 2 et 1,2 à 1, 4 (P. VUILLEMIN).

(1) Vurzemix (P.). Les formes du champignon du Muguet, Rev. mycol., XXI,

1899, p. 43. k (2) Linossier et Roux. Archives de méd. expériment. Mai 1889.

me 06

Culture fixe sur Raulin gélatiné à 5 °,, — Troisième jour, petites colonies blanches punctiformes. Cinquième jour, colonies crémeuses ou perlées de quatre à cinq millimètres. Divième jour, végétation maigre, plutôt superficielle.

L'examen microscopique révèle des cellules-levures, mélangées de filaments mycéliens rectilignes.

Culture agitée sur Raulin gélatiné à 5 °/, (60 secousses par minute). — L’allure générale est la même que sur Raulin

gélatiné fixe. Les caractères microscopiques sont identiques.

Culture fixe sur Raulin simple. — Excellent milieu pour le développement du muguet. Dès le premier jour le liquide se trouble, les jours suivants l'opacité est plus intense et un dépôt blanchâtre tapisse le fond du matras.

Au microscope, rien de bien particulier, les celluleslevures abondent ainsi que les filaments droits ou incurvés, il y a aussi des chlamydospores sphériques.

La culture est pathogène pour le cobaye (inoculé dans le péritoine).

Culture agitée dans le Raulin liquide (6o secousses par minute). — Le développement est sensiblement le même que précédemment; à l'examen microscopique nous ne remarquons que des formes-levures qui ont conserré leurs contours habituels.

Une culture agitée pendant un mois, à raison de 6o secousses par minute, demeure pathogène pour le cobaye, qui succombe après trois jours, lorsqu'on l'a inoculé dans le péritoine.

Le pouvoir pathogène est nettement diminué si l’on soumet la culture à une agitation de 120 secousses pendant un mois. Dans ce cas, en effet, le cobaye inoculé ne succombe plus que le onzième jour.

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Genre ASPERGILLUS, Micheli, 1729.

Mycélium stérile ramifié, conidiophores dressés, renflés au sommet par une vésicule qui porte soit directement, soit par l’intermédiaire de petits rameaux simples nommés basides, des chaînettes de conidies, Périthèces formant de petits graiñs arrondis et durs au centre desquels se développent des asques ovales à quatre ou huit spores.

ASPERGILLUS FUMIGATUS, Fresenius.

L’Aspergillus fumigatus à été décrit pour la première fois par FREsENIUS (1), l'étude a été complétée par WexMER(2). Cet organisme est composé d’un mycélium formant un tissu peu serré avec ampoules intercalaires. Les conidiophores sont dressés, gris fuligineux, plus foncés vers le sommet où ils se renflent graduellement en tête sphéroïdale de 30 à 40 y, couverte dans la moitié ou les deux tiers supérieurs de basides de 6 à 15 y (parfois plus courtes au voisinage du sommet). Les conidies sont rondes ou elliptiques de 3 à 5 », bronzées. Les périthèces sont peu connus, ils ont été signalés par Beurexs sur des feuilles de tabac fermentées, sous la forme de corps jaunes arrondis de 73 à 80 y dont l'écorce parenchymateuse abrite des asques de 12 à 13 u sur 6 v, renfermant chacun huit spores.

SIEBENMANN n'avait décrit dans cette espèce que des sclérotes de 15 à 25 u.

L’Aspergillus fumigatus existe à l’état saprophytique sur beaucoup de produits végétaux (foin, paille, céréales). Il est l’agent de la pseudo-tuberculose aspergillaire de l’homme et principalement des gaveurs de pigeons et des peigneurs de cheveux qui sontracteraient la maladie en manipulant les graines de chanvre et la farine de maïs, fréquemment souillées de conidies d’Aspergillus.

(1) FRESENIUS. Beitr. zur Mykol., fase. I, p. 23, t. IT, fig. 41, 43, 1852. (2) WenmEer. Die Pilzgaltung Aspergillus, etc. Genève. Eggimann et CG, 1901. ,

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Culture fixe sur Raulin gélatiné à 5°/.. — Cinquième jour, début de germination, signalé par l'apparition d'une petite colonie blanchâtre mesurant environ un millimètre de diamètre. Huitième jour, le thalle devient de plus en plus volumineux, et quelques hyphes sporangifères encore incolores apparaissent. Entre le dixième et le onzième jour, les appareils reproducteurs prennent une teinte olivâtre, les conidies se détachent bientôt après.

Culture agitée sur Raulin gélatiné 5 °/,{60 secousses à la minute). — La culture présente les mêmes caractères que la précédente, la germination est peut-être légèrement accélérée. Dans le cas de la culture fixe et celui de la culture agitée, leseramens microscopiquesnerévèlentaucune différence avec les thalles normaux, tant au point de vue de la structure qu’au point de vue du développement.

Culture fixe sur Raulin simple (semis en surface, avec des spores’ provenant d’une culture fixe sur Raulin gélatiné). — Quatrième jour, petites colonies blanchâtres à la surface. Sixième jour, développement plus accentué, léger voile qui présente çà et là des débuts de tètes sporangifères. Huitième jour, les appareils reproducteurs prennent une teinte verdâtre, puis gris fuligineux. Douxième jour, la culture se plisse, s'émiette, se gonfle et de petits ilots séparés nagent à la surface du liquide. Seizième jour, le thalle tout entier tombe au fond du matras.

Examen microscopique. — Lorsque les conidiophores se trouvent immergés à un état assez avancé de leur développement, les basides et les stérigmates s’étirent en filaments déliés qui s’anastomosent avec les articles voisins du thalle. Ce caractère particulier s'applique à tous les Aspergillus et Sterigmatocystis en cultures émergées, puis immergées accidentellement où volontairement (1).

(1) GueGurx (F.). Sur une nouvelle espèce de Stérigmatocystes (St. auricoma). Bull. Soc. mycol. de France, t. XV, 3° fase.

Culture fixe sur liquide de Raulin (semis effectué en profondeur avec des spores provenant d’une culture fixe sur Raulin gélatiné). — Cinquième jour, petites colonies en suspension. ÂAuitième jour, colonies réunies en un petit amas floconneux blanc, analogue à un morceau de coton qui flotterait dans le liquide. Dixième jour, le thalle tombe au fond du ballon. Quinsième jour, la physionomie de la culture est la même, son augmentation en volume seule est à signaler. Examen microscopique, le thalle est formé de longs filaments cylindriques droits ou incurvés formant un tissu lâche. Leur membrane est peu épaisse et le protoplasme remplit exactement tous les articles; le cloisonnement est régulier. Certaines hyphes originairement cylindriques présentent des renflements noduleux irréguliers. Ce sont là des formes de souffrance. Les appareils reproducteurs, quand ils existent, sont rudimentaires. Le plus souvent, à l'extrémité d’un filament continu qui forme le pied, se produit une protubérance régulière ou irrégulière qui émet un ou deux stérigmates sans conidies. Le plus souvent les stérigmates s’étirent en filaments longs et tortueux.

Culture agitée sur Raulin (6o secousses à la minute). — Troisième jour, nombreuses colonies étoilées d’un demimillimètre de diamètre, en suspension. Cinquième jour, lescolonies deviennent nettement sphéroïdales etmesurent > millimètres de diamètre. Auitième jour, ces pelotons mycéliens, absolument blancs, grossissent de plus en plus, les plus volumineux atteignent 4 ou 5 millimètres. Ils sont sphériques, sans aspérités, se déformant et s’aplatissant lorsqu'on les retirent du liquide. Quinsième jour, les sphères atteignent 6 et ; millimètres, c’est leur grosseur maxima même après une agitation prolongée d’un mois et demi. (PI. II, fig. 19.)

Sur une section radiale, nous trouvons au centre une cavité d'environ un millimètre de diamètre entourée d’une

zone interne d’un brun noirâtre, et d’une seconde enveloppe extérieure plus claire.

Examen microscopique. — La zone claire extérieure est formée d’hyphes ténues, spiralées, feutrée en un tissu très serré dense; les cloisons y sont beaucoup plus rapprochées que pour les cultures fixes. La membrane est très épaisse, mais les épaississements sont irréguliers. La zone interne foncée est formée de filaments à articles courts, arrondis et bruns, ce sont des formes de souffrance. Des cultures fixes de même âge n’offrent pas ces particularités. Nous retrouverons (d’ailleurs ces caractères pour tous les Aspergillus et tous les Sterigmatocystis que nous soumettrons à lexpérimentation.

Examen des particules dans le liquide surnageant. — Il arrive parfois que par une agitation répétée les pelotons mycéliens se dissocient et laissent surnager dans le liquide des filaments appartenant à la zone périphérique; d’autres constitués par des débris de formes de souffrance, ou d'un mycélium très cloisonné et à membrane très épaisse. Nous n’insisterons pas davantage sur ces formes dissociées.

Culture fixe immergée vieille d'un mois, puis agitée pendant un mois à raison de 60 secousses par minute. — Troisième jour, dissociation et fragmentation du thalle. Sixième jour, enroulement en sphères mesurant 2 à 3 millimètres de diamètre. Æuitième jour, les pelotons mycéliens augmentent de volume sans présenter de formes particulières. L'examen microscopique ne révèle rien de spécial, à part l’enlacement et l’enchevêtrement de filaments plus ou moins eloisonnés.

Phase de régénération. — Il suflit de prélever une parcelle de culture agitée et de la semer sur carotte ou pomme de terre, pour qu'au bout de huit jours V'Aspergillus fumigatus ail définitivement repris ses caractères normaux, y compris ses appareils reproducteurs.

Pouvoir pathogène. — Nous insisterons sur un point qui nous parait intéressant et qui apporte une preuve nouvelle à nos expériences antérieures relatives à l'Endomyces albicans Vüizremix. L’agitation diminue le pouvoir pathogène de l’Aspergillus fumigatus comme elle diminuait celui du muguet.

Voici les expériences qui nous ont permis de constater ce fait.

Trois lapins, de poids sensiblement égaux, ont été inoculés dans le péritoine avec des cultures différentes d’Aspergilius fumigatus (x).

Première expérience. — Lapin de deux kilogrammes sept cents, inoculé avec des conidies prises sur une culture de 15 jours sur Raulin gélatiné à 3°/,, et mises en suspension dans la solution physiologique de sel marin (5 centimètres cubes injectés dans le péritoine. Au bout de 2 jours, le lapin avait maigri de 300 grammes, le lendemain il avait perdu 550 grammes ; il mourait au bout de 4 jours d’une pseudo-tuberculose généralisée dans tous les viscères, mais surtout dans le rein. Un fragment de ce rein fut ensemencé dans le liquide de Raulin; quatre jours après nous constations la présence d’Aspergillus fumigatus.

Deuxième expérience. — Lapin de deux kilogrammes huit cent quatre-vingt seize. Il était inoculé de Ia mème façon que précédemment au moyen d’une culture fixe sur Raulin immergée vieille d'un mois (culture provenant d’un semis en profondeur). Voici nos résultats : Du premier au quatrième jour, l'animal se porte bien. Cinquième jour, il maigrit de 150 grammes. Sixième jour, amaigrissement nouveau de 300 grammes. /luitième jour, amaigrissement nouveau de do grammes. Il meurt le sixième jour. À l’autopsie, les lésions rénales sont prédominantes, le foie

(1) L’Aspergillus fumigatus nous fut donné par M. le professeur ROGER; c'est dans son laboratoire que nous avons pratiqué les inoculations.

est peu attaqué. Un fragment de rein ensemencé dans du liquide Raulin fait naître l’Aspergillus fumigatus au bout de cinq jours.

Troisième expérience. — [Lapin de 2580 grammes. Il est inoculé, comme précédemment, au moyen d’une culture sur Raulin, agitée pendant un mois, puis dissociée dans une solution physiologique de sel marin. Voici quels ont été nos résultats. L'animal ne semble présenter aucun malaise jusqu’au cinquième jour. Le sixième jour, il maigrit de 100 grammes. Le septième jour de 150 grammes. Le huitième jour de 250 grammes. Il meurt le treizième jour, sSuccombant à une pseudo-tuberculose généralisée, surtout dans le rein. Le semis d’une parcelle de rein dans du Raulin nous donne, au bout de onze jours, une culture d’Aspergillus fumigatus mélangée à des coccis.

Ces expériences furent recommencées une deuxième fois au laboratoire de pathologie expérimentale de la Faculté de médecine. Les résultats furent sensiblement les mêmes.

ASPERGILLUS CLAVATUS, Desmazières.

L’Aspergillus clavatus DESMAZIÈRES est fort commun ; ses hyphes mycéliennes stériles sont continues, très longues, et présentant au sommet une vésicule claviforme de 150 y sur 35 & complètement recouverte de stérigmates courts ayant 7 à 8 p sur 2 p 5 à 3 p surmontés d’un long chapelet de conidies, petites, hyalines, puis vertes, ovales et mesurant 4 p sur 2 à 3 p. La taille des hyphes fructifères indiquées par les auteurs est de 3 millimètres environ, mais cette dimension varie suivant les milieux de culture et la plante, atteint 1 centimètre en moyenne.

Nous n'insisterons pas sur Îles caractères et sur les détails microscopiques des cultures fixes et agitées d’Aspergillus clavatus sur Raulin gélatiné à 5°/,. Ces caractères sont identiques à ceux indiqués plus haut.

Culture sur Raulin simple (semis en surface avec conidies provenant d’une culture sur Raulin gélatiné à 5°/). — Quatrième jour, début de germination signalé par l’apparition d’une petite colonie de 1 millimètre de diamètre, se tenant à la surface du liquide. Sixième jour, les colonies se sont multipliées et se tiennent au milieu du liquide. Huitième jour, voile léger blanchâtre, couvrant les deux tiers de la surface. Dixième jour, apparition subite de conidiophores, l’ensemble de la culture prenant une teinte vert clair. Quinsième jour, la couleur se fonce de plus en plus, les têtes sporifères abandonnent les conidies qui sont arrivées à maturité. Vingt et unième jour, la totalité de la culture se bombe, se plisse, puis tombe au fond. A l'examen microscopique, aucune différence bien saillante avec l’Aspergillus fumigatus placé dans les mêmes conditions de température et de culture.

Culture fixe sur Raulin simples (semis en profondeur, avec conidies provenant d’une culture fixe sur Raulin

gélatiné à 3 °/). — Sixième jour, petits flocons blanchâtres mesurant 1 millimètre à 1 millimètre 1/2 en suspension dans le liquide. Æuitième jour, dépôt floconneux blanc. Onzième jour, culture de plus en plus abondante réunie en un amas blanc grisâtre au fond du matras. PDix-septième jour, même aspect jusqu’au rentième jour,

Pour les caractères microscopiques, se rapporter à ce que nous avons dit pour l’Aspergillus fumigatus.

Culture agitée sur Raulin simple (60 secousses à la minute). — Troisième jour, petites colonies étoilées, irrégulières, mesurant 1/2 millimètre. Cinquième jour, les colonies prennent la forme d’une pomme épineuse ou d’un oursin, leurs dimensions varient entre 2 et 3 millimètres ; cet état se maintient pendant 10 jours. Douzièeme jour, les aspérités disparaissent, les pelotons mycéliens deviennent lisses et parfaitement sphériques ; ils mesurent à ce moment 6 à 7 millimètres, leur grosseur n’augmente plus même au bout d’un mois d'une agitation constante. Leur couleur est blanche.

Examen microscopique. — En coupe radiale, on distingue deux zones concentriques, l’extérieure blanche, l’intérieure blanc grisâtre. La zone externe est formée de filaments contournés, moyennement cloisonnés et à membrane légèrement épaissie. Chez quelques-unes de ces sphérules seulement, la partie centrale est parsemée de sclérotes qui débutent par des formes celluleuses longues, puis rondes, et dont le nombre augmente à mesure que l’on s’avance vers le centre. Sur les côtés se forment des bourgeonnements nouveaux qui produisent des cellules sphériques et ovales, ressemblant étonnamment à des cellules-levures. Leur protoplasme de primitivement hyalin, devient granuleux et se rassemble au centre de la cellule. La membrane de ces éléments est fortement épaissie, ct le sclérote est définitivement constitué. Complètement développés ces sclérotes mesurent 1/2 millimètre environ, ce sont de petits corpuseules brun foncé quelquefois soudés

par deux ou par trois. On y distingue une zone claire périphérique et une zone médullaire spongieuse. La partie externe comprend trois ou quatre assises de cellules polygonales sans méats. La partie interne du selérote est formée de cellules plus grandes, irrégulièrement polygonales et à paroi plus épaisse. De semblables faits ont été signalés par Ray (1) à propos de Sterigmatocystis alba Van Tiecu., BAINIER. GUEGUEN (2) avait vu, pour son Steriematocystis auricoma, que la production des sclérotes se fait sur presque tous les milieux solides et ne se manifeste dans les cultures liquides que lorsque le thalle a formé à la surface une croûte épaisse et résistante.

Culture immergée dun mois, puis soumise à l'agitation pendant un mois (6o secousses à la minute). — Les filaments s'agrègent en pelotons mycéliens, constitués par un mélange de filaments peu cloisonnés (vestige de filaments n'ayant pas subi l'influence de l'agitation) et par des hyphes plus grèles, plus cloisonnées. Ce sont là encore des formes de souffrance.

Phase de régénération. — Il suilit de transplanter sur un milieu solide (carotte ou pomme de terre) une parcelle de culture soumise à l'agitation pour obtenir en une semaine l’Aspergillus clavatus avec ses appareils reproducteurs normaux.

(1) Ray (J.). Variations des champignons inférieurs sous l'influence du milieu (Th. Fac. sc. Paris, 1897).

(2) Guequen (F.). Sur une nouvelle espèce de Slérigmatocystes. Bull, Soc. mycol., t. XV, 3° fase., p.171.

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ASPERGILLUS FUSCUS, Bonorden (1).

L'Asperpillus fuscus est assez commun dans certaines : contrées de l'Allemagne d’après Bonorpex. L'espèce que nous avons soumise à l’expérimentation a été trouvée par Barnier et identifiée par lui comme étant de l’Aspergillus fuscus. Voici les caractères généraux de cette plante. Les hyphes stériles sont rampantes continues, assez longues, les hyphes fructifères sont courtes, atténuées et présentent au sommet une vésicule ovale ; les basides sont piriformes, les conidies sphériques ont 5 à 6 y, elles sont légèrement épineuses et disposées en chaînette.

La taille des hyphes fructifères est assez variable, surtout suivant les milieux de culture.

Les caractères de l’Aspergillus fuscus sur Raulin gélatiné fixe et sur Raulin gélatiné agité (en raison de 60 secousses par minute) étant semblables, nous n'insisterons pas plus longuement.

Culture sur Raulin liquide normal (semis en surface, avec conidies provenant d’une culture sur Raulin gélatiné à 5°/,). — Quatrième jour, début de germination. Cénquième jour, colonies très blanches en petits amas floconneux se tenant à la surface du liquide. Sixième jour, voile couvrant presque entièrement la surface. Auitième jour, apparition des conidiophores. Dousième jour, l'ensemble de la culture tombe au fond du matras.

Culture sur Raulin simple (semis en profondeur avec conidies provenant d’une culture sur Raulin gélatiné à 5 °/). — Quatrième jour, petites colonies punetiformes blanches, duveteuses, d’un demi à un millimètre de diamètre. Sixième jour, amas floconneux blanc qui ne tarde pas à gagner le fond. La culture augmente de volume, mais ne présente aucun caractère particulier.

(1) BonorDEN. Aspergillus fuscus (Bot. Zeitung., 1861, p. 202).

À l'examen microscopique, le mycélium immergé se montre formé tout d'abord d'éléments régulièrement cylindriques lisses, blancs, sans ampoules terminales. Quelques gouttes oléagineuses ont envahi les cellules ; le cloisonnement est régulier, la membrane est légèrement épaissie. Un peu plus tard, les hyphes forment une masse peu compacte et leur diamètre devient plus fin que celui des filaments du thalle flottant. Les globules gras augmentent progressivement, le cloisonnement devient plus intense, le protoplasme plus granuleux et la membrane plus épaisse. Enfin, au bout d’un mois d'immersion, la

structure de certains filaments rappelle celle des thalles de Mucorinées.

Culture sur Raulin agité (60 secousses à la minute). — Troisième jour, début de germination. Quatrième jour, de petites colonies étoilées d’un diamètre d'environ un demi-millimètre nagent dans le liquide. Ces étoiles grandissent de plus en plus et prennent des formes très élégantes dont quelques-unes ressemblent aux cristallisations de la glace, de la neige ou du givre. Dixième jour, les ramifications et les thalles stelliformes se condensent en un tissu compact; les étoiles font place à des sphères mycéliennes blanches garnies de petites aspérités sur leur pourtour. Quinsième jour, ces pelotons mesurent 6 millimètres, les aspérités disparaissent. Vingtième jour, les sphères deviennent très lisses et ressemblent à de petites billes ; les plus grosses mesurent 7 à 8 millimètres. Une agitation prolongée amène la dissociation de ces sphéroides. (PI. IT, fig. 16.)

En coupe radiale, ces corps se montrent formés de deux zones, l’une périphérique blanche, l’autre interne plus foncée. Les filaments périphériques sont contournés, très brièvement ramifiés et portent souvent des bourgeonnements nombreux. Le protoplasme est hyalin, la membrane très épaisse présente des boursouflures et des accidents fréquents.

A l'extrémité de certains filaments se forment des renflements sphériques ou irréguliers, portant des rudiments de basides ou de stérigmates qui s’étirent en filaments courts ou bien s’allongent et vont s’anastomoser avec les articles voisins du thalle.

Vers le centre de la sphère les filaments sont plus cloisonnés, la membrane est plus épaisse; le protoplasme est souvent creusé de vacuoles. À remarquer également des filaments contournés en forme de crosse portant latéralement des bourgeonnements nombreux et arrondis.

Suppression de la pesanteur. — Les colonies débutent comme ci-dessus, c’est-à-dire par des formes étoilées, mais très rapidement elles deviennent des sphères luisantes et très régulières. Les détails de structure sont les mêmes que plus haut.

Examen du liquide surnageant des cultures agitées. — Les filaments dissociés et baignant dans le Raulin sont nombreux et très découpés. Ils sont constitués presque uniquement par des formes de souffrance très cloisonnées et présentant des aspects bizarres et variés.

Culture au repos vieille d'un mois, puis agitée pendant un mois à raison de 60 secousses par minute. — Nous ne pouvons que répéter ce que nous avons dit pour les autres Aspergillus, c’est-à-dire que le thalle se fragmente tout d’abord par l'agitation, que les colonies ainsi dissociées prennent la forme sphérique et deviennent des pelotons mycéliens.

Phase de régénération. — Semés sur carotte, les filaments dissociés provenant de sphère donnent au bout de 7 jours l’Aspergillus fuscus avec ses appareils reproducteurs.

Genre STERIGMATOCYSTIS, Cramer, 1869,

Mycélium rampant cloisonné. Conidiophores dressés terminés par une vésicule ovoide, sphérique ou rarement piriforme, couverte d'articles cylindriques ou basides surmontés chacun de deux ou plusieurs rameaux plus petits nommés stérigmates produisant chacun une chaînette de conidies.

STERIGMATOCYSTIS CARBON ARIA, Bainier.

Le Sterigmatocystis carbonaria a été trouvé par BaïNIER (1) sur des queues de cerises fraiches, il diffère du Sterigmatocystis nigra par sa couleur d’un beau noir de charbon. Le mycélium incolore et rampant est cloisonné, il donne des touffes de filaments dressés et renflés en tête à leur extrémité. « Ces têtes noircissent et constituent les « appareils reproducteurs; les spores sont échinulées. Peu « de temps après s'être séparées par une cloison elles ne « tardent pas à se colorer. Leur dimension augmente « après qu'elles sont devenues parfaitement noires ; elles « peuvent atteindre un diamètre de 20 y 5, et les aspérités « pointues dont elles sont garnies mesurent 1 # 2. Le « Capitule est arrondi, de grosseur variable {0°0 315). Lors- « que les basides sont séparés, on remarque leurs em- « preintes arrondies espacées et très nettement dessinées. « Il faut un certain effort pour les détacher. »

Culture fixe sur Raulin gélatiné à 5 °/,. — Si l'on place des cultures de Sterigmatocystis carbonaria à une température de 18 à 20°, on remarque le cinquième jour que le substratum est entièrement couvert d’un feutrage léger blane, il n'y a pas de fructifications. Le sivième jour, les fructifications sont devenues abondantes, les têtes fructifères sont noires, il reste néanmoins beaucoup de mycé-

(1) BAINIER (G.). Bulletin Soc. Botanique Fr., 1880, p. 27 (De quelques espèces de Stérigmatocystes).

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