ACIDITÉ INITIALE
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Résumons les résultats des expériences que nous venons d’exposer :
1° Pour les très faibles concentrations en formol (1/27.500 et 1/22.000), l’on n'obtient qu’un retard de la fermentation, retard néanmoins sensible puisqu'il atteint trois jours.
Avec des concentrations plus fortes (1/11.000) nous avons conservé le lait pendant des temps variant de quatre à sept jours et la coagulation complète n'avait lieu que les cinquième et neuvième jours.
Enfin, pour les plus fortes concentrations (1/7.500 et au-dessus), le lait se conserve pendant plus de douze jours et son acidité a augmenté à peine au bout de ce laps de temps. |
2° Si nous comparons les effets de la solution de formol et ceux de ses vapeurs, l’on constate que, pour les mêmes doses, les acidités croissent parallèlement, parfois un peu plus vite dans le cas des vapeurs.
Il n’est pas moins intéressant de voir que nous avons pu empêcher la fermentation du lait en le soumettant simplement à des doses relativement faibles de vapeurs de formol.
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Net D. — Essais de pénétration des vapeurs de formol
Nous connaissons le pouvoir antiseptique des vapeurs de formol et nous avons prouvé expérimentalement que de faibles doses répandues dans l’air suffisent à empêcher le développement des bactéries dans le bouillon et à assurer la conservation du lait.
Les vapeurs de formol, au lieu d’agir brutalement, ont une action lente et continue qui permet d’assurer la stérilisation complète des milieux de culture divers soumis à leur action.
Nous avons voulu nous rendre compte du pouvoir pénétrant de ces vapeurs en fixant d’une manière visible les progrès de leur pénétration au sein des milieux que
l’on cherchait à stériliser.
Pour cela, nous nous sommes adressés à une réaction colorée due à M. TRiILLAT, basée sur la propriété qu'ont
les solutions aqueuses de fuchsine acide de se colorer en
bleu violet sous l’influence du formol : si, dans un tube à essai contenant une dizaine de centimètres cubes d’eau colorée en rouge par quelques gouttes (V suffisent) d’une solution aqueuse à 1 % de fuchsine acide, l’on ajoute une ou plusieurs gouttes de formol, la coloration change peu à peu à froid pour prendre assez rapidement une teinte bleu violacé.
Si, au lieu d’ajouter le formol à la solution de fuch-. sine, on le distribue sur un tampon de coton suspendu dans le haut du tube au-dessus du liquide, le tube étant fermé par un bouchon, la solution change de teinte identiquement. ;
Mais en opérant ainsi, les particules liquides étant sans cesse en mouvement, le liquide se colore uniformément du haut en bas du tube, sans que l’on puisse délimiter le champ d’action des vapeurs de formol. Nous avons alors cherché à opérer sur des milieux solides.
Pour cela il suffit d’aiouter à la solution de fuchsine de la gélatine dans la proportion de 5 %, à chaud, et de distribuer ce milieu dans des tubes à essai jusqu’à une distance d’environ trois centimètres des bords.
La solidification se fait par refroidissement.
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Nous avons fait l’expérience suivante, qui, répétée à plusieurs reprises, donna toujours les mêmes résultats :
Des tubes à essai remplis du milieu solide sont fermés au moyen de bouchons de liège auxquels on suspend des tampons de coton destinés à recevoir du formol.
Le premier sert de témoin.
Les suivants, numérotés de 1 à 5, recoivent respectivement les doses suivantes : II et V gouttes de formol commercial. Puis ils sont bouchés et abandonnés à la température du laboratoire.
Dans ces conditions, les vapeurs de formol se diffusent lentement à travers la masse solide et l’on peut suivre leur diffusion par le changement de coloration. Nous avons noté jour par jour les progrès de la pénétration en fixant approximativement les limites des zones colorées et en les mesurant.
Il est visible que, même pour de faibles doses de formol, les vapeurs ont un pouvoir pénétrant assez prononcé ; les derniers jours, bien que les progrès se soient accentués, il fut difficile de les noter exactement, car les colorations se fondaient graduellement.
Néanmoins, il nous fut assez facile de fixer les limites de la pénétration en nous servant de la propriété que possède la gélatine ayant fixé le formol de ne plus se dissoudre dans l’eau et de fondre à une température plus élevée.
Le douzième jour, nous avons done porté les tubes au bain-marie, la partie inférieure non colorée se liqué-
ETS
fiait et la fusion s’arrêtait d’une facon très nette à la limite inférieure de pénétration du formol. Nous avons pu mesurer à un millimètre près les hauteurs des portions qui résistaient à la fusion ; les voici :
Tube Ne 1 No 2 No 3 Ne 4 N° 5
AMCIN- 3 CM. 4 Cm. SIC. Fee
Nous constatons que la pénétration, rapide au début, se ralentit par la suite ; l’on pourrait, du reste, tracer une courbe en prenant pour abscisses les doses de formol et pour ordonnées les hauteurs du milieu solide insolubilisé par le formol ; cette courbe serait une branche de parabole.
Nous avons répété ces essais en remplissant à moitié des ballons à fond plat de 125 centimètres cubes avec le milieu gélatiné coloré par la fuchsine et en suspendant aux bouchons des tampons destinés à recevoir le formol.
Les phénomènes observés furent les mêmes, la coloration violette se propage en même temps que la gélatine s’insolubilise. En portant au bout de quelques jours ces ballons au bain-marie, la partie insolubilisée et colorée a sensiblement la forme d’une caloite sphérique dont le centre serait Le tampon de formol.
Dans un cas, nous avions mis V gouttes de formol et arrêté l’expérience le septième jour. Sur 85 grammes de milieu solide, 40 grammes furent insolubilisés, soit 47 % de la masse soumise aux vapeurs de formol.
Conclusions : Ces expériences nous montrent que les vapeurs de formol ont un grand pouvoir de pénétration dans les milieux solides soumis à leur action.
Il est donc plausible de concevoir que dans un milieu liquide, dont les particules sont en perpétuel mouvement, ces vapeurs se propagent avec une vitesse infiniment plus grande et pénètrent plus profondément.
Les bactéries qu’ils renferment sont donc soumises à un brassage continu au sein de la masse liquide, en même temps qu’elles subissent les effets de quantités de formol sans cesse renouvelées. Les cultures sont ainsi lentement et sûrement stérilisées.
MR